Ma Quête, de Josef Ben-Eliezer

Un encouragement à chercher et à trouver « au bon endroit »

Ce petit livre est « à l’honneur » sur le site de la librairie Jean Calvin, de Paris. C’est ce qui m’a d’abord intrigué. Une discussion avec l’un des libraires – passionné par l’ouvrage – a fini par me convaincre de l’intérêt historique et existentiel de cette « quête » de Josef Ben-Eliezer (1929-2013).

Diogène cherchait un homme. Josef, lui, cherchait « la fraternité (…) une réponse à la souffrance de l’humanité ». Il la cherchait même « ardemment », prêt à donner sa vie pour une telle cause : « J’ai un grand désir d’éprouver une fois dans ma vie, dans mon cœur, la réponse à la souffrance la plus profond de l’humanité. Quand bien même je ne vivrais la réponse à cette question qu’un bref instant, cela me suffirait. » (Ma quête, p 108)

« Né en juillet 1929 à Francfort, en Allemagne,  de parents Juifs d’Europe orientale, arrivés quelques années plus tôt de Pologne » (op. cit., p 1), Josef grandit dans un environnement sécurisé. Bientôt, il fut le témoin de l’assaut de la Pologne par l’armée hitlérienne et chercha refuge en Union Soviétique pour être finalement exilé en Sibérie, avec sa famille. Echappant tout juste à la mort de famine et maladies, il fit son chemin en traversant l’Asie du Sud et arriva enfin dans l’Etat d’Israël.  Après l’horreur de l’Holocauste, il était absolument déterminé à se battre pour l’indépendance de sa nouvelle patrie. Mais en tant que soldat, l’inhumanité de la guerre continuait à le poursuivre ainsi que la question suivante : « Pourquoi est-ce que les hommes et les femmes ne peuvent pas vivre ensemble dans la paix ? » Sa soif de justice le conduit à fréquenter divers groupes marxistes. Il trouvera finalement les réponses à ses questions dans un contexte inattendu……

Un témoignage aux allures de roman d’aventure, sauf qu’il s’agit du récit authentique d’une quête de toute une vie : une quête de justice, (de fraternité) et de paix, toujours essentielle et encore d’actualité. Car sans justice, pas de paix.

Court et percutant, accessible dès l’adolescence, ce récit est un encouragement pour chacun à chercher et à persévérer dans sa propre « quête » existentielle, particulièrement à une époque où l’on ne va pas plus loin, si l’objet de notre recherche n’est pas à portée de main.

Ce récit est aussi un encouragement à chercher « au bon endroit », et surtout à trouver. Car « la quête (perpétuelle) pour la quête » n’est pas un moteur suffisant. Toute quête a un but, qui peut être atteint.

Dans le cas de Josef, cet athée rebelle à tout engagement dans la foi, a fait plus que vivre une expérience « de conversion religieuse ». Il a surtout découvert un nouveau centre de vie : « Jésus et son enseignement simple mais radical sur le Royaume de Dieu. Affranchi de la recherche désespérée qui le consumait, c’était désormais son enthousiasme pour une cause qui le dépassait qui le faisait avancer. » (op.cit., p 110),

 

En bref :

Ma Quête, de Josef Ben-Eliezer. Plough Publishing House, 2015.

Se le procurer chez l’éditeur ou dans toutes les bonnes librairies.