La série biblique de l’été : Lecture suivie du livre de la Genèse (3)

(News lovers in the)Planet of the Apps (2013) Huile sur toile 36” x 36” de Patrick McGrath Muñiz Le péché : une rupture

Troisième épisode de notre lecture suivie du livre de la Genèse, la nouvelle série biblique de l’été, proposée par mon ami et frère Louis-Michel, pasteur, à paraître chaque semaine sur Pep’s café ! le blogue.

. 3 : 1-7 :

 Or le serpent était le plus fin des animaux des champs que l’Eternel Dieu avait faits : Il s’agit d’un animal de l’espèce des serpents, « animaux des champs ». Celui-ci devait avoir des membres pour se déplacer (verset 14). Le mot « fin » pourrait être traduit par « rusé »ou « avisé ». Paul désigne « Satan » sous le masque de ce serpent (2 Corinthiens 11). Cela signifie que l’esprit de Satan habitait probablement, et peut-être ponctuellement dans le corps de l’animal. La « ruse » de l’animal peut s’accorder avec la « ruse » du diable. N’oublions quand même que le serpent est une création de Dieu (v.3).

Et il dit à la femme : C’est étrange ! Eve parle avec un serpent. Mais je peux critiquer la femme, mais ne suis-je pas moi-même capable d’écouter ceux qui veulent séduire ?

« Est-ce que Dieu aurait dit que vous ne deviez pas manger de tout arbre du jardin ? » : Question rusée effectivement ! Il n’aborde pas le sujet du « fruit défendu » directement, mais il commence par une globalité, ce qui amène Ève à vouloir donner des détails. Le dialogue est entamé, et la femme est déjà piégée !!! (v.1b).

Et la femme répondit au serpent : Eve explique alors que Dieu les laisse libres, seul l’arbre [qu’elle présente comme étant] « au milieu du jardin » [en oubliant de mentionner l’arbre de vie] peut amener la mort. Une mauvaise chose : La femme ne se sent pas en danger face à ces drôles de question. Une bonne chose : Dieu les a déjà enseignés sur la vie et la mort et leur a donné le pouvoir de choisir eux-mêmes (v.2-3).

Et le serpent dit à la femme « Vous ne mourrez nullement » : Satan utilise une technique douce. Il rassure la femme (v.4) ! Combien nous aimons être rassurés par rapport aux réalités liées à notre choix !

mais Dieu sait : Dieu sait. Il est omniscient ! Il sait puisque c’est Lui qui a décidé l’ordre des choses, d’où son avertissement peu avant (v.3). Les avertissements de Dieu ne sont pas des fardeaux, ils sont libérateurs. Une vérité : la connaissance du bien et du mal nous ouvre les yeux et nous éloigne du Créateur. Mais au fait, aurions-nous résisté ? L’arbre semblait délicieux. Un goût féminin ? Non. Adam était avec elle (v.6). Il a aussi apprécié ce fruit.

Et les yeux de tous deux s’ouvrirent : Les yeux s’ouvrent, entre autres sur la nudité, la honte s’installe … alors Adam et Eve essaient de se couvrir avec des ceintures faites à base de figuier. Rapportées au Nouveau Testament, ces paroles nous révèlent que l’autojustification n’apporte pas la vie, ni la réconciliation avec Dieu (v.7).

3 : 8-24

Et ils entendirent le bruit de l’Eternel Dieu passant dans le jardin : Dieu semble être dans le vent comme dans Actes 2, versets 1 à 4. Dieu passe dans le jardin. Cela semble normal. Adam et Ève sont habitués, ils reconnaissent le « bruit de l’Eternel » au milieu du vent.

Et l’homme et sa femme se cachèrent de devant l’Eternel Dieu parmi les arbres du jardin : Ils avaient honte entre eux (v.7) et le fait de se cacher révèle qu’il y a aussi une « honte » ou une « crainte » devant Dieu. Le péché a changé les choses. En effet, avant, la présence de Dieu était normale et agréable, maintenant, cette présence est redoutée (v.8).

Et l’Eternel Dieu appela l’homme et lui dit : « Où es-tu ? » : Dieu avait donc l’habitude de voir l’homme … Sa question montre son intérêt pour Adam et Ève, même s’ils ont péché. Dieu n’est pas surpris, mais en l’interpellant, il désire que l’homme lui réponde, et ose parler au sujet de sa désobéissance (v.9).

Et il (l’homme) dit : « Je t’ai entendu … et j’ai craint, car je suis nu … » : Là, Adam sort de sa cachette et accepte d’engager le dialogue avec son Créateur. Il répond vrai, il a honte car sa nudité devient pour lui un problème … (v10).

« Qui t’a montré que tu es nu ? » : Quelle admirable question ! C’est une belle pédagogie. Dieu aurait pu frapper Adam, le condamner de suite, mais non, il ne considère pas le problème d’Adam sous l’angle de la faute, mais sous celui de sa régénération future (v.11). Cette question est un point de départ à la restauration, au salut, non seulement d’Adam, mais aussi d’Ève et plus tard de toute l’humanité.

« As-tu mangé de l’arbre dont je t’avais dit de ne pas manger ? » : La Bible Segond 21 parle d’interdiction. Ce n’était pas une suggestion ni un conseil. Cette question est là pour aider Adam. Mais l’homme esquive sa responsabilité, et dépose le poids de la faute sur sa femme (v.11-12). D’ailleurs, la femme rejette la charge de la faute sur le serpent (v.13). Comment Dieu peut-il secourir celui qui désobéit dans le cas où il ne veut pas reconnaître sa part de responsabilité ?

À noter que Dieu ne prononce pas de jugement sur Adam et Ève, mais uniquement sur le serpent. Cet animal était une représentation atténuée des ténèbres et des puissances démoniaques. Dieu ne veut pas « écraser » Adam, tenant compte de sa fragilité du moment, puisqu’il prend conscience du mal (v.8-13). Le serpent est donc jugé. Il ne marchera plus. Il devra ramper. Cela lui donnera toujours, aux yeux des hommes, une identité redoutable, imprévisible, abjecte, repoussante, maligne, etc. Image du diable, du tentateur, du séducteur, de l’envoûteur, puissance déchue … rebelle par excellence. A travers le serpent rampant, Dieu révèle la personnalité de Satan qu’on nommera dans le NT « le serpent (dragon) ancien, le diable » (cf l’Apocalypse).

Ce jugement permet de faire la distinction entre l’être humain et le démon. Le premier est appelé à être sauvé, le second est « déjà jugé ». Le jugement de Genèse est rejoint par celui du N-T (Jean 14). La postérité d’Ève (et logiquement de son mari) ne pourra pas être inquiétée par celle de Satan. Ce sera un combat spirituel. Y compris à travers les hommes qui se rebelleront contre Dieu, habités par l’esprit du Mal, de Satan (v.15). Enfin, le diable blessera « au talon » les enfants d’Ève, mais eux, ils le « meurtriront à la tête ». Cela me fait penser à Romains 8 : 35-39 : « Dans tout cela nous sommes plus que vainqueurs grâce à celui qui nous a aimés » (v.15).

À la femme il dit : Dieu prend la responsabilité des conséquences du péché de l’être humain (emploi du pronom « je »). La grossesse va être pénible. Et le mari sera comme un dominateur. Cela, c’est la condition de l’homme déchu, rebelle à Dieu. Heureusement que le Saint-Esprit console ceux qui peinent tout en se confiant à Dieu, et que Jésus a lui-même donné l’image d’un époux aimant jusqu’à donner sa vie pour l’épouse. Pourquoi, aujourd’hui, l’homme peut-il être si « dominateur », si macho ? Pourquoi la femme peut-elle être si « féministe », un féminisme si rempli de haine pour ce qui est masculin qu’il finit par adouber le lesbianisme ? Les désirs de la femme devaient se porter sur le mari (ça semble positif … bien que Godet apporte là un commentaire différent), mais « ces désirs » tout au long de l’histoire sont plus ou moins faussés, et dans les derniers temps, « ces désirs » passent la frontière du couple initial. Les femmes ne se limitent plus (même choses pour les hommes), elles s’enflamment entre elles, et brûlent pour d’autres hommes …

 Finalement, beaucoup de femmes craignent d’avoir des enfants, ne considérant plus une grossesse comme une joie. Le péché a gâché la douce beauté du don de la vie (v.16).

Et à Adam il dit : Au passage, on voit que Dieu s’adresse à chacun personnellement. Ce qui montre Son intérêt pour l’un et pour l’autre (il n’y a ni inégalité, ni préférence …). Les conséquences du péché d’Adam : le travail devient pénible, l’entretien de la terre et le profit des récoltes aussi. Si l’homme veut manger et nourrir sa famille, il doit travailler, et ça coûte du temps et de l’énergie, et comme dit Salomon : tout est vanité (v.17-19 ; L’Ecclésiaste).

Lors d’une étude biblique de maison, une personne posa la question : Est-ce que le fait qu’un mari écoute sa femme est une faute ? Dans le texte de la Genèse, le mot « écouter » veut dire qu’Adam a suivi sa femme sans réfléchir ni réagir.

Et l’homme donna à sa femme le nom d’Ève : Ce qui signifie « vie ».

Et l’Eternel Dieu fit à Adam et à sa femme des tuniques de peau et les vêtit : En écho à ce passage, on trouve la parole de l’Apôtre Paul qui dit « Revêtez Christ ». Jésus est le vêtement du chrétien. Car il est le sacrifice qui nous redonne l’identité perdue à cause du péché. C’est cela que Dieu a voulu démontrer en sacrifiant un animal. Il a voulu couvrir la honte du péché des premiers hommes (v.21).

Et l’Eternel Dieu dit : « Voici, l’homme est devenu comme l’un de nous … : Les yeux de la créature se sont ouverts comme ceux du Créateur. Seulement, Lui, il domine le péché avec puissance, alors que l’homme ne peut pas dominer le péché (Genèse 4), car il est faible. Ce qui pourrait le pousser à vouloir goûter le fruit de l’arbre de vie (v.22). Alors, l’homme deviendrait « éternel » mais sous la domination du péché. On voit là l’amour insondable de Dieu pour l’homme pécheur.

Et l’Eternel Dieu le fit sortir du jardin … : Dieu désire protéger l’homme et la femme en les amenant à l’extérieur du jardin qu’il rend d’ailleurs inaccessible (v.23-24). L’arbre de vie sera de nouveau disponible à la dernière résurrection des morts (1 Corinthiens 15 : 51-52 / 1 Thessaloniciens 4 : 16-17). Pour le lecteur « négatif », ce passage ne présente pas une exclusion, mais une action salutaire pour l’humanité.

4 : 1-16

Et l’homme ayant connu Ève sa femme, elle conçut et enfanta Caïn : Le nom de Caïn signifie « bien acquis » … Le texte nous donne un ordre des choses intéressant. D’abord, la relation sexuelle, puis la rencontre des organismes vivants (laboratoires concepteurs on pourrait dire), et le moment où l’enfant vient au monde. Cela n’a pas changé en plus de 6000 ans … même si l’être humain cherche, dans sa révolte contre Dieu, à se débrouiller par d’autres moyens … D’ailleurs, il faudra toujours un élément masculin et un élément féminin pour procréer ! (v.1). Il faut aussi noter que le verbe « connaître » désigne l’union morale et physique des deux parents. Ce mot n’est jamais employé pour les animaux, ce qui lui donne d’autant plus une forte noblesse morale.

Elle enfanta encore Abel son frère ; et Abel fut berger, et Caïn fut était cultivateur :

Le nom de Abel signifie « pré » ou « souffle » … Il devient berger (on n’a pas le nom des animaux – en fait, le mot inclut de petit bétail). Caïn est cultivateur (v.2). Ce dernier offre un sacrifice tiré des produits de la terre. Et Abel offre un sacrifice (un holocauste puisque les hommes ne mangeaient pas encore de viande) tiré de son bétail. Les deux jeunes hommes exercent des métiers que leur père exerçait dès le début. Chacun manifeste sa reconnaissance envers Dieu de façon spontanée et le désir de montrer au Créateur l’intention de chercher Sa présence (v.3).

L’Eternel regarda Abel et son oblation : « Oblation » signifie « sacrifice ». Dieu « regarde » l’offrande d’Abel, et « ne regarde pas » celle de Caïn. Pourquoi ? On ne peut pas expliquer ce genre par une faute liée au sacrifice lui-même, mais l’épître aux Hébreux, au ch.11, donne une indication sur l’attitude intérieure d’Abel : C’est PAR LA FOI. Par contre, Caïn semblerait s’être appuyé sur son travail (les produits de la terre), donc l’offrande aurait été faite SELON LA CHAIR. La preuve, lorsque Dieu détourne le regard de l’offrande du frère aîné, celui-ci ressent une violente douleur, celle que Paul nomme « tristesse selon le monde » dans 2 Corinthiens 7. Cette irritation venait du sentiment de rejet qui insinue la jalousie.

Lorsque la colère n’est pas jugulée, elle peut faire des dégâts. C’est pourquoi Dieu, toujours prévenant, demande à Caïn pourquoi il est irrité (comme auparavant avec Adam) ? (v. 4-7a).

« Si tu fais bien … » : Caïn peut changer le cours de sa vie s’il fait le bien, s’il relève la tête… (s’il réagit par la foi envers Dieu) selon ce que dit le Psaume : Mets ta confiance en l’Eternel, et il agira … Il sait que le péché, qui est un être spirituel, veut faire « un » avec lui. Il devrait refuser, dominer sur le péché, mais il n’y arrive pas, et va au bout de son irritation en tuant Abel dans la campagne (v.7b-8).

Et l’Eternel dit à Caïn : Il lui demande où se trouve Abel pour le faire « revenir » dans la réalité. Mais Caïn ne saisit pas la main tendue de Dieu. Il décline toute responsabilité envers son cadet. Le Seigneur lui parle du « sang d’Abel »… Peut-être Caïn croyait-il que personne ne l’avait vu tuer son frère !!! La conséquence est terrible : la malédiction sur sa vie (il est rejeté par sa propre terre qui ne produira rien à cause du sang versé) ! (v.9-13).

« Ma peine est plus grande que je ne la puis supporter… » : Au lieu de se repentir, Caïn se plaint, et se livre à un chantage affectif ! (v.13). Il est conduit par sa peur de rencontrer quelqu’un (v.14-15a). En effet, il pourrait se retrouver face à Adam qui aimerait peut-être venger Abel. Et sait-il s’il y a d’autres humains qui vivent au-delà de la contrée d’Eden ? Sait-il aussi qu’avec le temps (il faut bien se rappeler qu’à cette époque les hommes vivaient des centaines d’années !), il pourrait se retrouver face à d’autres enfants d’Adam ?

Et l’Eternel mit un signe sur Caïn pour que quiconque le trouverait ne frappât point (1) : Une preuve supplémentaire de l’amour de Dieu ! (v.15b).

Et Caïn sortit de devant l’Eternel … le pays de Nod n’existe pas sur le plan géographique, le mot signifie « pays de l’exil » (v.16). Il s’agit d’une région située vers l’est de l’Eden, vers l’Asie.

4 : 17 à 5 : 32

– Et Caïn connut sa femme : Au sujet de cette femme, beaucoup se pose la question : Mais qui était-ce ? (2) Le seul élément biblique qu’on ait est la partie généalogique. Adam et Eve ont donné naissance à « des fils et des filles ». Sachant que les humains vivaient sur plusieurs siècles, il n’est pas difficile d’imaginer un mariage entre Caïn et une de ces « filles »… Il est intéressant de noter que les généalogies présentées dans les onze premiers chapitres forment la charpente de la Genèse et de l’histoire de l’humanité (F. Godet).

Et elle conçut et enfanta Hénoc : Débute ici la première généalogie d’Adam (Ch.4).

…et il se mit à bâtir une ville … : Le nom de cette ville est Hénoc (v.17). Ce nom signifie « l’initié ». Le concept de ville, à cette époque, désignait simplement un lieu de vie protégé par une muraille. On pourrait penser qu’il y a contradiction entre le fait que Dieu annonce à Caïn qu’il sera « errant » et le fait qu’il « bâtisse une ville ». Caïn devait-il être un nomade ou un sédentaire. C’est lui qui choisit d’être sédentaire, pas Dieu ! Et pourquoi ? Voulait-il se fixer pour défier Dieu ou pour se cacher d’éventuels ennemis dont il avait peur ? (3)

Et Irad naquit à Hénoc … : Les premières générations de cette branche généalogique sont issues donc, de : Après Caïn, c’est Hénoc, puis Irad (qui signifie peut-être « citadin »), puis Méhujaël (signifie « frappé de Dieu »), puis Méthusaël (« appartient à Dieu »), enfin Lémec (signifierait soit « robuste », « puissant », ou « brutal »). (v.18).

Et Lémec prit deux femmes : Ada (« ornement ») et Tsilla (« ombre »). C’est le premier mariage polygame, contraire à l’institution divine (Genèse 2 : 24). Mais, ce qui est positif, c’est que le mariage est encore valide malgré la situation de Caïn et de ses descendants (v.19).

Et Ada enfanta Jabal : Le nom Jabal signifie « produire » ou « nomade » … il est le « père de ceux qui habitent sous les tentes et au milieu des troupeaux ». Il est éleveur et berger (v. 20)

Le nom de son frère était Jubal : Ce nom désignerait la corne d’un bélier d’où le lien avec la musique. Il est le « père de ceux qui jouent de la harpe (instrument à corde « kinnor ») et du chalumeau (instrument à vent « ougav »). Ancêtre des compositeurs et des musiciens (v.21).

Et Tsilla eut aussi des enfants : Tubal-Caïn … et Naama … : Tubal-Caïn signifie

« Fabriquant de lances » et c’est lui qui forgeait toute espèce d’instruments tranchants d’airain et de fer (v.22). Naama signifie « la gracieuse ». Certains rabbins pensent qu’elle est devenue la femme de Noé.

Et Lémec dit à ses femmes … : Les versets 23 et 24 se nomment « chant de Lémec » et raconte l’histoire de Caïn. Ce passage contient les caractéristiques de la poésie hébraïque (avec en particulier la figure de parallélisme). Ce poème est un chant relatant un meurtre.

Avant cela il y a eu un autre chant, celui de l’amour, en Genèse 2 : 23. Godet parle ici de la brutalité de Lémec comme d’une chose monstrueuse, venant d’un être pervers et cruel. Il mentionne aussi « l’insolence de la race caïnite »(4), ce que Dieu avait voulu éviter (Genèse 3 : 15). Il mentionne aussi l’intérêt des arts et des métiers dans la civilisation et la vie de l’humanité. Dieu s’en servira de toute façon car toute chose sera assujettie à la domination de l’homme.

Et Adam connut encore sa femme, et elle enfanta un fils et l’appela Seth : Ce nom signifie « remplacement ». L’enfant comble le vide laissé par Abel, tué par Caïn (v.25). Seth commence une nouvelle généalogie (celle des Séthites) avec Enoch (« homme faible »), et c’est à son époque que l’on commença à invoquer l’Eternel (v.26).

On note ici que d’un côté nous avons la lignée de Caïn qui fuit Dieu, et d’un autre côté la lignée de Seth qui cherche Dieu (Genèse 3 mentionne cette lignée par « postérité du serpent » d’une part, et par « postérité de la femme » d’autre part. Au Chapitre 5, verset 1, l’auteur de la Genèse, reprend l’histoire de la « postérité d’Adam » (dans un livret généalogique), que Dieu fit à sa ressemblance.

Il les créa mâle et femelle … Rappel de la pensée de Dieu au sujet de l’union de deux éléments différents, distincts et complémentaires (V, 2). Le mâle et la femelle reçoivent le nom « d’homme ». Sans oublier la bénédiction (créateur et créatures sont à l’unisson).

Et Adam vécut cent trente ans, et engendra un fils à sa ressemblance … Retour sur la naissance de Seth, avec la précision de la ressemblance (V, 3). Selon les chiffres donnés ici, on sait que Adam a vécu 930 ans (versets 4 et 5). Seth a vécu 912 ans, ce qui fait qu’au moment de la mort de celui-ci, l’humanité avait 1042 ans (v.6-8). Beaucoup d’êtres humains sont issus de ces hommes-là ! Et n’oublions pas tous ceux et celles qui sont nés de Caïn.

Et Enoch vécut quatre-vingt-dix-ans, et il engendra Kénan : Grâce aux indications chiffrées, le lecteur qui apprécie les calculs, peut savoir l’âge des personnes en particulier, et l’âge de l’humanité en général. La signification du nom Kénan n’est pas connue (V, v.9-11). Il n’est pas nécessaire de le savoir, cela ne changerait rien pour ce cas.

Et Kénan vécut soixante-dix ans, et il engendra Mahalaléel : Ce nom signifie « louange à Dieu » (v.12-14).

Et Mahalaléel vécut soixante-cinq ans, et il engendra Jéred : Ce nom signifie « descente » (v.15-17).

Et Jéred vécut cent soixante-deux ans, et il engendra Hénoc : Ce nom signifie « l’initié » mais le contexte nous montre qu’il ne s’agit pas du tout de la même initiation que celle du fils de Caïn (IV « première généalogie d’Adam »). Ce Hénoc « marcha avec Dieu » le reste de sa vie. Le verbe « marcher » révèle une activité constante, et le complément « avec » signifie une « proximité très intime ». On pense alors au mot « communion ». Quand on regarde les deux généalogies d’Adam, on constate que Hénoc (Séthite) est le pendant de Lémec (Caïnite). Le premier manifeste l’endurcissement et la révolte alors que le second montre un intime de Dieu. Cette intimité se traduit par le fait que Dieu prend Hénoc avec Lui, dans Sa présence éternelle, sans que celui-ci passe par une mort physique visible … (v. 18-24).

Et Hénoc … engendra Méthusélah … et Méthusélah … engendra Lémec (et des fils et des filles – comme les autres) : Le nom « Méthusélah » signifie « l’homme du trait ». Lémecet son épouse ont eu Noé (Noah) pour fils (v.25-31).

Et Noé, âgé de cinq cents ans, engendra Sem, Cham et Japheth : Les trois garçons ne sont pas nés en même temps, mais l’auteur dit que c’est à partir de cet âge-là qu’ils sont nés. Que signifie Sem ? C’est « La renommée ». Cham ? C’est « Le bouillant ». Japheth ? C’est « Que Dieu élargisse » (v.32).

On arrive bientôt à la période du déluge. Selon le texte hébreu, 1656 ans se sont déroulés entre Adam et le déluge. Selon le texte de la Septante (traduction grecque de l’Ancien Testament), ce sont 2242 ans qui auraient passé. Les théologiens évangéliques, quant à eux, retiennent plutôt la première proposition.

Notes :

(1)Ce débat est très ancien. H. Blocher ose proposer ses idées sur la Révélation des origines, mais des théologiens conservateurs souhaitent garder l’idée traditionnelle. Cette part de mystère sera, je crois, élucidée après le retour du Seigneur Jésus.

(2) Voir note 1. Ma réflexion reste ouverte, mais j’essaie de comprendre les saintes écritures telles qu’elles me sont présentées.

(3) À cette époque, l’homme construisait une ville pour se protéger des ennemis potentiels (on pense aussi aux châteaux du Moyen âge en Europe).

(4) Le mot « race » employé par Godet ne peut l’être de la même manière aujourd’hui. En analogie avec le reste de la Bible, il n’y a qu’une seule race : la race humaine.

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