Foireux liens de janvier (37) : « questions éthiques, éthiques en questions »

Les « Foireux liens » de janvier : des questions éthiques, sociales et théologiques

Bonjour ! Et voici de retour vos « Foireux liens » !

Au menu, des questions éthiques, sociales et théologiques sur les grèves, l’usage des écrans, le management, la PMA, l’homme augmenté, la fin du monde, la vie après la mort, le simple acte de lire ou d’acheter un livre, sans oublier nos façons de débattre !

 

1) Questions éthiques 

Pour avoir une vision synthétique sur les débats et les décisions des synodes, découvrez, sur le site de l’église protestante unie de France, une nouvelle rubrique consacrée aux « Questions éthiques » (écologie, économie, éthique médicale, famille, migrants et étrangers, violence et paix).

2) L’usage des écrans, un danger pour la démocratie ?

À l’occasion d’une nouvelle étude, Michel Desmurget, chercheur en neurosciences cognitives, revient sur l’impact des écrans sur le jeune public. « Mieux vaut éviter les écrans avant trois ans, martèle-t-on dans les médias (…) Je n’ai jamais réussi à trouver d’argument scientifique solide pour justifier cet âge. Trois ans, c’est un seuil lobbyiste. C’est le moment où l’enfant devient intéressant pour les annonceurs (formation de la mémoire, formulation des demandes…). Et puis, quand on affirme “pas d’écrans avant trois ans”, on dit surtout “après vous pouvez y aller”. Et, de fait, le temps passé devant les écrans explose à partir de trois ans. Pour les enfants de maternelle on parle de presque trois heures par jour. Au primaire, c’est quasiment cinq heures. Les ados dépassent six heures et demie ». Et « Une étude réalisée par l’université américaine Stanford, il y a trois ans, a analysé la capacité des enfants et des ados à trouver une information en ligne, à l’analyser et à évaluer les sources émettrices. Le niveau de compréhension et de compétence de ces jeunes était si bas que les chercheurs ont estimé que cela représentait une menace pour la démocratie« .

3) La justice rétablit les affiches d’Alliance Vita

Accusées de manquer de neutralité dans le débat sur la PMA, elles avaient été retirées des gares et des rues parisiennes vendredi 03 janvier….

4) Les « anti-PMA » s’inscrivent dans un combat de long terme 

 Alors que la révision des lois de bioéthique reprend au Sénat le 21 janvier, plusieurs organisations ont réclamé le retrait du texte, dimanche, en manifestant à Paris. Nombre de militants, cependant, ne limitent pas leur réflexion au sort du projet de loi et se situent dans une perspective plus longue. « Il y a 20 ans Gabriel Matzneff était encensé, l’écologie ridiculisée et le marché porté en triomphe. On voit où cela nous as mené. Dans 20 ans, l’on se demandera comment une telle loi a pu être votée, nos enfants nous demanderons des comptes… », estime Patrice Obert, le président des « Poissons Roses », courant de chrétiens de gauche.

5) Savons-nous encore débattre ?

En politique comme en famille, la mise en pratique du débat n’est pas toujours aisée. Et pourtant, sans son apprentissage, point de vie en société… Ce n’est pas le conflit qui est dangereux, mais la violence. Ce n’est pas le désaccord qui est problématique, mais l’absence de débat. C’est la raison pour laquelle la Revue Projet ouvre par la question du débat sa grande série politique : six dossiers pour réinterroger les fondements démocratiques et politiques, jusqu’à la présidentielle de 2022.

N’appelons pas « censure » l’hystérie des bulles d’opinion

Dans Le Monde (9/01), Michel Guerrin reprend lui aussi le thème de la « censure » invoqué par Riss, le patron de Charlie Hebdo. Mais il va beaucoup plus loin que Riss en incriminant la décomposition de la société en bulles d’opinion exclusives les unes des autres….

Cinq ans après, « Je suis Charlie » sonne creux

« Je suis Charlie ». La phrase a été répétée à l’envi depuis l’attentat contre le journal satirique le 7 janvier 2015 qui a fait 12 morts, plusieurs blessés et choqué l’opinion y compris au-delà des frontières hexagonales.  Mais derrière l’émotion toute compréhensible qui a accompagné ces élans de solidarité repose une réalité bien plus complexe.

6) Débattre avec un robot

Une intelligence artificielle a débattu avec deux humains sur les dangers de l’IA. Ses arguments étaient formulés à partir des réponses de 1100 personnes qu’elle analysait pour éviter les répétitions. Sur l’une des questions posées, l’IA a répondu qu’elle n’était pas capable de prendre une décision morale, car c’est une capacité propre aux humains. En anglais.

7) Voulez-vous une machine comme professeur ?

Les intelligences artificielles peuvent nous aider à apprendre…, mais la généralisation de l’apprentissage par les machines pose un problème éthique : le risque de standardiser les contenus et de formater les esprits. Aujourd’hui, de même que nous avons du mal à expliquer le fonctionnement de notre cerveau, nous comprenons difficilement le raisonnement d’une IA.

8) Transhumanisme : la conscience mécanisée – Un nouveau livre d’Eric Lemaître

À la suite d’un premier ouvrage intitulé « la déconstruction de l’homme », dont Pep’s café s’est fait l’écho, Éric LEMAITRE socio-économiste, blogueur et enseignant à l’école supérieure des Ingénieurs de Reims signe un nouveau essai théologique et philosophique sur le transhumanisme. Cet essai sonne comme un avertissement prophétique et prévient ses contemporains sur le combat titanesque qui est en jeu, qui est de nature à mettre en péril la conscience humaine.

9) Prochaines cibles des Gafa : dossiers médicaux et comptes bancaires

« Ils ont pressé le jus du citron médiatique et maintenant il faut qu’ils trouvent un autre millier de milliards de dollars de capitalisation boursière combinée ailleurs ». Deux domaines font saliver les géants de la tech américains plus que tout : la finance et la santé. Deux gigantesques réservoirs de croissance, jusqu’à présent préservés de leurs appétits par les réglementations sectorielles. L’assaut est lancé….

10) Lire sur papier, lire sur écran : en quoi est-ce différent ?

Depuis le début de ce siècle, plusieurs dizaines d’études ont été menées pour évaluer les effets du support de lecture sur les performances de compréhension de textes qui pouvaient être soit documentaires – manuels scolaires, ouvrages universitaires – soit narratifs – fictions, romans…  Les résultats de ces études ont été repris dans deux méta-analyses publiées en 2018 ; celle de Kong, Seo et Zhai, portant sur 17 études, publiée dans le journal Computers & Education, et celle de Delgado et de ses collègues, portant sur 54 études effectuées auprès d’un total d’environ 170 000 lecteurs, et publiée dans Educational Research Review. Il en ressort que la compréhension de textes est significativement meilleure lorsque la lecture s’effectue sur papier que sur écran.

11) Achetons nos livres dans des vraies librairies, en évitant d’acheter sur Amazon !

La technique ? Installer l’extension Amazon Killer pour les livres (Chrome ou Firefox). Comment cela fonctionne ? On cherche un livre sur Amazon, on clique dessus, et hop ! on est renvoyé vers le site de vraies librairies.

12) De la pacotille aux choses qui durent

Depuis la crise de 1929, les industriels fabriquent toujours plus de marchandises à la longévité toujours plus limitée. L’impératif environnemental implique de ralentir la consommation frénétique des biens. Mais comment remettre en cause le pilier d’un système que soutiennent presque tous les gouvernements ? Une idée simple et d’allure inoffensive pourrait ouvrir la brèche.

13) « Le manager malgré lui » : quand Molière éclaire la bêtise organisationnelle

Dans un essai intitulé « The stupidity paradox », les professeurs Mats Alvesson et André Spicer mettent en garde les managers des institutions bureaucratiques qui ne laissent aucune place à l’expression de l’intelligence humaine. À cet égard, ils parlent d’un phénomène de « stupidité fonctionnelle ». Au cœur de leur paradoxe, ils dénoncent l’affectation des salariés les plus compétents aux tâches les plus stupides.Quatre siècles avant Alvesson et Spicer, Molière s’intéressait lui aussi à la bêtise, mais dans un tout autre contexte que celui des organisations.

14) Mal-être chez les cadres de la R&D : quand les syndicats affrontent le déni patronal

« Nous, cadres sup, aux côtés des grévistes » : ainsi s’intitule la tribune parue lundi 7 janvier dans le journal Libération. Les auteurs (le collectif Les Infiltrés) rappellent par ce texte que les cadres sup’ sont, au même titre que de nombreux autres salariés, directement concernés par les mobilisations sociales, le bien-être au travail et le besoin de voir la pénibilité prise en charge. Pourtant, certaines recherches montrent que la gestion syndicale de la pénibilité mentale du travail des cadres, ingénieur et chercheurs de l’industrie se heurte bien souvent à la violence d’un profond déni patronal.

15) Retraites : guide d’auto-défense imagé pour les dîners en famille

Que rétorquer à votre oncle qui prétend que la réforme des retraites « ça fait les pieds aux fonctionnaires » ? Ou à la cousine qui assure que c’est le seul moyen de sauver un système des retraites équitable ? L’économiste Anaïs Henneguelle déconstruit « onze idées reçues » sur la réforme des retraites. Un guide illustré par les photos d’Anne Paq. Ainsi : Idée reçue n°1 : « Il n’y a pas de perdants à la réforme » Idée reçue n°2 : « Le système n’est pas viable financièrement : il faut réformer » Idée reçue n°3 : « L’espérance de vie augmente et il faut en profiter »……

16) BlackRock et les retraites : pourquoi et comment le gestionnaire d’actifs joue un rôle dans la réforme

Qu’est-ce que BlackRock ? Pourquoi cette société financière est-elle aussi puissante ? Quels sont ses liens avec les dirigeants politiques ? Et pourquoi s’intéresse-t-elle de si près à l’avenir de notre système de retraite ?

17) Réforme des retraites : le point de vue d’un pasteur

Christian Bouzy, pasteur du Foyer de la Duchère (Lyon) se demande de quelle justice parle le gouvernement.

18) « La fin du monde n’est qu’un éboulement »

Pour Olivier Abel, professeur de philosophie éthique à l’IPT de Montpellier, le catastrophisme ambiant est un discours très dangereux qui désarme notre capacité à continuer le monde.

19) Pour N.T. Wright, la justification par la foi n’est pas au cœur du message du Nouveau Testament

Dans la série des « read it again ». A l’issue de l’une de ses interventions à l’Université de Fribourg, le 19 juin 2017, dans le cadre des Journées d’études pour le renouveau théologique et sociétal, ce spécialiste du Nouveau Testament mondialement connu et proche des milieux évangéliques répond aux questions de lafree.ch sur la compréhension étriquée que peuvent avoir certains du cœur du message chrétien.

Voir aussi 5 erreurs répandues sur la vie après la mort

Dans cet article, J. Richard Middleton (professeur au Biblical Worldview and Exegesis au Northeastern Seminary, Rochester, NY) examine 5 idées fausses répandues parmi les chrétiens sur ce à quoi ressemblera la fin des temps (en grec eschaton).Pour commencer, voici cinq choses que la Bible n’enseigne pas.

20) « Mais qui suis-je donc en train d’adorer en ce moment ? » ou quand Adorer un veau d’or le dimanche matin est étonnement facile.

Le dimanche, nos Églises sont pleines de personnes qui veulent adorer Dieu, et pas une seule d’entre elles n’y entre en étant absolument neutre. Nous ne devons donc pas considérer comme acquis que, dans nos environnements religieux, c’est le Christ exalté qui y est adoré.

Municipales 2020 : une frange de la droite s’allie avec l’extrême droite

Autrefois associé à l’UMP (devenue Les Républicains), le Parti chrétien-démocrate de Christine Boutin et Jean-Frédéric Poisson a noué des alliances locales avec le Rassemblement national, dans la perspective des municipales 2020. Le même Poisson, à l’époque où il était candidat à la présidentielle, plaidait en 2016 pour la fin du « cordon sanitaire » qui, selon lui, « n’a ni sens ni raison d’être» autour de ce qui s’appelait alors Front National. 

CAC 40 : versements record aux actionnaires en 2019

A 60 milliards d’euros, les liquidités restituées aux actionnaires du CAC 40 dépassent le niveau record de 2007. Elles ont augmenté de 12 % par rapport à l’année dernière. Compte tenu des bons résultats 2019 attendus, les dividendes et les rachats d’actions devraient encore progresser cette année. Et en comparaison, surtout pas de coup de pouce au SMIC au 1er Janvier, « ça pourrait ralentir l’économie ».

Dans les kiosques : heureux comme Dieu(x) en France ?

La revue Zadig consacre le dossier de son numéro d’hiver aux relations que les Français entretiennent avec la religion. À travers des entretiens et des reportages, des Côtes-d’Armor à La Réunion en passant par le Val de Marne, à la rencontre de croyants de toute confession, il dresse un état des lieux du paysage spirituel de notre pays.

Et le dernier pour la route :

21) Comment la Chine va changer ce que nous allons voir à l’écran ?

Ça y est : en 2020, la Chine sera le plus gros marché du cinéma au monde. Ce leadership a déjà des conséquences sur ce que nous regardons. Entre censure, opportunisme et séduction : voici comment la bobine se fraye un chemin vers un marché de 1,4 milliard de spectacteurs.  En anglais.

 

Ces « foireux liens » sont terminés. J’espère qu’ils ont retenu toute votre attention. Prochaine édition en mars.

 

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