Le Défi biblique de l’été : La Genèse, par Laurent

La Genèse : un livre plein d’espérance pour des « résident aliens », des exilés « en terre étrangers » (Source image : première de couverture du livre de Hauerwas/Willimon, « Etrangers dans la cité »)

Laurent, que je remercie pour son texte et pour avoir relevé joyeusement un double défi biblique, commence par nous présenter le livre des commencements : la Genèse.

 

Quel est ce livre ?

Dieu fait des promesses à Adam et Eve, aux descendants de Seth, Noé, aux descendants de Sem, Abraham, Isaac, et Jacob. Mais le suspense, c’est qu’ils ne les verront pas s’accomplir véritablement dans leurs vies, mais seulement après leur mort. Ils doivent donc vivre par la foi, placer leur confiance en Dieu, en exil dans un monde hostile à Dieu en attendant leur arrivée dans la cité de Dieu. Parce que malgré tous ces obstacles auxquels ils font face (femmes stériles, rois kidnappeurs de femmes, tromperie, divisions familiales), Dieu fait avancer l’accomplissement de ses promesses. En particulier, le péché ne peut pas l’empêcher d’accomplir son plan. Plein de grâce, il pardonne et corrige son peuple avec amour.

C’est de cette manière que Genèse encourageait ses premiers destinataires (les Juifs exilés à Babylone) à garder l’espérance que Dieu accomplira bien ses promesses. Nous aussi, gardons une ferme assurance que Dieu sera fidèle à ses promesses lors de notre exil dans un monde hostile et pécheur.

Pourquoi sa lecture représente-t-elle un défi pour moi ?

Le début de ce livre soulève beaucoup de questions profondes sur des sujets en lien avec la science : la durée des 6 jours de la création, la mort avant la chute etc… Pour la partie sur les patriarches, j’ai été perturbé que tous n’étaient pas d’accord pour savoir si Jacob connaissait déjà Dieu avant sa rencontre à Péniel (Genèse 32). En fait, rien dans le texte ne nous dit que Jacob a mal agi, ni le Nouveau Testament. Pour sa tromperie avec Isaac, peut-être qu’il avait avec Rébecca une bonne intention car c’était les promesses de Dieu qui étaient en péril. Isaac voulait bénir un fils alors que Dieu avait choisi l’autre…

Qu’est-ce qui m’a bousculé/interpellé/impressionné dans cette lecture ?

L’incroyable actualité du message pour nous chrétiens d’aujourd’hui qui vivons définitivement dans un monde hostile et marqué par la souffrance et la banalité du péché, des idoles. Sexe, divertissements à n’en plus finir, l’argent, le matérialisme, la prétention à la divinité (transhumanisme etc)… Comme Abraham, nous ne nous sentons vraiment pas à l’aise dans ce monde impie et éphémère. Comme les patriarches : « C’est dans la foi qu’ils sont tous morts, sans avoir obtenu les choses promises; mais ils les ont vues et saluées de loin, reconnaissant qu’ils étaient étrangers et voyageurs sur la terre. Ceux qui parlent ainsi montrent qu’ils cherchent une patrie. S’ils avaient eu en vue celle d’où ils étaient sortis, ils auraient eu le temps d’y retourner. Mais maintenant ils en désirent une meilleure, c’est-à-dire une céleste. C’est pourquoi Dieu n’a pas honte d’être appelé leur Dieu, car il leur a préparé une cité. » (Hébreux 11.13-16)

Le verset (de ce livre) qui m’inspire : Genèse 12.1-3 : « L’Éternel dit à Abram: Va-t-en de ton pays, de ta patrie, et de la maison de ton père, dans le pays que je te montrerai. Je ferai de toi une grande nation, et je te bénirai; je rendrai ton nom grand, et tu seras une source de bénédiction. Je bénirai ceux qui te béniront, et je maudirai ceux qui te maudiront; et toutes les familles de la terre seront bénies en toi. »