Le Défi biblique de l’été : Ézéchiel, par Etienne

Ezechiel :  un prêtre bien éduqué, mais ce qui marque le plus, c’est son style….(Source image : public domain pictures)

Etienne, que je remercie pour son texte et pour avoir relevé, outre deux défis, celui-ci en plus, nous présente sa version décapante du livre du prophète Ézéchiel. A lire en complément du texte de Joël publié ce même jour.

 

Quel est ce livre ?

Ezéchiel est un prophète du temps de l’exil, qui a fait partie de la première vague d’exilés, contemporain de Jérémie. Pour situer : Babylone a commencé par vassaliser Israël, et déporté à cette occasion une partie de l’élite du pays. Joiakin a été déposé et emmené en prison, et son frère Sédécias a été installé par le roi de Babylone. Pendant quelques années, Israël est ainsi vassal de Babylone, jusqu’à ce que Sédécias se révolte stupidement contre Babylone, contre l’avis de Jérémie. Il en suit la destruction de Jérusalem, l’emprisonnement de Sédécias et la mort de ses fils (qui ne devait pas être âgés de plus de douze ans).

Ezéchiel écrit pendant cette période intermédiaire, pour offrir une ultime chance de repentance à la communauté juive. C’est un prêtre bien éduqué, mais ce qui marque le plus, c’est son style.

Qu’est-ce qui m’a bousculé/interpellé/impressionné dans cette lecture ?

Le style d’Ezéchiel est le plus « graphique » de la Bible. C’est le prophète qui utilise le plus de « gestes prophétiques » qui fonctionnent comme des paraboles. Il est aussi « graphique » dans le sens où il ne mâche pas du tout ses mots (c’est le seul auteur à parler des Egyptiens à « gros organe »). C’est un langage qui est fait pour frapper, dérouter, donner une claque en plein visage. On ne lit pas Ezéchiel de façon analytique. On l’expérimente. Pourtant, ce n’est pas du langage apocalyptique, avec un lourd symbolisme volontairement obscur. Ce sont des tableaux convertis en textes. Pour ces raisons, la lecture d’Ezéchiel (« Dieu fortifie ») est toujours une expérience dépaysante.

Le verset de ce livre qui m’inspire
 » Tu t’es prostituée avec les Égyptiens, tes voisins au membre énorme » (Ezéchiel 16.26). De manière générale, tout le chapitre 16 est extrêmement violent à lire. Le Seigneur traite basiquement Israël de -excusez moi le terme- p***. Sauf que contrairement à moi, il ne met pas de pincettes. Je suis toujours dérouté par la vigueur de ces mots. C’est le genre de chapitre qui me fait dire que je ne maîtrise pas la Bible, et que j’ai envie de la relire ensuite.

 

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