La vérité vous rendra libres

« Le processus de mise en vérité est douloureux pour notre ego. Il est éblouissant de la lumière de Dieu » (Source image : public domain pictures)

Dans l’Evangile selon Jean, chapitre 8, versets 31-36, Jésus parle ainsi à quelques Juifs qui viennent de reconnaître qu’Il est et qui se mettent à croire en Lui :

« Si vous restez fidèles à ma parole, vous êtes vraiment mes disciples ; vous connaîtrez la vérité et la vérité vous rendra libres. » Ils lui répondirent : « Nous sommes les descendants d’Abraham et nous n’avons jamais été les esclaves de personne. Comment peux-tu nous dire : “Vous deviendrez libres” ? »

Jésus leur répondit : « Oui, je vous le déclare, c’est la vérité : toute personne qui pèche est esclave du péché. Un esclave ne fait pas pour toujours partie de la famille, mais un fils en fait partie pour toujours. Si donc le Fils vous libère, vous serez vraiment libres ».

Être dans la vérité, c’est être baigné dans la parole du Christ. Le ministère du Christ, qui est le nôtre aujourd’hui, consiste à aider notre prochain ou notre frère à vivre en vérité, contre toutes les forces qui s’acharnent à les faire vivre dans le mensonge : du monde au diable, en passant par leurs désirs ou même des membres de leur famille (cf 1 Jean 2). C’est un vrai combat que d’être là en vérité.

L’apôtre Paul utilise une formule étrange, à bien y regarder, pour évoquer les modalités de cette liberté : « C’est pour que nous soyons vraiment libres que Christ nous a libérés. Tenez donc ferme et ne vous laissez pas remettre sous le joug de l’esclavage » (Gal.5v1). Nous sommes libérés par le Christ, c’est une certitude. Il nous sauve de notre perte et nous libère. Mais il ne nous libère pas une fois pour toute et de tout : nous devons nous placer dans un chemin de libération continue, qui passe par le fait de délier les multiples emprises qui se mettent sur nous au fur et à mesure de notre chemin, sans compter tous les liens dont nous ne sommes encore défaits, issus de notre vie passée. Nous sommes libérés pour la liberté.

Appartenant au Seigneur Jésus-Christ, nous sommes revêtus de Son autorité pour produire cette action de libération continue. Prendre soin des personnes qui nous sont confiées ne consiste pas seulement à panser des plaies, mais à donner les moyens à la personne d’une automédication permanente en lien avec le Christ ressuscité et vivant.

En quoi consistent ces mensonges dans lesquels nous sommes empêtrés ? Fondamentalement, ils sont toujours une version déclinée de l’idolâtrie fondamentale qui refuse que Dieu soit à Sa place et nous à la nôtre. Voici comment Jésus analyse les choses, dans la suite du passage de Jean 8 cité plus haut :

« Je sais que vous êtes les descendants d’Abraham. Mais vous cherchez à me faire mourir, parce que vous n’accueillez pas ma parole. Moi, je parle de ce que j’ai vu auprès du Père ; vous aussi, faites donc ce que vous avez entendu auprès du Père. »

Ils répliquèrent : « Notre père, c’est Abraham. » – « Puisque vous êtes les enfants d’Abraham, leur dit Jésus, faites ce que faisait Abraham. Mais non, vous cherchez à me faire mourir, moi qui vous ai dit la vérité que j’ai apprise de Dieu. Abraham n’a rien fait de semblable ! Vous, vous faites les mêmes actions que votre père. » Ils lui répondirent : « Nous ne sommes pas des enfants illégitimes. Nous avons un seul Père, Dieu. »

Jésus reprit : « Si Dieu était vraiment votre Père, vous m’aimeriez, car je suis venu de Dieu et je suis ici de sa part. Je ne suis pas venu de ma propre autorité, mais c’est lui qui m’a envoyé. Pourquoi ne comprenez-vous pas ce que je vous dis ? Parce que vous êtes incapables d’entendre ma parole. Vous avez pour père le diable et vous voulez faire ce que votre père désire. Il a été meurtrier depuis le commencement. Il ne s’est jamais tenu dans la vérité parce qu’il n’y a pas de vérité en lui. Quand il dit un mensonge, c’est en accord avec son caractère, parce qu’il est menteur et père du mensonge. Et moi, parce que je dis la vérité, vous ne me croyez pas ». (vv 37-45)

Un proverbe français dit que la vérité blesse. C’est vrai. Mais qu’est-ce qui est blessé quand la vérité est dite ? C’est en fait l’orgueil, la clé de voûte des constructions idolâtriques à l’intérieur de nous. C’est bon que l’orgueil soit blessé, car il doit être détruit. Mais cela ne peut être constructif que chez quelqu’un qui a assimilé le caractère néfaste de l’orgueil, et qui ne l’a pas déguisé dans sa terminologie positive que l’on appelle l’amour-propre ou la fierté. Sauf que l’amour-propre est toujours un peu sale…

Le processus de mise en vérité est douloureux pour notre ego. Il est éblouissant de la lumière de Dieu : « il n’est rien de caché qui ne doive être découvert, rien de secret qui ne doive être mis au jour », dit encore Jésus dans Marc 4v22.

Vivre en Christ, c’est accepter que Sa lumière pénètre les tréfonds de notre être, y compris ses parties les plus ténébreuses. Tout peut être bien tranquille en latence à l’intérieur de nous, mais sitôt la lumière de Christ braquée sur les saletés de l’intériorité, nous voyons tout ce qui n’est pas lumineux en soi…..

Dit autrement (et fort bien) par Jean Cassien, un père de l’Eglise, « un homme se croit patient et humble tant qu’il n’est en relation avec personne, mais dès que se présentera l’occasion d’une contrariété, il reviendra à sa première nature. Les défauts cachés réapparaissent aussitôt, tels des chevaux sans mors après un long repos, bondissent à l’envi hors de l’écurie, avec une violence et une férocité qui causent la perte du cocher. En effet, toutes relations humaines cessant, nos vives se développent en nous s’ils n’ont pas été purifiés auparavant » (Institutions cénobitiques, VIII, 18).

Une fois que la vérité a été dite, il importe de de pouvoir mener une vie vraie, durablement. Une fois que nous avons été libérés, il importe que nous marchions dans la liberté.

A ce sujet, parmi les armes du chrétien décrites en Ephésiens 6, nous avons premièrement « la ceinture de la vérité ». La ceinture est ce qui entoure les reins, lieu symbolique, dans la culture juive, de la force la plus fondamentale de l’humain. Le coeur du coeur de notre vie doit donc être un amour pour la vérité (cf 1 Cor.13v6), qui nous englobe et nous ceint pour nous faire tenir debout.

(D’après « Au Nom de Jésus, libérer le corps, l’âme, l’esprit », de Gilles Boucomont. Editions Première Partie, 2010, pp 215-219)

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