Le Défi biblique de l’été : Lamentations, par Louis-Michel

Louis-Michel, que je remercie pour son texte et pour avoir relevé de nombreux défis bibliques, nous présente les Lamentations.

[Lamentations of Jeremiah de Tallis, interprété par le Deller consort, sous la direction d’Alfred Deller]

Le livre :

Nous n’avons pas le nom de l’auteur, mais la traduction des Septante (grec)  l’attribue à Jérémie, ce qui semble logique. Ce texte est composé de cinq chants sur la destruction de Jérusalem. On reconnait le style de Jérémie. Luther donne pour titre à ce livre  « Klagelieder » (les chants funèbres). Les Lamentations font partie d’un ensemble nommé « Meguilloth », ce qui signifie « Les Cinq Rouleaux ». On les lisait lors des fêtes.

Ce livre exprime la douleur intense du prophète face à la destruction de Jérusalem. Il reconnait que les jugements de Dieu sont justes et qu’ils ouvrent un temps nouveau rempli de la miséricorde divine (2 Cor. 7:10).

Les défis :

Pour moi, ils suivent l’ordre des chants :

  • Reconnaître la justice de Dieu sur moi (ch.1)
  • Savoir regarder en face la réalité qui est désastreuse (ch.2)
  • Espérer dans la victoire possible au sein des épreuves (ch.3)
  • Croire au pardon de Dieu (expiation faite par Jésus-Christ – ch.4)
  • Crier à Dieu afin qu’il m’accorde Sa grâce (ch.5)

L’impression :

L’impression générale de ces « lamentations » sur mon âme est celle d’une souffrance indicible devenant insupportable.

En lisant le livre, je pense à l’apôtre Paul qui disait : « Là où le péché a abondé, la grâce surabonde ». Ce sont des chants tellement tristes mais en même temps porteurs d’espérance !

Le verset :

« Fais-nous revenir à toi, ô Eternel ! Ainsi nous reviendrons à toi. Renouvelle pour nous les temps anciens » (Lamentations 5:21).

Questions :

Parfois, la réalité est si dure, qu’on peut en venir à des sentiments de révolte ou de désespoir. Face à la mort ou à la maladie, n’est-ce pas ce que nous ressentons ? Nous sommes totalement démunis et impuissants… Pourtant, n’est-il pas possible à Dieu de nous redonner la joie de Son espérance ?

 

Le Défi biblique de l’été : Jérémie, par Nicolas

Un livre qui nous met au défi de répondre quand « Dieu a parlé » : ici, Dieu a parlé à Jérémie par cette Parole semblable à « un feu, un marteau qui brise le roc » (Source image : Le feu par Petr Kratochvil)

Nicolas, que je remercie pour son texte et pour avoir relevé le défi biblique, nous présente le livre de Jérémie, le prophète solitaire malgré lui, d’une solitude imposée par la Parole de Dieu.

 

Quel est ce livre ?

Un film, qui n’a rien à voir (ou presque) avec le livre dont il est question, a plagié son titre.

Ce livre est celui d’un prophète appelé très jeune par Dieu pour transmettre un message franchement impopulaire au peuple infidèle. Pendant 40 ans, Jérémie n’aura de cesse, sans succès, d’appeler le peuple à la repentance, et de l’avertir du jugement qui le menace s’il ne revient pas à Dieu : la destruction de Jérusalem et du temple, avec la déportation à Babylone.

Voir notamment cette scène stupéfiante en Jér.7v1-7, où Dieu ordonne à Jérémie de se tenir à la porte de Sa propre Maison (« la Maison du SEIGNEUR ») pour y clamer cette parole à tous ceux qui y entrent pour se prosterner devant le SEIGNEUR – non pas « Dieu vous aime », « vous êtes une race choisie », « nous allons de gloire en gloire », « Dieu est bon », etc…mais plutôt : « Ainsi parle le SEIGNEUR de l’univers, le Dieu d’Israël : Améliorez votre conduite, votre manière d’agir, pour que je puisse habiter avec vous en ce lieu. Ne vous bercez pas de paroles illusoires en répétant « Palais du SEIGNEUR ! Palais du SEIGNEUR ! Palais du SEIGNEUR ! Il est ici. » Mais plutôt amendez sérieusement votre conduite, votre manière d’agir, en défendant activement le droit dans la vie sociale ; n’exploitez pas l’immigré, l’orphelin et la veuve ; ne répandez pas du sang innocent en ce lieu ; ne courez pas, pour votre malheur, après d’autres dieux ; je pourrai alors habiter avec vous en ce lieu, dans le pays que j’ai donné à vos pères depuis toujours et pour toujours ».

Pourquoi sa lecture est-elle un défi pour moi ?

Parce qu’il s’agit d’un livre très long – l’un des plus longs de la Bible – parfois ardu à lire et difficile à suivre, du fait de son caractère désordonné et confus.

Parce que cette lecture me met au défi d’éprouver et de discerner la parole authentique de Dieu, particulièrement à notre époque où semblent fleurir toutes sortes de paroles d’hommes, se revendiquant d’une certaine autorité divine, en mode « ainsi dit l’Eternel » ou « Dieu m’a dit ».

Et parce que je suis mis au défi de répondre quand « Dieu a parlé » : ici, Dieu a parlé à Jérémie par cette Parole semblable à « un feu, un marteau qui brise le roc » (Jer.23v29 ; 20v9) et qui le fait « trembler comme un homme ivre » (23v9).

Qu’est-ce qui m’a bousculé/interpellé/impressionné ?

Jérémie, c’est le prophète seul contre tous (y compris même les membres de sa propre famille), qui se distingue malgré lui, et lié au destin tragique de son peuple qu’il aime. Il finit sa vie en exil en Egypte où il a été entraîné par le peuple, sans jamais renoncer à être fidèle à Dieu.

De là ce critère d’appréciation de Dieu, qui n’est heureusement pas le nôtre, de l’authenticité d’une vocation prophétique : non pas le rendement ou la réussite du ministère (car à vue humaine, Jérémie « a échoué » et d’un point de vue social, Jérémie reste celui « qui reste à l’écart »), mais plutôt la fidélité, à l’instar de ce Seigneur dans une parabole racontée par Jésus : « c’est bien, bon et fidèle serviteur…viens te réjouir avec ton maître » (Matt.25v21 et ss)

Et le fait que le Seigneur veille à la fois sur Sa Parole pour l’accomplir et sur son prophète, qu’il appelle et équipe pour sa mission (Jer.1v1-11, 17-19)

Le verset qui m’inspire

« J’entends ce que disent les prophètes qui prophétisent faussement en mon nom en disant : « J’ai eu un songe ! J’ai eu un songe ! » Jusques à quand ! Y a-t-il quelque chose dans la tête de ces prophètes qui prophétisent faussement ? Ce ne sont que prophètes aux trouvailles fantaisistes ! Avec leurs songes qu’ils se racontent mutuellement, ils pensent faire oublier mon nom à mon peuple, comme leurs pères avec leur Baal ont oublié mon nom. Que le prophète qui a un songe raconte son songe, mais que celui qui a ma parole proclame exactement ma parole ! Qu’y a-t-il de commun entre la paille et le froment ?
– oracle du SEIGNEUR. Ma parole ne ressemble-t-elle pas à ceci : à un feu – oracle du SEIGNEUR –, à un marteau qui pulvérise le roc ? » (Jer.23v25-29)

Et aussi celui-ci, pour les fins gourmets : « Dès que je trouvais tes paroles, je les dévorais. Ta parole m’a réjoui, m’a rendu profondément heureux ». (Jer.15v16)