Crainte de Dieu

« La crainte de Dieu dans les Écritures (…)libère plutôt une grande force car celui qui craint Dieu ne peut craindre autre chose… » (Source : rawpixel)

« Sur lui reposera l’Esprit du SEIGNEUR : esprit (…) de crainte du SEIGNEUR – et il lui inspirera la crainte du SEIGNEUR ». (Esaïe 11v2-3)

 

« Les Saintes Ecritures reviennent souvent sur le sentiment de la crainte de Dieu. De toutes les émotions religieuses, c’est celle qui s’est le plus affaiblie au cours des temps modernes », constate l’écrivain napolitain Erri de Luca. Car, estime-t-il, « ceux qui ont la foi préfèrent alléguer d’autres manifestations de leur attachement. La crainte semble un sentiment inconvenant, irrationnel, antique. Et pourtant l’immense qui nous domine ne peut absolument pas être apaisé, apprivoisé par l’amour. La crainte de Dieu dans les Ecritures est une panique céleste, la réponse des nerfs à un ordre central lointain et abyssal (…). Et elle ne décourage pas, n’affaiblit pas, elle libère plutôt une grande force car celui qui craint Dieu ne peut craindre autre chose, craindre par exemple l’Adàm fait de terre et sa descendance humaine.

Le quatrième vers du psaume 130 enseigne aussi : « puisque près de toi est le pardon, pour que tu puisses être craint. Il y a aussi un autre aspect de la crainte que l’on doit à Dieu : non parce qu’Il est le Seigneur de l’immense, dispensateur de vie et de mort, mais aussi parce que de lui dépend le pardon, seliha. Crains le juge, non parce qu’il peut te condamner, mais parce que de son pouvoir dépend la remise de tes fautes. Il dit à Jérémie : car je pardonnerai à ceux que j’aurai fait demeurer de reste (50v20) : celui qui est pardonné a d’abord été gracié, laissé en vie, mis de côté comme un reste sauvé.

Cette puissance gigantesque du pardon pèse bien plus que l’immense et renforce, en celui qui croit, la crainte de Dieu. »

 

(Erri de Luca. Crainte IN Alzaia. Rivages, 1998. Bibliothèque Rivages, pp 211-212)