Pourquoi les « anti-passe » et « anti-vax » sont toujours actifs malgré la levée du passe vaccinal

Pour certains, le vaccin, c’est toujours non…même après la levée du passe vaccinal. Pourquoi ? Source image : public domain pictures

Loin d’être une simple « question indifférente », la question du vaccin contre la covid est bien une question éthique : car sont en jeu ici le rapport à son propre corps comme aussi la responsabilité pour la santé des autres. L’éthique doit ici trouver des réponses en examinant très sérieusement les données empiriques et scientifiques, car la qualité d’une réponse éthique dépend d’une bonne information sur le sujet en question.

Cependant, comment expliquer le rejet persistant de la vaccination – notamment le fait que les « anti-passe/anti-vax » soient toujours actifs, même après la levée du passe vaccinal –  et de façon sous-jacente le processus de « décroyance » en la science ? Une analyse de Dominique Crié, professeur des universités, et de Christelle Quero, Maître de Conférences, Université de Lille, paru le 28/04/22 sur le site de The Conversation.

Le 15 mars 2022, lors de sa visite d’un centre de réfugiés, Emmanuel Macron était interpellé par une aide-soignante de 35 ans non-vaccinée. En pleurs, elle soulignait avoir perdu son travail et demandait l’arrêt de l’obligation vaccinale pour les soignants.

Les « anti-passe, anti-vax » sont en effet toujours actifs malgré la levée des restrictions sanitaires le 14 mars. À Toulouse le 5 mars, ils défilaient au nom de leurs « libertés », contre une « dictature sanitaire et numérique », persuadés d’être fichés et stigmatisés, réclamant la « liberté vaccinale ». Le même jour à Rodez, ils dénonçaient « la dérive sécuritaire du gouvernement », la « restriction des libertés collectives et individuelles », la fracturation de la société selon le statut vaccinal et surtout « l’absence de débat démocratique » permettant à chacun de se faire une opinion vis-à-vis du vaccin.

En juillet 2021, OpinionWay publiait un sondage indiquant que 16 % des Français n’avaient « pas l’intention de se faire vacciner ».

Mais l’hésitation vaccinale n’est pas un phénomène uniquement français, il s’agit même de l’une des dix plus grandes menaces pour la santé mondiale indiquait l’OMS en 2019.

Le groupe d’experts SAGE de l’OMS met en exergue, antérieurement et parallèlement au modèle classique des « 5 C » (confiance, complaisance, commodité/convenance, calcul du risque et la responsabilité collective), une conjonction de trois grandes dimensions au phénomène d’hésitation vaccinale face au Covid-19 :

  • liées au vaccin et à la vaccination (sécurité, accès à la vaccination, coût, résultat attendu),
  • liées aux individus (croyances, mythes et convictions, niveau de compréhension, normes sociales et communautaires),
  • liées à l’environnement (culturel, politique, socio-économique, médiatique).

Ces éléments se retrouvent essentiellement dans les pays démocratiques, à forte accessibilité et disponibilité vaccinale. Ils contribuent à générer un certain populisme « antivax », largement relayé par les médias numériques, et leur mise en avant démultipliée a pour conséquence que l’effet thérapeutique du vaccin n’est plus évalué à sa juste dimension.

Retour sur une défiance générale

La défiance envers la vaccination n’est ni récente ni figée, comme le rappelle en 2021 l’historien Laurent-Henri Vignaud.

Le phénomène trouve ses origines au XVIIIe siècle avec les premières inoculations varioliques, ancêtres de la vaccination. Des études menées alors à partir de tables de mortalité démontrent que la variole contractée par inoculation est dix fois moins mortelle que la variole après infection naturelle. On pouvait penser que les railleries « anti-variolisation » allaient cesser, mais c’est l’inverse qui se produisit. Les discours s’alimentent par la médiatisation de rares cas de complication et la publication de caricatures qui effraient.

Au XIXe siècle, la création de son institut par Pasteur va faire naître deux débats : l’un sur l’expérimentation animale, l’autre sur des accusations de profit de l’institut – préfigurant les attaques actuelles sur les « Big Pharma ».

Il faut attendre le XXe siècle pour voir la reconnaissance d’un bénéfice de la vaccination se développer. En France, depuis 1992, les baromètres santé assurent une veille de la perception de cette pratique. Comme le rapporte le spécialiste en prévention et maladies infectieuses Jocelyn Raude, en 2000 et 2005, environ 90 % des Français y étaient favorables.

Toutefois, plusieurs scandales sanitaires et la montée des théories conspirationnistes vont ensuite modifier le paysage statistique. En 2010, 40 % des Français auraient ainsi été défavorables à la vaccination en général. Ce rejet concerne en premier lieu la vaccination contre la grippe, qui chute de plus de 30 % l’année suivante.

Le cas du rejet de la vaccination anti-Covid

En novembre 2020, alors que la pandémie frappe la planète depuis près d’un an, Pfizer-BioNTech présente les résultats d’un essai clinique où leur vaccin anti-Covid-19 serait efficace à 90 %. Rapidement, en parallèle de l’espoir généré par cette annonce, émerge un phénomène de défiance. Fin décembre, 45 % des Français déclaraient ne pas souhaiter se faire vacciner, soit un taux des plus élevés au monde.

Les motifs de ce rejet sont nombreux. S’y mêlent oppositions religieuses (se soumettre à la volonté de Dieu) et spirituelles, écologiques (dégradation de l’environnement) ou naturalistes (laisser faire la nature), intentions néfastes prêtées à Big Pharma et à un État Big Brother (contrôle et atteinte des libertés) qui serait en plein développement, manque de confiance dans les institutions chargées de garantir la santé de chacun, remises en cause à l’égard du corps médical et de la science (la science n’explique pas tout)…

Cet ensemble disparate est repris et renforcé par le « documentaire » Hold-Up.

Internet et les réseaux sociaux vont faciliter la diffusion d’injonctions paradoxales, de fake news, de slogans tendancieux assurant le terreau des théories conspirationnistes.

La très populaire plate-forme de Podcast Spotify accueille ainsi l’animateur Joe Rogan qui va diffuser à ses 190 millions d’auditeurs beaucoup d’informations fausses (pas besoin de se vacciner si l’on est jeune, etc.) ou controversées sur le vaccin sans aucun avertissement. Au point que l’artiste Neil Young, également hébergé par la plate-forme, décide de la boycotter, se privant ainsi de 60 % de ses revenus.

Mésinformation, désinformation et malinformation

Les questions de mésinformation, de désinformation ou de malinformation deviennent ainsi essentielles pour appréhender l’hésitation vaccinale.

Au IVe siècle av. J.-C., le philosophe grec Aristote dénonçait déjà les ruses utilisées pour piéger un interlocuteur. Le « sophisme » par exemple part ainsi d’éléments vrais puis développe un raisonnement faussé pour aboutir à une conclusion erronée afin d’induire son interlocuteur en erreur.

En rhétorique, une autre technique est surnommée « empoisonnement de puits ». Elle consiste à donner de l’information négative, vraie ou fausse, à propos d’un adversaire dans le but de le discréditer. Une troisième à changer soudain de sujet et l’envoyer sur une autre piste que celle prévue.

« Affirmer », c’est avant tout s’affirmer et vaincre… Sur les réseaux sociaux, beaucoup se parlent sans « s’écouter », les dialogues solitaires y côtoient les monologues à plusieurs, laissant cette impression d’exister davantage.

Avec Internet, sophistes et rhétoriciens numériques disposent d’une arme de persuasion massive ! Des professionnels mixent algorithmes et neurosciences pour créer l’addiction aux réseaux et un accroissement d’audience… et donc de recettes publicitaires.

Un phénomène de repli sur soi

Dans un autre registre, l’engagement (envers une cause par exemple, basé sur la confiance et la satisfaction et l’attachement aux idées développées) est un puissant facteur de résistance à la persuasion, particulièrement en santé publique, par défaut de traitement approfondi de l’information « persuasive » diffusée. Avec pour effet là encore que les messages de prévention ne sont plus considérés à leur juste valeur.

De nombreuses recherches, notamment effectuées par Facebook comme l’a précisé la lanceuse d’alerte Frances Haugen, indiquent clairement qu’un contenu négatif, clivant ou incitant à la haine est facteur d’engagement donc d’audience et de diffusion.

Un taux de clic plus important sur les contenus publicitaires incite les plates-formes à une certaine « clémence algorithmique » dans leur filtration. Ceci rejoint l’appétence des individus à communiquer sur les événements négatifs et les dangers dans une « société de mise en scène de la peur » selon le philosophe Michel Serres. Les « agissants » sur les réseaux sociaux sont par définition des « engagés », par la répétition et la fréquence de leurs interventions.

La question d’infox (fake news) en santé interroge également. Des communautés virtuelles se forment et s’enferment dans une logique de renforcement de leurs points de vue. Il y a alors une réduction de la diversité des informations reçues et un rejet systématique des arguments alternatifs. C’est le phénomène de « chambres d’écho », à l’origine un lieu où augmente la résonance de propos similaires et de « bulles de filtre ».

Selon le spécialiste du cybermilitantisme Eli Pariser, qui utilise le terme d’« autopropagande », ces bulles sont le fruit de dispositifs algorithmiques de personnalisation et de partage des contenus en ligne. Elles appauvrissent intellectuellement leurs membres et façonnent la réalité des faits, conduisant parfois à la radicalisation des opinions.

Sur Internet, la moindre information persiste dans le temps et devient « searchable » sans mise en perspective ni contexte pour l’interpréter. Or les plates-formes digitales renvoient principalement vers un contenu souhaité, grâce aux données fournies implicitement par leurs utilisateurs qui entraînent leurs algorithmes. Ce qui alimente les « bulles de filtre », les résultats des moteurs de recherche proposant à l’internaute les idées (y compris alternatives et controversées) qui viendront renforcer ses positions initiales.

La part des biais cognitifs

Les individus peuvent également être sous l’influence de biais cognitifs, définis comme un écart systématique entre la réalité et la pensée logique et rationnelle lorsque celle-ci ne suffit plus à appréhender un événement ou un contexte.

La littérature distingue les biais individuels des biais collectifs. Les premiers sont liés à des erreurs de jugement, et donc de décision, qui restent propres à un individu. Les seconds naissent lorsque le jugement et la décision finale relèvent d’un contexte de groupe ou de communauté.

Très étudiés en psychologie, ces biais sont cognitifs, motivationnels ou émotionnels. Certains sont susceptibles d’expliquer le rejet total ou partiel des vaccins anti-Covid. Ils peuvent être directement attribuables (ou renforcés par) soit à une information mal contrôlée, soit à une mésinformation, désinformation ou malinformation sur les réseaux sociaux, soit encore à l’entourage social.

L’importance de la méfiance envers les institutions

L’opposition à l’État et aux institutions a canalisé une large partie du rejet des vaccins et des mesures sanitaires. Jean-François Monier/AFP

Plusieurs auteurs (Christophe Benavent, spécialiste des conséquences des technologies de l’information sur les stratégies ou le sociologue Alexis Spire montrent que le jugement de confiance envers les politiques dans la gestion de la pandémie, reflet de la confiance envers les institutions, s’impose comme l’une des variables principales du rejet vaccinal. Ces études identifient un facteur allant de 1 à 5 (de < 10 % à > 50 %) entre les citoyens qui ont une certaine confiance et ceux qui n’en ont aucune, et ce indépendamment de la catégorie socioprofessionnelle.

Comment expliquer cette remise en question de l’État ?

Dans la logique de protéger prioritairement les plus vulnérables, les autorités de santé ont sans doute délégitimé le vaccin chez les individus non éligibles en début de campagne. Or privilégier les personnes les plus à risque, c’est également tolérer plus d’effets indésirables du vaccin et apprendre à les connaître pour mieux les maîtriser ensuite.

D’autre part, la communication gouvernementale est restée ambiguë sur les notions d’immunité collective et de protection individuelle ou encore sur la possibilité de contamination malgré la vaccination. Les experts et les politiques ont souvent asséné leur(s) vérité(s) en amplifiant sporadiquement la gravité du Covid-19 afin de mieux sensibiliser la population, alors qu’il aurait fallu sans doute plus d’andragogie.

Enfin, il a pu y avoir l’impression d’une mise en cause de l’autorité scientifique par le politique (avec les premières annonces sur l’inutilité des masques, le refus de confinement fin janvier 2021, etc.). L’injonction politique envers des citoyens, qui s’estiment informés et responsables et revendiquent leurs droits individuels et leur liberté, scelle la rupture du contrat sanitaire jusqu’ici implicite.

Le détachement du politique vis-à-vis des scientifiques trouble un peu plus une lecture juste de la situation, d’autant que des mesures perçues comme liberticides sont prises en se référant au… conseil scientifique.

Une large méfiance envers les autorités de santé et l’industrie pharmaceutique

Deux faits notables, associés à la vaccination, sont fortement inscrits dans la mémoire des Français : la relation, non avérée, entre le vaccin contre l’hépatite B et la sclérose en plaques, et l’échec de la campagne vaccinale H1N1.

En parallèle, les scandales du Mediator, du Levothyrox, de la Depakine, de la Thalidomide ou encore du sang contaminé vont cristalliser le phénomène de défiance. Ces crises politico-sanitaires installent des doutes à la fois sur la sécurité des vaccins ou des médicaments et l’aptitude des autorités à prendre des décisions indépendamment de l’industrie pharmaceutique.

Elles nourrissent la défiance et expliquent, en partie, le niveau important d’hésitation vaccinale.

Concernant la vaccination contre le Covid-19, la longue litanie des effets indésirables les plus dramatiques (maladies auto-immunes, thromboses, myocardites, péricardite, syndrome de Guillain et Barré, etc.), réels mais extrêmement rares, mais aussi les médicaments supposés être efficaces puis soustraits à la prescription comme l’hydroxychloroquine, vont venir remettre en cause la bienveillance de l’État et des scientifiques.

De plus, la rapidité du développement du vaccin, suspecté de passer outre les standards scientifiques habituels pour raison politico-économique, engendre de larges soupçons. Pourtant, les raisons principales de cette rapidité ont été un allègement de la bureaucratie et le recours à des procédures parallèles de validation des essais cliniques sans jouer sur la sécurité. Ceci aurait mérité une information honnête, transparente, répondant aux doutes légitimes en s’assurant de sa plus large diffusion – jusque dans les « bulles » évoquées précédemment.

Autre exemple : la polémique liée aux thromboses aurait pu être limitée en mettant largement en avant deux études. La première d’avril 2021, émanant de l’Université d’Oxford, démontre que « le risque de thrombose lié à une infection Covid-19 serait huit fois plus élevé qu’avec le vaccin AstraZeneca et 10 fois pour les vaccins Pfizer-BioNTech et Moderna ». La seconde de juillet 2021, montre qu’en Angleterre depuis que le vaccin AstraZeneca est injecté uniquement aux plus de 40 ans, aucun cas de thrombose vaccinale n’a été signalé.

Une partie du corps médical présente également des signes de défiance. Différents facteurs sans lien avec la vaccination sont venus amplifier leur propre hésitation, comme la généralisation du tiers payant, la crise organisationnelle et financière des hôpitaux, le manque de reconnaissance, les problématiques de sous-effectif, etc. Aux phénomènes structurels s’ajoutent des incertitudes et doutes alimentés par la gestion de crise sanitaire, notamment le fait que des soignants Covid positifs, asymptomatiques ou paucisymptomatiques pouvaient (devaient) continuer à travailler.

L’évolution rapide des données et comptes-rendus sur lesquels s’appuient l’État et les autorités de santé pour mener la stratégie de lutte contre la propagation du SARS-CoV-2 ne permettent ainsi plus toujours de convaincre les professionnels de santé.

Certains soignants n’ont pas confiance dans les vaccins proposés, d’autres s’opposent au principe d’obligation vaccinale en s’appuyant sur le manque de recul par rapport aux traditionnels vaccins obligatoires pour l’exercice de leur métier… Tout cela se transformant en outil de protestation contre les politiques de santé.

Le rôle complexe des scientifiques

Les interventions publiques d’experts ont pour objectif de susciter l’adhésion à la stratégie de vaccination, de nombreux citoyens hésitants cherchant à être persuadés de ses bienfaits.

Cependant, la polémique portée par Andrew Wakefield (1998) sur la soi-disant relation entre vaccination anti-rougeole/oreillons/rubéole (ROR) et l’autisme, a généré une crise de confiance sur la vaccination infantile en Angleterre. En France, c’est le vaccin contre l’hépatite B qui est alors suspecté de provoquer la sclérose en plaques. Ces deux exemples de controverses mettent en avant le rôle des scientifiques en tant qu’influenceurs négatifs.

De plus, certaines publications diffusées avant validation par les pairs font l’objet d’une interprétation fallacieuse. Retransmises sur les réseaux sociaux, elles augmentent les doutes et le scepticisme sur l’information scientifique. Un exemple est celui de la célèbre revue Vaccines qui a publié le 28 juin 2021 une étude, validée scientifiquement, qui affirmait que le vaccin provoquait deux décès pour trois personnes protégées… Étude retirée quelques jours plus tard (le 2 juillet) en raison d’erreurs dans l’interprétation des conclusions.

D’autres grandes revues internationales (The _Lancet, New England Journal of Medicine et Annals of Internal Medicine_…) ont dû également retirer des publications litigieuses de leur site, renforçant l’idée que les scientifiques doivent mieux s’assurer de la robustesse de leurs travaux avant diffusion.

Pour l’OMS, les réseaux sociaux sont abondamment mobilisés par les « antivax » pour partager des résultats d’études scientifiques litigieuses dont la robustesse des travaux est questionnable, disponibles en pré-print et libre accès, elles sont susceptibles d’alimenter leurs thèses.

Cette grave pandémie, complexe et qui dure, responsable aujourd’hui de 6,23 millions de morts au niveau mondial, possiblement 2 à 3 fois plus selon l’OMS, pose ainsi la question générale des stratégies de communication à la fois des organismes de Santé publique et des mouvements alternatifs.

Initialement paru le 28/04/22 sur le site de The Conversation

Voir aussi https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2021/10/15/communication-scientifique-en-situation-de-crise-sanitaire-profusion-richesse-et-derives/

Connaître l’évolution de la vaccination en France : quelle proportion de français vaccinés ? Combien faut-il encore vacciner de personnes avant d’atteindre l’immunité collective ? A la date du 02/05/22, 80,6 % des français ont reçu au moins une dose de vaccin ; 79,3 % ont reçu toutes les doses requises ; 54 % ont reçu une dose de rappel supplémentaire. Il reste à vacciner 19,04 % des français avant d’atteindre un taux de vaccination de 100 %. Au rythme actuel, on aurait vacciné l’ensemble de la population éligible (les plus de 12 ans) le 07 juin 2029 !

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