La série biblique de l’été : Lecture suivie du livre de la Genèse (1)

Une lecture suivie de la Genèse à partager, pour ne pas rester seul avec sa Bible et son café (Source : Rawpixel)

Chères lectrices et chers lecteurs, chers abonnés, comme annoncé le 03 juillet, voici notre nouvelle série biblique de l’été à paraître chaque semaine sur Pep’s café ! le blogue : une lecture suivie du livre de la Genèse, proposée et élaborée de janvier 2019 à juin 2021 par mon ami et frère Louis-Michel, pasteur.

Je le remercie chaleureusement pour son initiative et vous souhaite une bonne lecture édifiante. Si ce n’est pas encore le cas, ne manquez pas de vous abonner gratuitement pour ne rien manquer à chaque parution.

AVANT DE COMMENCER LA LECTURE

Remarque 1 : On peut lire le Livre de la Genèse comme un exposé des origines de l’humanité ou comme un récit de vie d’hommes et de femmes dans l’accomplissement de leur destinée. Mais on peut aussi le lire comme une exploration du coeur de Dieu.

Remarque 2 : La Genèse est le premier livre du Pentateuque, recueil probablement rédigé sous l’autorité de Moïse. Le mot Genèse signifie Commencement (d’un processus). Ce qui est raconté a été vécu entre 6000 ans et 1800 ans avant Jésus-Christ. On a donc une vue partielle mais harmonieuse des événements des premiers temps.

Remarque 3 : De Genèse 1 : 1 à 2 : 3, certains commentateurs, comme André Chouraqui, pensent qu’il s’agit d’un poème sur la Création. Selon les règles de la poésie orientale, on peut acquiescer.

Mais je note que nous avons quand même à faire à un récit dans le poème. D’ailleurs, ce récit s’apparente au genre du conte par ses premiers mots « au commencement ». Quelques autres parlent de légende (rien ne le démontre dans le texte).

Remarque 4 : Avec Francis A. Schaeffer (1), j’apprécie particulièrement le Psaume 136, qu’il voit comme « toile de fond » du récit des onze premiers chapitres. Ce psaume présente de façon magnifique la personne du Créateur (plus important que la création elle-même). Paul avertit les chrétiens de Rome qu’ils ne doivent pas idolâtrer la créature (au ch.1), car c’est le fait de « rendre grâce » à Dieu qui nous aide à garder la foi.

Remarque 5 : Il convient de recommander la lecture du Livre de la Genèse à toutes les personnes qui veulent connaître et comprendre l’histoire de l’Humanité, celle du peuple d’Israël, et celle du Christianisme. Au-delà de la religion chrétienne, l’essentiel, pour un être humain, est de découvrir celui qui se nomme JE SUIS (c’est-à-dire l’ETERNEL ou DIEU D’ÉTERNITÉ) et qui se présente au monde à travers la personne de Jésus, unique médiateur entre le Créateur et les humains (2).

1 : 1

Au commencement : « Commencement » (Bereschith) désigne le commencement absolu, le commencement du temps, mais ne signifie en aucun cas le commencement de Dieu (v.1a).

Dieu créa les cieux et la terre : « Dieu » (Elohim) pluriel de Eloah qu’on trouve dans des passages poétiques (Job, Psaumes, Deutéronome, Néhémie, etc.) … (v.1b). Le mot « créa » est complexe. C’est le Dieu Tri-Un (trinitaire) qui crée. Son ouvrage (poème) de création parle à travers le mot « Bara » (pour « créa ») de « tailler » ou de « façonner ». Il s’agit de « créer » la matière puis d’en faire quelque chose qui ait du sens (le chaos n’est pas éternel mais passager – voir verset 2). Les « cieux » révèle une étendue en plusieurs couches (1 Rois 8 / 2 Corinthiens 12), et la « terre » le globe sur lequel nous vivons. Ainsi l’auteur (probablement Moïse) désigne la création de façon globale comme s’il regardait d’en-haut, puis amène son lecteur vers un lieu plus accessible, notre lieu de vie. Mais l’ensemble est « un », indissociable, oeuvre d’une même main.

1 : 2 à 3: 2

Et la terre était déserte et vide … La terre est le sujet qui intéresse l’auteur. Le reste de l’univers n’a pas la même importance. Ce qu’il faut comprendre : quelle est la pensée de Dieu pour la terre ? Même les cieux sont toujours cités en rapport avec la terre. L’homme veut comprendre les « cieux » et l’univers alors qu’il ne comprend pas le sens même de l’existence de la terre !!! (v.2a). Le Tohou vabohou (hébreu) signifie le « désert vide ». Le mot « désert » veut dire « une terre ou une ville dévastée » alors que le mot « vide » révèle un lieu sans êtres vivants (v.2b). N’est-ce pas l’état du coeur de l’homme lorsque Jésus-Christ est absent ?

Les ténèbres couvraient l’abîme et l’Esprit de Dieu reposait sur les eaux : Les

« ténèbres » sont la nuit d’où la lumière jaillira par l’Esprit de Dieu. L’abîme signifie une immensité profonde (pour rejoindre le mot « eaux »). L’Esprit de Dieu « repose » ou « plane » comme un courant dans l’air. Le mot « esprit » est « rouach » (souffle / vent). Le sens précis du verbe « reposer » dégage d’une part l’idée d’incubation et d’autre part l’idée de mouvement de l’aigle qui protège ses petits ou de la colombe qui descend sur Jésus (v. 2c).

Nous avons donc ici deux principes fondamentaux posés par l’auteur de la Genèse : a) La matière (l’abîme), et b) La puissance de vie (l’Esprit). Voici une proposition(3) de poème pour ce passage :

Au commencement,

Dieu était déjà là.

Il a commencé à façonner l’univers.

Dieu était présent et permanent,

Il a formé la terre.

Au début, la terre était comme un désert sans vie,

Un lieu désolé,

Mais l’Esprit de Dieu s’est alors déplacé,

Au-dessus de la matière créée,

Ainsi, la vie a jailli.

Dieu était déjà là,

Il parla alors.

Il fit le soir, il fit l’aurore,

Ce fut le premier jour… (et ainsi de suite jusqu’au début du chapitre 3).

Et Dieu dit : Ce qui est créé vient d’un acte volontaire et non de l’émanation d’une pensée humaine (v.3a). On pense au Psaume 33.

« Que la lumière soit » et la lumière fut : Il ne s’agit pas du soleil qui apparait au quatrième jour mais d’une lumière diffuse qui prépare le reste de l’oeuvre. Ici, la volonté de Dieu s’accorde avec la démonstration de vie. Il en va de même avec l’ouvrage d’un artisan (exemple : un sculpteur désire tailler un cheval dans un morceau de bois – que le cheval soit- et réalise concrètement l’animal – et le cheval fut – (v.3b). On peut dire encore que s’il n’y a pas de volonté, il ne peut y avoir de création concrète. On resterait alors dans le « désert vide » du verset 2.

Et Dieu vit que la lumière était bonne : Bienfaisante, protectrice, productrice. C’est le jour (v.4a, 5a). Ce que Dieu voit (constate) est en rapport avec ce qu’il a pensé.

Et Dieu sépara la lumière et les ténèbres : Les ténèbres ici ne sont pas d’ordre spirituel, mais il s’agit d’un ordre naturel, une alternance nécessaire au maintien de la vie. Une leçon aussi : Dieu ne mélange pas lumière et ténèbres car chaque temps possède ses qualités. Dieu a fait les choses avec ordre. En Lui et de Lui il n’y a aucun chaos. Les ténèbres désignent la nuit (v.4b, 5b).

… Et il y eut un soir et il y eut un matin : La guerre est déclarée ! Etait-ce 24h ? Une période plus longue ? Godet pense à une période indéfinie qui représenterait le travail divin alors que le travail humain commencerait plutôt le matin. Stott parle de 24h. Chacun a ses arguments. Les juifs pensaient plutôt par période de temps représentant une action (v.5c).

Par exemple, la semaine pourrait signifier plusieurs semaines (7 ou 70) … Le livre de Daniel parle des « semaines d’années ». Il faut se rappeler qu’en hébreu la symbolique est très utilisée, et son impact bien plus grand que pour nous occidentaux. La logique existe mais elle est différente.

Ce fut un jour : On peut lire « le premier jour » (v.5d). Ne jamais oublier qu’il s’agit du temps de Dieu. Pourquoi l’homme cherche-t-il toujours à mettre Dieu dans sa notion du temps ?

(A suivre la semaine prochaine)

Notes :

(1) Francis A. Schaeffer : philosophe contemporain (1912-1984).

(2) 1 Timothée 2 : 5.

(3) Ce que l’on remarque ici, c’est d’abord l’effet de répétition qu’on retrouve dans toutes les poésies hébraïques. Une autre technique : On nomme la chose puis ce qu’elle produit (principe merveilleux de la vie).

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