Le Défi biblique de l’été : Esaïe, par Etienne

Esaïe, un prophète qui a du style (source image : public domain picture)

Etienne, que je remercie pour son texte et pour avoir relevé un triple défi biblique, nous présente le livre du prophète Esaïe, souvent considéré comme « un cinquième Evangile ».

 

Quel est ce livre ?

Esaïe est un prophète de haute lignée qui a été actif sous l’un des derniers bons rois de Juda: Ezéchias. Et pourtant, au milieu de cet âge d’argent d’Israël, il prédit déjà que la désobéissance d’Israël dépasse les bornes, et que les malédictions du Deutéronome sont sur le point de s’accomplir. Mais dans la foulée, il annonce aussi qu’Israël reviendra dans sa terre, et qu’il viendra « Mon Serviteur » qui sera puni pour les fautes d’Israël et qui amènera non seulement Israël, mais toutes les nations du monde au Seigneur.

Qu’est-ce qui m’a bousculé/interpellé/impressionné dans cette lecture ?

La pure beauté des mots et du style. Esaïe n’est pas un berger comme Amos, son style d’expression est très soigné et très en pointe. C’est un véritable sommet de la poésie hébraïque, et il y a toujours des nouvelles choses à découvrir dans Esaïe, comme dans les psaumes d’ailleurs. On ne peut pas s’ennuyer en lisant de si beaux textes. Par ailleurs, c’est un des livres les plus clairement messianiques de l’Ancien Testament, et à moins d’être dispensationnaliste(1), on ne peut pas rater les références à Jésus.

Le verset de ce livre qui m’inspire

Tout le chapitre 6. La vision qu’Esaïe a du Seigneur est tellement différente que tout ce que l’on peut s’imaginer, même encore aujourd’hui. Nous imaginons les anges comme des bonhommes ailés, voici des créatures terrifiantes rayonnante d’une effroyable puissance. Nous imaginons Jésus comme un basileus illuminé, voici que l’on ne voit que les pans de sa robe, tellement immense qu’elle remplit le temple, mais que sa face est trop pure pour être vue. Nous imaginons que nous serons heureux face à Jésus, Esaïe manque de mourir de terreur. Et il en ressort tellement transformé que même sa façon de nommer Dieu change. Il passe des appellations classiques à une appellation qui lui est particulière: « Le Saint d’Israël ». C’est ce Dieu là que je veux prier.

 

 

 

Note :

(1) Dispensationnalisme : système théologique, selon lequel l’histoire est divisée en époques (ou « dispensations ») successives, chacune caractérisée par une façon particulière d’agir de Dieu envers les humains. Ce système enseigne une distinction rigoureuse entre Israël et l’Eglise.