Ré-ouvrir les églises : quelles pistes ?

Dans la perspective du déconfinement, pour se rassembler à nouveau ( Source : Pixabay)

Certains responsables d’Eglises ont réfléchi à plusieurs mesures pratiques – mais contraignantes – de réouverture des églises au public, pour des rassemblements respectueux des mesures sanitaires. Parmi les pistes préconisées, en attendant les prochaines consignes de déconfinement :

Doubler la distanciation sociale, laquelle doit être égale à deux mètres, ce qui signifie garder en gros une place sur quatre dans nos églises, en rendant visible ce qui est accessible…….

Multiplier les cultes. Entre deux célébrations dans la même journée, on prendra le temps de nettoyer l’église.

Veiller à un plan de circulation dans l’église pour éviter que les gens ne se croisent.

Ne pas oublier les gestes barrière : lavage des mains du célébrant avant de distribuer les espèces de la Sainte-Cène, pas de baiser de paix…..Attendre trois jours avant de compter les offrandes ou le faire avec des gants.

Renforcement des équipes existantes : accueil, ménage (avec tenue ad-hoc)…..

En fin de culte, lors des annonces, mise en valeur des lieux de soutien (de tous ordres) qui permettront au plus grand nombre de trouver réconfort et aide dans ces temps difficiles, sans oublier ceux et celles qui ne seraient pas venus.

 

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Est-il judicieux de prier pour « les nations » ?  

Surtout ne cessons pas de prier. De prier pour ceux qui habitent en France.

Il est courant, dans la plupart des milieux chrétiens, d’appeler à « prier pour les nations ». Est-ce pertinent ? (1)

En réalité, sur ce type d’initiative, certes louable, se fonde une erreur théologique due au passage du texte biblique de l’hébreu > grec > français.
En effet, sachant que c’est depuis le 16ème siècle que le mot « nation » est devenu un référentiel politique, les « nations » en hébreu et en grec ne sont pas les Etats nationaux ou « les pays », mais plutôt les peuples non-Juifs, les goyim ou « ta ethnè » (« ethnies »).

Quand Dieu bénit les « nations », cela signifie qu’il bénit les non-Juifs aujourd’hui, de la même façon qu’il a béni les Juifs.


De fait, quand nous prions pour « Israël », (normalement) ce n’est pas l’Israël politique refondé en 1948, mais bien pour le peuple d’Israël, répandu parmi les nations.
Quant à prier pour « La France », c’est un peu étonnant, puisque la France est multiforme, ayant tellement évolué au travers des siècles. La France, c’est avant tout des gens qui habitent en France, surtout à l’heure de l’hypermondialisation. D’ailleurs, vous en connaissez beaucoup, de gens dans votre église locale dont les huit arrière-grands-parents étaient « des vrais français » ?
Bref, cette vision théologique « post-Yalta » (du nom de la conférence qui a découpé le monde après la guerre) est en réalité anachronique, lorsque elle donne un sens « d’aujourd’hui » à un terme ou un concept biblique, qui n’a pas ce sens-là.

 

Ceci dit, il serait dommage d’en conclure d’arrêter de prier ou d’intercéder. En clair, prions pour les personnes ou les groupes de personnes, et non pour des constructions culturelles/idéologiques et politiques qui n’existaient pas au temps du Christ et qui n’existeront plus à la fin des temps !

 

 

Note :

(1) Telle est la question posée sur le site « 1001 questions »