Un interdit radical

« Abomination » ! (Personnage « Marvel »)

Une lecture biblique de « l’interdit » des peuples de Canaan, qui éclaire sur ce que Dieu appelle « abomination ».

Une raison de la politique génocidaire de « l’interdit » se trouve dans le livre du Deutéronome, explique le Pasteur Antoine Nouis, dans un commentaire paru dans Réforme, le 31/10/16 : « Lorsque tu entreras dans le pays que le Seigneur, ton Dieu, te donne, tu n’apprendras pas à imiter les abominations de ces nations-là. Qu’on ne trouve chez toi personne qui fasse passer son fils ou sa fille par le feu, personne qui se livre à la magie, qui cherche des présages, qui pratique la divination ou la sorcellerie, qui jette des sorts, qui interroge les spirites ou les médiums, qui consulte les morts. En effet, quiconque se livre à ces pratiques est une abomination pour le Seigneur ; c’est à cause de ces abominations que le Seigneur, ton Dieu, dépossède ces nations devant toi. » (Deut. 18,9-12).

« L’interdit des peuples de Canaan est une protection contre la contagion de pratiques qui seraient mortifères pour les Hébreux. Rappelons que les sacrifices d’enfants étaient courants au Moyen-Orient. Ils correspondent à une approche archaïque de la religion qui consiste à croire que si nous offrons à Dieu ce que nous avons de plus cher, il nous bénira à la mesure de notre sacrifice ».

Bien que sévèrement condamnée par le livre du Lévitique : « Tu ne livreras aucun de tes enfants pour le faire passer au Molek ; tu ne profaneras pas le nom de ton Dieu. Je suis le Seigneur. » (Lv 18,21), « cette pratique abominable a perduré en Israël [voir notamment le roi Acaz, en 2 chroniques 28v1-3, ou même le roi Manassé] puisque les prophètes Jérémie et Ezéchiel en ont fait la raison de l’exil à Babylone (Jr 19,5 ; Ez 16,20-21).

Quant à la divination, la sorcellerie et la consultation des morts, elles sont des asservissements qui sont contraires au commandement de liberté. Les pratiques occultes cherchent à maintenir le peuple sous la tutelle de magiciens qui manipulent le religieux pour leur plus grand profit.

Entre ces pratiques superstitieuses et mortifères et le Dieu de la libération, il n’y a pas de compromis possible, c’est la raison pour laquelle l’interdit est radical ».