Covid-19 : ouverture de la vaccination à tous les adultes, comment ça marche ?

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À compter de ce mercredi 12 mai, les conditions d’accès aux vaccins sont plus « souples » : toute personne majeure volontaire peut se faire vacciner s’il reste des créneaux de libre. Nextinpact, le site d’actualités informatique et numérique au quotidien, nous explique comment ça se passe et les vaccins administrables en fonction de notre âge (et de notre condition physique).

En France, la campagne de vaccination contre la Covid-19 est ouverte depuis peu à toutes les personnes de plus de 50 ans, mais aussi aux majeurs répondant à certains critères : situation de handicap, indice de masse corporelle supérieur à 30, une ou plusieurs comorbidités, hospitalisation, etc. Les conditions sont détaillées sur cette page.

Dès mercredi 12 mai, la campagne s’ouvre à toutes les personnes majeures, quelle que soit leur condition physique, pour ne plus perdre de créneaux tout en laissant donc la priorité aux personnes les plus vulnérables. Pour cela, il faut « prendre rendez-vous pour se faire vacciner si des doses de vaccin sont disponibles la veille pour le lendemain ». 

La vaccination peut être faite dans un centre dédié, chez un médecin traitant ou le médecin du travail, en pharmacie, dans un cabinet infirmer, à domicile, etc. Pour cette ouverture à toutes les personnes majeures, les créneaux sont pour le moment limités aux centres de vaccination et pharmacies.

Sur son site Santé.fr, le service public d’information en santé permet d’avoir la liste des lieux de vaccination Covid-19 département par département et les créneaux disponibles pour les jours à venir. Attention par contre à un point : la date indiquée correspond parfois à un créneau uniquement pour une seconde injection ou pour certaines catégories de personnes, il faudra donc bien vérifier sur la plateforme avant de prendre rendez-vous.

Pour afficher ces informations, Santé.fr s’appuie sur les données du service Vite ma dose de CovidTracker, une plateforme disponible en open source, gratuite, sans inscription et sans publicité. Ce n’est pas un outil officiel, mais plutôt pratique et bien pensé. C’est ce qui explique qu’il soit régulièrement mis en avant par des officiels, dont le président de la République. 

Attention : depuis quelques jours, un faux site exploite le nom de Vitemadose avec un domaine en .fr/.com, dont on ne connait pas l’origine pour le moment. La bonne URL est vitemadose.covidtracker.fr.

En savoir plus sur la démarche et sur les vaccins injectés, avec leur taux d’efficacité, méthode de conservation, nombre d’injections, sur le site de Nextinpact.

Un Géant renvoyé à ses responsabilités

« On t’a fait connaître », ô média, »ce qui est bien » (Michée 6v8). Source : Découvert sur le compte twitter de Gilles Boucomont(3 mai 2017)

Il n’y a pas que les chômeurs, les pauvres ou les précaires qui doivent être « plus responsables ». Les Géants aussi. Les « Géants du Net », s’entend.

L’un d’eux, Facebook, se voit renvoyé à ses responsabilités par son propre conseil de surveillance (« Oversight Board »), créé par ses soins en mai 2020, et qu’il a lui-même saisi pour se prononcer au sujet de la suspension du compte de l’ancien président américain Donald Trump le 6 janvier 2021, peine prolongée « indéfiniment » depuis le 7 janvier, suite à ses messages publiés lors de l’irruption de manifestants pro-Trump au sein du Capitole à Washington.

Voir notre analyse publiée à l’époque sur Pep’s café! le blogue.

L’information vous a peut-être échappée, mais ce conseil de surveillance, sorte de « Cour suprême » chargée de statuer en dernier recours sur la modération des contenus, a confirmé mercredi 05/05 la suspension de Donald Trump (1) : « Compte tenu de la gravité des violations et du risque de violence persistant, la décision de Facebook de suspendre les comptes de M. Trump le 6 janvier et de prolonger cette suspension le 7 janvier était justifiée ». En appelant ses supporters à rentrer chez eux tout en parlant « d’élection volée » dans une vidéo diffusée plusieurs heures après le début de l’attaque, puis en les qualifiant de « grands patriotes » et en leur disant « We love you, you’re very special », l’ancien président américain a en effet « encouragé et légitimé la violence ; une suspension était nécessaire pour préserver la sécurité publique », écrivent les sages.

Cependant, le compte Facebook de l’ex-président des Etats-Unis n’a pas été suspendu indéfiniment, bien au contraire : l’oversight board a donné six mois à Facebook pour réexaminer la sanction infligée, qu’il estime « arbitraire » et « non conforme » avec la politique habituelle de facebook en la matière : selon les sages, « il n’était pas approprié que Facebook impose une suspension indéfinie », pas plus qu’il n’est permis « à Facebook de laisser un utilisateur hors de sa plateforme pendant une période indéfinie, sans aucun critère afin de savoir si, ou quand, le compte sera restauré », concluant par ce tacle au passage : « en appliquant une sanction vague et hors cadre, puis en renvoyant cette affaire au Conseil pour la résoudre, Facebook cherche à se soustraire à ses responsabilités ». 

Ainsi, « dans les six mois suivant cette décision, Facebook doit réexaminer la sanction arbitraire qu’il a infligée le 7 janvier et décider de la sanction appropriée ». 

Ce qui ne veut pas dire que Facebook doit réactiver le compte de M. Trump. Soit Facebook maintient la sanction, en la limitant dans le temps, mais en la justifiant avec d’autres raisons que celles données le 7 janvier. Soit Facebook réactive le compte de Donald Trump, mais en posant des règles claires pour l’avenir. A moins que la décision finale ne soit l’éviction pure et simple de Donald Trump, en effaçant son compte.

Dans le communiqué, il est également précisé qu’une part minoritaire du Conseil « a souligné que Facebook devrait prendre des mesures pour empêcher la répétition » de tels actes « et s’assurer que les utilisateurs qui demandent une réintégration après une suspension reconnaissent leurs actes répréhensibles et s’engagent à observer les règles à l’avenir ».

Si la décision sur Donald Trump est contraignante, le conseil a également adressé ses recommandations à Facebook. Notamment de procéder à une « évaluation complète de ses potentielles contributions au fil narratif de la soi-disant fraude électorale et dans l’exacerbation des tensions qui ont culminé dans les violences du 6 janvier ». Facebook a notamment laissé les groupes « Stop the steal » pulluler et Donald Trump donner rendez-vous à ses supporteurs en leur promettant que ça serait « wild » («fou »).

Enfin, le conseil de surveillance ne recommande pas de modérer les comptes des chefs d’Etats avec des règles différentes. Mais « les utilisateurs influents suivis par de larges audiences peuvent contribuer davantage au risque de violence », estime le rapport. Et ledit rapport note que Donald Trump a dérapé à plusieurs reprises sans être sanctionné, notamment lors des manifestations anti-racistes, en écrivant « quand les pillages commencent, les tirs commencent ». En cas de danger imminent, Facebook doit suspendre un compte, et en cas de récidive, ne pas hésiter « à effacer une page ».

Dans tous les cas, Facebook a du pain sur la planche. Le géant, qui a sous-estimé (à l’instar des autres géants du net) l’impact de la désinformation et des fausses nouvelles, largement diffusées via ses canaux depuis des années, sans penser aux conséquences dans la vie réelle (jusqu’à l’insurrection au Capitole du 6 janvier), se retrouve maintenant face à ses responsabilités.

Et quant à savoir s’il convient « d’applaudir » un coup d’arrêt à une prétention de « toute puissance », ou de juger « scandaleux » ou « dérangeant » de voir Facebook et Twitter « censurer la parole » d’un puissant (un chef d’Etat en exercice, en l’occurrence le Président des Etats-Unis en pleine élection présidentielle), allant jusqu’à suspendre de manière définitive tous ses comptes de réseaux @sociaux, lire notre analyse publiée sur notre blogue.

Note :

(1) Voir les différents articles écrits sur cette décision :

Facebook : La suspension de Donald Trump confirmée par le conseil de surveillance du réseau social (20minutes.fr)

Facebook : le Conseil de surveillance confirme le bannissement de Donald Trump, mais…

Bannissement de Donald Trump : « Facebook cherche à échapper à ses responsabilités »https://www.lemonde.fr/pixels/article/2021/05/05/donald-trump-reste-banni-de-facebook-et-instagram-mais-son-cas-sera-reexamine_6079229_4408996.html