Hesed

Epines

La compassion de Dieu me touche. Une compassion « payée » en retour par une telle couronne…(Source image : public domain pictures)

« Car tendresse j’ai voulu et non sacrifice. Et connaissance d’Elohim plus que des holocaustes » (Osée 6v6). Dans ce verset sec du prophète Osée se manifeste nettement l’impatience envers les formes extérieures du culte religieux, offrandes, sacrifices, alors que la préférence pour une foi exprimée dans l’intimité de soi-même est bien claire.

Les Eglises savent que les fidèles mécontents s’appuient sur de tels versets pour pratiquer un culte personnel, à l’écart des liturgies, des rites. Mais tout homme de foi fait aussi cela : il s’éloigne de l’assemblée par besoin de recueillement personnel. Même David, dans le psaume 51, avait écrit que le sacrifice qui plait à Elohim est « un coeur brisé ». Et Samuel avait enseigné à Saül qu’« obéir est préférable au sacrifice, écouter est préférable au gras des moutons » (1 Sam.15v22). Mais Osée est plus net, car son verset contient directement la voix de Dieu qui dit : « Car tendresse j’ai voulu et non sacrifice ». Le verset résonne ainsi en hébreu : « Ki hèsèd hafatzti velo zavah ». Quel beau mot que hèsèd (חֶ֫סֶד), tendresse : celle entre père et fils, une disposition amoureuse et affectueuse, fondement de toute intimité. Moïse appelle Dieu « une abondance de tendresse et de vérité » quand il le sent près de lui sur le Sinaï, caché dans un nuage (Ex.34v6)(1).

Le Mot hébreu hèsèd (חֶ֫סֶד) est si particulier qu’il n’a pas de correspondant strict dans notre langue : il signifie miséricorde, fidélité, amitié, faveur, bonté, loyauté, amour, grâce…Tous ces termes peuvent être compatibles, pourvu que l’on conserve le lien d’intimité affectueuse et familière que comporte le mot hèsèd (חֶ֫סֶד). C’est un sentiment direct qui lie réciproquement deux personnes, dans ce cas-ci créateur et créature. Et lorsque la seconde moitié du verset d’Osée confirme que Dieu a voulu la connaissance de soi plutôt que les holocaustes, alors on comprend bien qu’une connaissance de Dieu ne peut venir que précédée d’une hèsèd (חֶ֫סֶד), d’une tendresse, donc d’un sentiment, non pas d’un acte mental.

La connaissance de Dieu s’ouvre en grand à condition qu’auparavant ait germé dans la créature humaine l’émotion profonde du hèsèd (חֶ֫סֶד). Aucune démonstration possible de l’existence de Dieu, aucun argument théologique [ou philosophique] ne peut servir de fondement à la connaissance directe entre une personne et Dieu. Celle-ci ne se produit que par un acte d’amour unique, réciproque et non répétable. C’est ce qu’annonce Osée. Et même s’il envoie « au diable » offrandes et liturgies, il met dans la joie l’homme de foi qui, intérieurement, exulte dans l’attente de renouveler entre Dieu et lui la tendresse du hèsèd (חֶ֫סֶד).

D’après De Luca, Erri. Hésed IN Première heure. Folio, 2012, pp 107-109.

Initialement publiée le 12 février 2014, cette méditation vient de connaître une importante mise à jour.

Notes :

(1) Voir aussi Sa plus belle manifestation en 1 Jean 4v9-12 et Jean 3v16

Une réflexion sur “Hesed

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