La série biblique de l’été : Lecture suivie du livre de la Genèse (2)

Création d’Adam, fresque de Michel-Ange (1508-1512). chapelle Sixtine, Rome.

Deuxième épisode de notre lecture suivie du livre de la Genèse (par mon ami et frère Louis-Michel, pasteur), la nouvelle série biblique de l’été à paraître chaque semaine sur Pep’s café ! le blogue. Le premier épisode se découvre ici.

1 : 6 à 2 :16

Et Dieu dit : « Qu’il y ait une étendue entre les eaux, et qu’elle sépare les eaux d’avec les eaux » : Les eaux d’en haut sont l’étendue dans le ciel (celui qui est dans notre atmosphère), et les eaux d’en-bas sont une autre étendue à la surface du globe terrestre (v.6). Les Hébreux croyaient traditionnellement qu’il y avait « plusieurs étendues » dans l’espace, qui se succédaient. N’est-ce pas ce que les scientifiques et les astronomes découvrent aujourd’hui en envoyant des sondes dans l’espace ? Et l’étendue qui se trouve au milieu est l’espace d’air respirable que l’auteur de la Genèse appelle cieux (selon F. Godet). Par ailleurs, la Bible contient des expressions comme « cieux des cieux » (A-T) ou « royaume des cieux » (N-T)… (v.7-8). Certains spécialistes font allusion à la voie lactée, les galaxies, les univers, les systèmes qui se succèdent …

Ce fut le second (deuxième) jour : Même commentaire qu’au v.5 (v.8b-c).

Et Dieu dit : « Que les eaux de dessous les cieux s’amoncellent en un seul lieu et que le sec paraisse. Et cela fut. » :

On se souvient que le premier jour a vu naître : a) la lumière créatrice de vie, b) la séparation de la lumière et des ténèbres. Le deuxième jour a donné l’atmosphère respirable par la séparation des eaux d’en-haut et des eaux d’en-bas. Le troisième jour fait apparaître le sol habitable par la séparation de l’eau et de la terre (v.9).

La terre existe déjà mais elle est cachée par l’eau (ordre du récit – cf. Psaume 104 : 6/ Job 38 : 8-11). L’amas des eaux est appelé « mer » et la partie sèche est appelée « terre » (v.10).

Il est important de comprendre que le sol habitable est fait pour que « l’ordre » végétal apparaisse et se reproduise. Ainsi est notre coeur : Un sol sec qui paraît du sein des éléments et de l’environnement de notre vie, un sol prêt à être « cultivé » par l’Esprit Saint pour porter du fruit en abondance (v.11-12 / Jean 15). C’est merveilleux de voir la naissance d’une « force organique » (Godet) qui domine la matière brute. Le sol porte ainsi :

a) le « gazon / herbe de prairie » qui est destiné au genre animal, b) les légumes, les céréales sous le mot « herbe / ésev (pour la semence) » qui sert tantôt au genre animal tantôt au genre humain, c) les arbres, les arbustes, les buissons « portant fruit / fruit renfermant semence / semence » qui sont faits un peu pour l’animal, et le plus souvent pour l’homme (v.11). À noter ici que Dieu ne nomme pas les plantes. Ce sera la responsabilité de l’homme.

Dieu donne un nom à ce qui constitue Sa création (v.5, v.8, v.10). Mais au fait, comment les végétaux ont-ils pu pousser puisqu’il n’y avait pas de soleil encore ? La lumière du premier jour semble avoir suffit.

Ce fut le troisième jour : Notons qu’il s’agit du milieu de la semaine de Dieu. Maintenant, tout est prêt pour la suite grandiose décrite par l’auteur (v.13b).

Et Dieu dit : « Qu’il y ait des luminaires dans l’étendue des cieux pour séparer

le jour et la nuit, et qu’ils servent de signes et qu’ils fassent les époques et les jours et les années… » …

La seconde moitié de la semaine « créatrice » nous montre la formation des corps constitués et organisés qui sont appelés à y demeurer : a) jour 1 = lumière / jour 4 = corps lumineux, b) jour 2 = l’eau et l’air / jour 5 = les poissons, les oiseaux, c) jour 3 = le sol (dont le couronnement est le genre végétal / jour 6 = les animaux puis le genre humain qui représente la perfection de l’oeuvre créatrice) … (v.14). Le quatrième jour voit la création du soleil (le plus grand des luminaires) et de la lune (le plus petit). Le soleil préside (notion de réglage) le jour, la lune préside la nuit et les étoiles (v.15-16). Un prédicateur a parlé de« l’éclairage divin en faveur des humains ». Jean affirme, dans son épître, que la lumière chasse les ténèbres. Et ce qui est « physique et chimique » est aussi spirituel, n’est-ce pas une grâce ? (v.17-19).

Ce fut le quatrième jour : Même commentaire que pour les trois premiers jours (v.19c).

Et Dieu dit : « Que les eaux foisonnent d’une multitude d’êtres animés (vivants), et que des volatiles volent sur la terre » :

La vie animale jaillit. Godet4 parle des « âmes vivantes »,d’autres théologiens choisissent « êtres vivants ». Remarquons la croissance depuis la plante dotée de la capacité de se reproduire par elle-même jusqu’à l’être humain appelé à une reproduction sociale et réfléchie en passant par l’animal appelé à une reproduction sociale d’instinct (sur l’ensemble de la création). Le « foisonnement » et la « multitude »correspondent au besoin de peupler la terre et d’entrer dans l’équilibre environnemental et cosmique de la création (v.20-21).

Ici, la nature est au service de Dieu, elle n’est pas« matrice » (mère) des végétaux, des animaux et plus tard, des humains. Au sujet des« grandes bêtes aquatiques », certaines versions traduisent par « monstres marins ». Leurs dimensions sont importantes et spectaculaires. Quelles sont les espèces concernées ? Les dinosaures, les requins, les baleines et autres animaux de gabarit semblable … L’important est que sur cette terre, il y a de la place pour toutes les espèces. D’ailleurs, des commentateurs disent que Dieu a laissé l’homme nommer lui-même les animaux sans préciser les espèces en présence. Ce qui semble tellement important pour l’homme savant ne semble pas l’être pour Dieu ! Pour Lui, c’est « bon » et ça suffit !

Et Dieu les bénit en disant : « Fructifiez et multipliez et remplissez … » :

Dieu n’a pas prononcé cette bénédiction pour les plantes puisqu’elles avaient la force de se reproduire elle-même. Il n’est pas dit « Et cela fut » car la bénédiction implique que la force créatrice de Dieu va se réaliser progressivement dans le temps. On voit ici la volonté de Dieu pour une vie sans cesse renouvelée vers la plénitude (v.22). N’est-ce pas ce qu’il désire pour les croyants, dans la croissance de leur vie spirituelle jusqu’à toute Sa plénitude ?(1)

Ce fut le cinquième jour : Même chose que pour les jours précédents (v.23b).

Et Dieu dit : « Que la terre fasse sortir des êtres animés selon leur espèce… » :

On compte bétail, reptiles, animaux terrestres, ceux qui rampent aussi (v.24a). Cela s’est donc réalisé comme Dieu a voulu (v.24b-25a).

Et Dieu vit que cela était bon : C’est la validation. Il n’est pas surpris. Dieu établit un constat sur ce qui est (v.25b).

Et Dieu dit : « Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance, et qu’ils dominent… » :

Dieu se parle à Lui-même ! Dieu est Père, Fils et Saint-Esprit. Il est singulier et pluriel en même temps (cf. Elohim). Le verbe « faire » propose une action unique, coordonnée, spontanée, rapide. « à l’image de Dieu » signifie « selon Sa sagesse » mais aussi « avec Sa volonté » (d’initiative) qui permet de faire des choix libres et autonomes, de gérer, d’assumer, de réfléchir, mais encore « avec Ses sentiments ». Dieu est « esprit » mais par Christ il est aussi « chair » … Il a un coeur qui « bat » (vit), qui « ressent » (il est sensible), une bouche qui « parle » (il communique), une oreille qui « entend » (il écoute), une main qui « secourt » (il sauve) … (cf. Esaïe 9 et 59). Il ne peut être dominé et il rappellera à Caïn que l’homme peut dominer, non pas l’homme, mais le péché (Genèse 4). L’homme est appelé à dominer la nature, et non le contraire. Dieu n’est pas favorable à l’écologisme idéologique, mais il prend soin de Sa création et il donnera cette charge à l’homme (v.26).

Et Dieu créa l’homme à son image. Il l’a créé à l’image de Dieu. Il les a créés mâle et femelle :

Ce verset 27 est d’une richesse incroyable. Le verbe « créer » (hébreu) possède un sens évolutif ici. D’abord la matière, puis la vie, et enfin la liberté (ou l’autonomie) à travers les deux sexes. Eve sera mère. Etant image de Dieu, elle occupe une place fondamentale dans la pensée de Dieu, dans son projet d’humanité. Dans le N-T, Paul dira « mère des vivants »(2). Adam sera père, appelé à transmettre la vie (la chaîne de la vie ne peut être rompue) …

Par rapport à cela la PMA n’a aucun sens, n’apportant qu’absence et mort dans la société, sauf dans certains cas exceptionnels. Toute l’humanité dépendra de l’homme,mâle et femelle : ce sera la « race humaine » (l’humanité d’origine unique). Il n’y a donc qu’une seule race. Si je hais le Noir ou le Blanc, je me hais moi-même !… Mais cette race humaine s’est perdue, a raté la cible donnée par son Créateur, alors on se retrouve avec deux races : la race pervertie et la race élue restaurée à l’image de Dieu(7)…

Et Dieu les bénit … La bénédiction de Dieu, c’est Son amour, Sa puissance, Son autorité, c’est Son image qui se multiplie, c’est Sa Justice, Sa Grâce … Dieu est « tout ». Le Créateur donne l’ordre de la reproduction en abondance comme pour les animaux, mais il veut que l’homme soit le « gardien de la création », le gérant et le gestionnaire, qu’il assume une responsabilité envers toute la création (v.28). L’homme va apprendre à utiliser la nature pour subvenir à ses besoins (le travail fourni n’est pas une malédiction, et n’épuise pas l’énergie de l’homme). La nature et ce qui sort du sol servira aussi aux animaux (c’est ce que l’on appelle l’écosystème, et que l’on doit préserver)… (v.29-30).

Et Dieu vit tout ce qu’il avait fait, et voici c’était très bon :

On arrive ici à la fin de la période de la Création (de l’univers en général à l’humain précisément). Le sixième jour s’achève sur le chef-d’oeuvre divin. Dieu évalue ce qu’il a créé. Le résultat est en totale harmonie avec Sa volonté. C’est Sa perfection en action. Je ne peux m’empêcher ici de rappeler l’histoire de Pinocchio (par Carlo Collodi), créé des mains de Geppetto le fabricant de marionnettes.

Tout était si bon pour lui. Mais il lui manquait encore la vie. Finalement, Pinocchio est devenu comme son créateur, vivant, libre, autonome, etc. Tout le reste est bon. Mais l’humain, c’est « très bon ». Il est le seul à refléter l’image de Dieu !!! (v.31a).

Ce fut le sixième jour : Quel travail ! On a vu la Création prête à accueillir le « semblable » de Dieu, on a même vu ce « semblable » créé mâle et femelle (v.31b,c). La Bible ne mentionne pas de « neutre » d’ailleurs …

Et les cieux et la terre et toute leur armée furent achevés :

L’armée des cieux représente les astres, l’armée de la terre représente les « êtres » qui l’habitent. Le mot « armée » n’a pas de signification militaire mais celle d’un ordre établi parfait (II, v.1). En grec, Kosmos nous fait penser à un « ordre universel ».

Et Dieu acheva au septième jour toute l’oeuvre qu’il avait faite :

Tout est complet au sixième jour (II, v.1), mais Dieu « parachève » son oeuvre au septième jour par Sa bénédiction (ou son « amen » (II, v.2-3). Godet propose deux actes : a) Dieu cesse de créer (travailler), b) Dieu bénit et sanctifie Sa création. On comprend donc qu’il y a « cessation » d’activité (mot Shabbath) puis « conservation » ce qui signifie que la création est mise à part pour une « destination sainte » … Un cycle se termine, un autre cycle commence (II, v.3-4).

Le Schabbath permet de goûter le repos éternel de Dieu. Mais le péché privera l’homme de ce repos (II et III). Alors le Schabbath éternel apparaîtra en Jésus-Christ : notre repos éternel (ou « vie éternelle ») sans péché, dans la présence du Créateur (Hébreux 4). C’est cela que nous vivons jour après jour, mais que nous mettons en valeur le samedi, septième jour de la semaine. Pour moi, et souvent, le samedi me rappelle la Création et comment et pourquoi Dieu a fait toutes choses parfaites, il a cessé de créer, puis a béni et sanctifié cela pour que l’homme soit heureux sans cesse. Alors, je loue le Seigneur, je suis tellement reconnaissant de compter parmi Ses enfants !

Il n’y avait encore sur la terre aucun arbrisseau des champs, et aucune herbe des champs n’avait encore germé ; car l’Éternel n’avait pas encore fait pleuvoir sur la terre

Ici, on voit l’importance de l’eau dans la nature (II, v.5a). Si Dieu ne nous donne pas « l’eau vive », nous mourrons de soif !

… et il n’y avait pas d’homme pour cultiver le sol :

La nature, on se souvient, est placée sous la domination de l’homme. Celui-ci configure le terrain pour irriguer le sol (canaux) …À ce moment-là, il n’y avait ni pluie ni homme, donc les arbres et les plantes n’étaient pas encore là (5b).

Et une vapeur montait de la terre et arrosait toute la face du sol :

On peut voir ici la description d’une pluie très légère, un peu comme une brume qui rafraîchit et qui pénètre lentement mais sûrement le sol afin de le rendre fertile (II, v.6).

Et l’Eternel Dieu forma l’homme … Ce verset met l’accent sur les caractéristiques de l’être vivant : le corps et l’âme, et cette « âme » possède en elle-même « l’esprit » qui permet la rencontre avec Dieu (puisqu’il est fait à l’image de Dieu). Dieu donne à l’homme le « souffle de vie » (II, v.7), le fait habiter dans un jardin immense (Gan en hébreu) partie d’un territoire (II, v.8) qu’on nomma par la suite « Eden » ou « Délices » (mot persan) puis Paradis (mot grec). Ce jardin (4) se situe en Orient, et l’arbre de vie se trouve au milieu (II, v. 9). Dieu est bon en offrant le meilleur aux êtres humains. Le fruit de l’arbre de vie devait permettre à l’homme d’éviter la corruption (F. Godet). Le fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal n’était pas mauvais en soi, mais c’est l’attitude de l’homme qui fait la qualité du fruit. En effet, si l’homme obéit, il apprend à connaître le bien par expérience et le mal par la vue du danger auquel il échappe. Par contre, si l’homme désobéit, il apprend à connaître le mal par expérience et le bien comme un bonheur perdu ou inaccessible.

Et un fleuve sortait de l’Eden pour arroser le jardin :

Cette expression rappelle le texte du prophète Ezéchiel « un fleuve sortait de dessous le temple » … Un fleuve qui arrose l’ensemble du jardin (qui, rappelons-le, est immense). C’est un fleuve qui entretient la vie et lui permet de durer et de multiplier (II, v.10-15). Ce fleuve donne naissance à quatre « branches » fluviales appelées Pischon (celui qui coule largement – il se situe sur la terre de Havila dont l’or est bon (v.12). Il est possible que des descendants de Cham soient concernés (Genèse 10) ainsi que ceux des régions du Golfe Persique) ; Guihon (jaillir – qui désigne là aussi une abondance) ; Hiddékel (flèche – rapidité du cours qui apporte ses eaux vives, il viendrait d’Arménie. Son autre nom est « le Tigre ») ; et enfin, Euphrate (le fleuve – il est dans la proximité du Tigre et est le plus grand fleuve de l’Asie occidentale).

Ces mentions des quatre « fleuves » donnent une indication sur l’emplacement du « paradis » ou « éden » : région du Tigre et de l’Euphrate, plus particulièrement aux alentours de Bagdad et Babylone selon F. Delitzsch. On peut conclure que ce « jardin » était riche à souhait et permettait au premier couple de vivre et de faire vivre ! La race humaine avait tout ce qu’il fallait pour être heureuse. Dieu est omnipotent (tout puissant) et amour (l’opposé d’égocentrisme).

Et l’Eternel Dieu prit l’homme et le plaça dans le jardin d’Eden pour le cultiver et pour le garder :

Le jardin était fait pour l’homme ! Ce jardin a donné de la subsistance à l’homme

(II, v.16) ; il lui a enseigné le sens des responsabilités et des décisions (v.17) et même un vis à-vis (visage face à visage, ce qui signifie une capacité de communication, de compréhension, de collaboration) semblable (v.18). Nulle part dans ce texte il est fait mention d’une supériorité du « mâle » (homme) sur la « femelle » (femme). Mais la femme (Isha) est tirée de l’homme (Ish). Ils sont de la même chair, des mêmes os, et se complètent l’un l’autre par leurs différences. Ici, l’être humain est vu comme un cultivateur-gérant et gestionnaire (garder). Adam a nommé les animaux qui ont défilé devant lui. Il devait prendre soin d’eux aussi. Dans les versets 21 à 25, la Bible nous apprend que la femme est tirée de la côte de l’homme (pas dans le sens physique). Cette côte signifie « vivre en communauté », être dépendants l’un de l’autre, et partager les responsabilités, et tout ce qui est commun (le corps comme le coeur).

Adam assume dès le début un message prophétique pour la vie de famille (II, v.24) et pour le style de vie (v.25) car la nudité et la pudeur ne représentaient rien de spécial puisque le couple vivait un temps d’exploration comme des enfants, sans arrière-pensée, sans barrières, sans calculs …

(A suivre)

Notes :

(1) Cf. Épître aux Éphésiens

(2) Cf. Épître aux Romains

(3) Cf. 1ère Épître de Pierre

(4) Différents théologiens ont essayé de préciser les caractéristiques géographiques de l’Eden. Sans y mettre une importance capitale, on remarque surtout qu’il ne s’agissait pas d’un jardin au cadre limité.

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