Les Grands jours de l’inhumanité : Après « Globish et management », « Globish et politique », « Globish aussi dans l’Eglise » ?

Le « Globish » : la langue des « winners » ou la nouvelle Novlangue ? A moins qu’il ne s’agisse du « latin des médecins de Molière » moderne…

Dans une note de blogue récente, le journaliste-blogueur catholique Patrice de Plunkett braque le projecteur sur la « singulière inhumanité d’élues macronistes »lors du débat sur une proposition du groupe centriste UDI-Agir visant à allonger de cinq à douze jours le congé du salarié en cas de décès d’un enfant : cinq jours n’étant pas suffisants pour que les parents puissent “reprendre pied”, expliquait le rapporteur UDI de la proposition de loi, Guy Bricout. La proposition a été rejetée par le bloc macroniste, sur intervention personnelle de la ministre du Travail Muriel Pénicaud, traduite par un amendement de la députée MoDem Michèle de Vaucouleurs et soutenue (avec férocité) par la députée LREM Sereine Mauborgne. Les trois femmes se sont acharnées à dire que la proposition Bricout allait “pénaliser les entreprises”, et que si vraiment les parents en deuil d’un enfant avaient besoin d’un délai, ce n’était pas à l’employeur de le leur accorder : ils n’avaient qu’à se faire offrir des jours de RTT par leurs collègues de travail ! L’inhumanité des trois femmes a choqué les députés de gauche et de droite, qui ont fait part de leur “honte”.

Dans une autre note suivant la première et publiée le 02/02 (« Congé de deuil parental : carence humaine à LREM »), le même Patrice de Plunkett souligne également à quel point « l’attitude du député [LREM du Val de Marne] Frédéric Descrozaille [interrogé sur l’inhumanité de phrases proférées par la ministre du Travail et plusieurs députées LREM, lors du débat de LCI vers 23h, le 01/02] a fait voir au téléspectateur le mur mental qui sépare le logiciel des macroniens et les réalités humaines (…) Interrogé là-dessus, l’élu du Val-de-Marne, sueur au front, s’est évertué à parler hors du sujet. Il paraissait gêné d’avoir à répondre d’un manque d’humanité ; visiblement il eût préféré se lancer dans les litanies « techniques » sous lesquelles ce parti a coutume de noyer les problèmes. L’une des invité(e)s, la députée EELV Sandra Regol, lui a donc reproché – non sans ironie – de sembler incapable de reconnaître une faute de son camp : celle de Mmes Pénicaud, Vaucouleurs et Mauborgne (…..). Ainsi mis dos au mur, M. Descrozaille a fini par reconnaître la faute des trois macroniennes. Il l’a même reconnue deux fois. Une première fois en français – et une seconde fois en globish, comme pour valider le « oui, c’était une faute » par un « yes, it was a mistake » : le globish étant la langue des choses sérieuses dans le petit monde dont fait partie LREM… Voilà par quelle catégorie sociétale nous sommes gouvernés depuis 2017″, conclut avec ironie Patrice de Plunkett.

Pour rappel, le « globish » (un mot-valise signifiant « anglais global » ou « anglais planétaire ») est une version simplifiée – appauvrie ? – de l’anglais comprenant 1500 mots et une grammaire simplifiée. Cette novlangue (nouvelle langue), à moins qu’il ne s’agisse du « latin des médecins de Molière » moderne, est destinée à tous les étrangers qui ont besoin d’échanger de façon utilitaire en anglais, et pas forcement avec des anglophones. Promue par le français Jean-Paul Nerrière, ex cadre marketing chez IBM, le globish se présente comme une alternative simplifiée à l’anglais. Et qui fait notamment l’impasse sur l’apprentissage d’un accent anglophone.

De là, ces réactions intéressantes d’internautes à l’article de Patrice de Plunkett, concernant la place du « globish » dans notre quotidien, non seulement « séculier » mais aussi ecclésial. Extraits :

GLOBISH ET MANAGEMENT

1: Sur l’usage de l’anglais au milieu d’une conversation française:

Une personne qui parle globish dans une conversation en français veut généralement dire autre chose que la traduction mot-à-mot. Ainsi:
– Quelqu’un qui dit « why not » après une proposition en français ne dit pas « pourquoi pas » mais « ça me fait [……] ».
– Quelqu’un qui décrit une personne comme « open » ne dit pas qu’elle est « ouverte » mais qu’elle est un « imbécile heureux ».
– Quelqu’un qui dit qu’il a « challengé » son équipe ne dit pas qu’il l’a « mise au défi » mais plutôt qu’il « lui a mis une pression pas forcément saine ».
(…)
Depuis le temps que j’entends parler globish au travail je commence à mettre sur pied un lexique.

2: Sur l’opportunité de prolonger le congé pour enfant décédé:

Mme Pénicaud ira sûrement expliquer que les parents risquent de provoquer la mort de leur enfant pour se payer plus de congés. D’ailleurs, ça arrive tellement souvent qu’un salarié perde son enfant que cette réforme risquait de faire peser une contrainte énoooooorme sur les entreprises.
Je me rappelle, un soir qu’on venait de servir la soupe aux personnes de la rue, nous avions constaté que l’un d’entre eux était pâle et tournait de l’œil. Bref, il avait la grippe. Nous lui disions: « Ne va pas travailler demain, tu es malade. » (oui il bossait, comme un tiers des gens de la rue). Il a répondu: « Je ne peux pas, je risque des jours de carence. » Drôlement malin ces réformes pour « responsabiliser » les salariés. On épuise un travailleur malade qui ira contaminer ses collègues.

3: Sur la mentalité LREM:

Le message des chrétiens a toute sa place pour contrecarrer les schémas de pensée macronistes. Qu’est-ce qu’il y a de plus important que le profit d’une entreprise dans cette société matérialiste? Dieu serait mort alors qu’est-ce qui obligerait à prendre soin des autres? Les chrétiens ne cherchent pas à faire la preuve de l’existence de Dieu mais à montrer la dignité divine de chaque homme par Jésus-Christ. « Pour toi j’ai frappé l’Egypte, Kush et Seba à ta place. […] Tu as du prix à mes yeux » (Is 43). La bonne nouvelle des chrétiens, c’est cette dignité incommensurable qu’il y a dans le dernier des chômeurs et qui justifie les plus grands sacrifices économiques, y compris au détriment des ténors du CAC 40. « Si c’est un homme » aurait dit Primo Levi. Chrétien deviens ce que tu es… comme on dit.  Écrit par : Cyril B / | 03/02/2020

GLOBISH AUSSI DANS L’EGLISE

Globish au Palais-Bourbon, globish aussi dans l’Église avec ce titre qui en dit long : « Étudiant et chrétien, influenceur ou follower ? » On nage en pleine culture marketing : l’influenceur, selon la page Wikipedia qui lui est consacrée, « est une personne qui, par son statut, sa position ou son exposition médiatique, est capable d’être un relais d’opinion influençant les habitudes de consommation dans un but marketing ». ‘Influenceur’ est du globish hâtivement francisé (‘influencer’ en anglais) ; ‘suiveur’ eut sans doute été trop vieillot et franchouillard pour qu’on le préfère à son équivalent dans la langue de Shakespeare, évidemment dans le vent. Ces étudiants en grandes écoles se disent « gênés » de témoigner de leur foi : on les comprend car c’est la société libérale et liquide dans son ensemble qui va à contre-courant du message chrétien. Mais n’était-ce pas déjà le cas au temps du Christ ? (…) Ni ‘influenceurs’ ni ‘followers’ mais pleinement chrétiens dans les actes gratuits du quotidien (…), voilà le conseil que je donnerais humblement à ces étudiants : assurément, c’est par le témoignage concret et l’exemple donné que l’on évangélise, bien davantage que par toutes techniques de marketing qui parlent moins à Dieu qu’à Mammon. Des deux, il n’en est qu’un que nous puissions choisir. Écrit par : Philippe de Visieux / | 04/02/2020

4 réflexions sur “Les Grands jours de l’inhumanité : Après « Globish et management », « Globish et politique », « Globish aussi dans l’Eglise » ?

  1. J’ai trouvé cet article vraiment excellent, je l’ai partagé, mais hélas, je ne suis pas certain qu’il ai été compris… un article pourtant très profond et qui n’a finalement rien de politique, le fond qui est traité est celui de la matérialité qui envahit le monde et le rend profondément inhumain.. Merci Pep’s de l’avoir écrit …

    • Merci, Eric, pour ton partage et tes encouragements, même si je ne suis pas l’auteur du texte.
      Sinon, je serai intéressé d’avoir un lien de ce que tu as partagé.

      Bien fraternellement,
      Pep’s

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