Quand Jésus prêche l’Evangile de Dieu : Episode 2, d’après Marc 1v21-28

Jésus aurait pu être un « prédicateur » ou un « rabbi » parmi d’autres. Mais à peine commence-t-il à prêcher qu’il frappe les esprits – dans tous les sens du terme ! (Enrique Irazoqui dans l’Evangile selon Saint Matthieu de Pasolini)

Dans cet épisode, une prédication de Jésus dans une synagogue et « une nouvelle doctrine » d’autant plus frappante que Jésus n’enseigne pas comme les autres : non pas « en paroles seulement », mais « en puissance », « avec autorité ». D’après Marc 1v21-28, par Caroline, notre plume invitée du jour que je remercie.

Au moment où Jésus commence son ministère en Galilée, il est loin d’être un prédicateur isolé ou le seul rabbi qui fait parler de lui. Avant lui, Jean-Baptiste, son cousin, a déjà enseigné les foules et baptisé ceux qui voulaient changer de vie en se repentant de leurs péchés. Un peu partout en Israël, des rabbis forment leurs disciples et prêchent dans les synagogues. Des docteurs de la loi coupent les cheveux en quatre, tandis que des prophètes se lèvent et annoncent la fin des temps. Jésus aurait pu passer presque inaperçu au milieu de cette effervescence religieuse. Mais à peine commence-t-il à prêcher qu’il frappe les esprits – à tous les sens du terme !

Sa première prédication dans la synagogue de Capernaum en est une parfaite illustration : ce qui frappe d’abord, c’est qu’il parle « avec autorité » (l’évangéliste Marc emploie ici deux fois le terme grec « exousia » qui signifie autorité) et aussi qu’il parle d’une manière nouvelle. Mais plutôt que de nous donner le contenu de son message, l’évangeliste choisit de nous livrer la prédication de Jésus en actes, à travers le récit de la délivrance d’un homme tourmenté par un esprit impur qui se trouve de manière très étonnante dans la synagogue. Ce premier exorcisme nous fait découvrir que la présence et la parole de Jésus provoquent une sorte de « coming out » des esprits mauvais (le phénomène se répète d’ailleurs tout au long de l’évangile).

Le message est clair : quand le règne de Dieu s’approche, l’ennemi tremble, il se manifeste car il sait que sa fin est proche. Jésus ne se contente pas d’annoncer le règne de Dieu, il l’illustre et l’incarne dans cette autorité qu’il déploie en paroles et en actes contre les esprits mauvais. Sa prédication est en quelque sorte une prédication de combat.

Ce que nous comprenons aussi c’est que l’autorité de Jésus n’est pas simplement due à une éloquence particulière ni à sa personnalité charismatique. La prédication de Jésus est une prédication qui, de manière visible, fait ce qu’elle dit. Sa parole est performative, à l’instar de celle du Dieu créateur, au chapitre premier de la Genèse : « il dit et la chose arrive ». C’est sans doute cela qui la rend tout à la fois nouvelle, puissante et déconcertante.

En bonus : une prédication de Caroline sur le même sujet et le même texte, délivré dimanche 13/11/22