Faire parler la Bible ou la laisser nous parler d’elle-même ?

Plutôt que de tenter de « faire parler » la Bible, laissons-la nous parler (d’)elle-même…

Devrions-nous être rassurés d’entendre des références à Dieu, le christianisme, ou la Bible (parfois accolée à « balles » – de fusil – et à « bœufs »] dans les discours politiques de leader de parti extrême, revendiquant un héritage fasciste ?

De même, serions-nous rassurés à chaque fois que le diable cite la Bible ?

Souvenons-nous, c’est avec des versets de l’Ecriture que Jésus a été tenté au désert (Luc 4v1-13. Voir aussi Matt.4v1-11). C’est aussi avec des versets qu’il a résisté à la tentation et qu’il a parlé sur la croix.

Citer des versets ne suffit pas, encore faut-il qu’ils soient en cohérence avec l’ensemble du livre.

De là un 1er critère : L’interprétation d’un passage de la Bible ne peut pas être en contradiction avec l’ensemble de son enseignement.

Plutôt que de tenter de faire parler la Bible, écoutons-la nous parler (d’) elle-même.

Outre Luc, trois textes du Nouveau Testament, qui parlent de l’Ancien Testament, nous permettent de dégager deux autres critères de lecture :

Jésus est l’accomplissement de la Loi (Mt 5.17-20) Jésus interprète la Loi, ce sera une des raisons de sa condamnation. 

2e critère : Si nous devons écouter ce que dit chaque texte pour lui-même, au moment d’en tirer des enseignements nous sommes appelés à le lire à travers la personne de Jésus-Christ. 

Depuis 3000 ans, Dieu dit : « Aujourd’hui » (Hé 3.7-4.13). L’aujourd’hui de Dieu a été annoncé dans l’Exode, relu dans les Psaumes, puis dans l’épître aux Hébreux. Maintenant, il s’adresse à nous. 

3e critère : L’Écriture parle à notre présent, nous sommes invités à la faire résonner dans notre aujourd’hui. 

4. Sara ou Agar, la foi ou la Loi, la liberté ou l’esclavage (Ga 4.21-31) : Paul ne craint pas de réinterpréter une vieille histoire pour expliquer l’opposition entre la foi et la loi, et pour rappeler l’exigence de la liberté.

Ceci posé, que faire des passages [qui nous paraissent] difficiles de la Bible ? Les critères relevés plus haut peuvent nous aider à les interpréter :

1. La création du monde en sept jours (Gn 1)

Même si nous avons du mal à croire (ou à comprendre) que le monde a été créé en sept jours [de 24 h ?], ce passage nous dit que Dieu est créateur et qu’aujourd’hui encore, il met fin à notre chaos et peuple notre solitude.

2. La prière de certains Psaumes

Même si nous ne nous reconnaissons pas toujours dans tous les Psaumes, ces prières nous aident à élargir notre propre prière et à prier en communion avec les cris et la souffrance de notre monde.

3. La question de l’esclavage dans l’épître à Philémon

Au-delà de la question de l’esclavage, cette épître nous invite à réfléchir à nos relations sociales et à nos hiérarchies.

Envoi : manger la Parole 

La Bible est à écouter, manger, savourer, digérer… Lorsque nous y cherchons une parole pour notre vie, la question de son inspiration devient évidente.

D’après Antoine Nouis. Un catéchisme protestant. Edition Olivetan-OPEC, 2010, pp 20-21 (Egalement disponible ici).

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s