« Dans Evangélique, il y a évangile » (ça ne peut pas faire de mal) : lettre à l’église de Philadelphie

Lorsque l’ange évoque une porte ouverte qui ne ferme pas, en mentionnant celui qui tient les clés de David, les chrétiens de cette Église comprennent que le Christ, celui qui détient les clés de David, est celui qui peut les protéger des ennemis.

Sixième épisode de notre série de l’été – « Dans Evangélique, il y a évangile » (ça ne peut pas faire de mal). Une série en 7 épisodes pour découvrir ce que peuvent nous enseigner les interpellations et encouragements de Jésus-Christ aux 7 églises de l’Apocalypse. Aujourd’hui, la lettre à l’ange de l’Eglise de Philadelphie, par Mialy, que je remercie pour sa contribution.

Article écrit à partir du passage biblique en Apocalypse 3:7-13

Philadelphie bénéficiait à cette époque d’une situation géographique particulière : peuplée par une population mixte, la ville se situait à la croisée des grandes voies, comme une porte ouverte sur des chemins. Philadelphie était un centre administratif avec de bonnes relations avec la ville de Rome. Cette région volcanique subissait de nombreux tremblements de terre. Lorsque l’ange évoque une porte ouverte qui ne ferme pas (Apoc.3v8), en mentionnant celui qui tient les clés de David (Apoc.3v7), les chrétiens de cette Église comprennent que le Christ, celui qui détient les clés de David (cf Es.22v22), est celui qui peut les protéger des ennemis. Dans le contexte géographique et politique dans lequel évoluent les chrétiens de Philadelphie, ils savent que la ville est un lieu de passage, un lieu dans lequel on entre facilement, tout en restant une ville dépendante de Rome. Une ville bien située, certes, mais sans réel pouvoir. La mention du Christ qui détient les clés rappelle aux chrétiens de Philadelphie que c’est Christ qui a tout pouvoir. Il peut garder une porte ouverte, ou la fermer, personne ne pourra s’y opposer. Hier comme aujourd’hui, les chrétiens sont encouragés à se rappeler que Christ a tous les pouvoirs, même face aux grands de ce monde.

Plus loin, lorsque l’ange évoque la promesse d’un nom gravé sur des piliers (Apoc.3v12), ces chrétiens, habitués des tremblements de terre, comprennent avec leur expérience que les piliers représentent la stabilité et qu’ils peuvent se confier fermement en Dieu. Cela vient en complément de la première idée : Christ a tout pouvoir. Les chrétiens peuvent aussi complètement se confier à Dieu.

Même s’il n’est pas fait de reproches à cette Église et à partir de ces deux encouragements personnalisés, remarquons que Dieu connaît les faiblesses de cette Église. Le messager précise même “tu n’as pas beaucoup de force, pourtant tu as gardé ma parole et tu n’as pas dit que tu ne me connaissais pas” (Apoc.3v8), ce qui signifie “tu ne m’as pas renié”. La caractéristique de cette Église est sa faiblesse ! Ce n’est pas un reproche, c’est un constat : elle est faible, aux yeux du monde. L’Église de Philadelphie et les chrétiens sont encouragés à persévérer, malgré la faiblesse. Persévérer, car ils seront gardés de l’épreuve : malgré l’épreuve, le Seigneur les gardera, il marchera avec eux, les protégera. C’est le sens de la prière de Jésus pour ses disciples “Je ne te demande pas de les retirer du monde mais je te demande de les protéger du Mauvais » (Jean 17v15).

Dans une société comme la nôtre, où il est de plus en plus difficile de tenir des engagements, et parfois dans une relation il est plus facile de se séparer que de persévérer, … persévérons ! Les circonstances changent, nous changeons, les autres changent, le monde change, mais les chrétiens sont encouragés à persévérer, à rester confiants en Dieu, fermement, au milieu de ces temps troublés.

Références bibliographiques :

FOCANT C., MARGUERAT D., Le Nouveau Testament commenté, Labor et Fides, Paris, 2014. p 1163.

PRIGENT, Pierre, L’apocalypse de Jean, Commentaire du Nouveau Testament, Labor et Fides, Genève, 2000.

Versions de la Bible utilisées : TOB et NBS

Dernier épisode, la semaine prochaine : Laodicée