Play it (again) : « X-Men : le commencement » ou les enjeux de la communauté

« X-Men : le commencement » ou les « bonnes ou mauvaises » raisons qui poussent des gens différents à se rassembler et à s’unir….
(Scène du film de Matthew Vaughn, avec, au premier plan : Michael Fassbender et James McAvoy)

Pour ceux qui sont « allergiques » aux films de super-héros en général et peu familiers des « X-Men » en particulier, « First class », ce « spécial origines » sorti en 2011, que j’ai personnellement beaucoup apprécié, est une bonne façon de commencer de s’initier au genre, sans oublier de s’interroger sur des enjeux très contemporains, à l’heure des tentations de repli identitaire et des dérives communautaristes.

Parmi les points forts de cet opus, particulièrement captivant, subtil et touchant, relevons une véritable intelligence – et un amour certain – dans le traitement à l’écran de personnages à la fois surhumains et très (trop) humains ; un scénario inspiré, nous racontant l’histoire et les raisons du rassemblement des mutants, avant leur division en deux « clans » (selon leur positionnement – « pacifique », défendu par « le professeur X » ou « belliciste », défendu par « Magneto » (1)vis-à-vis des humains « normaux » qui les craignent ou se méfient d’eux), dans un contexte de guerre froide, où les X-Men sont aux ordres de la CIA en pleine crise des missiles de Cuba(16-28 octobre 1962). Enfin, le métrage nous invite à un pertinent questionnement sur les « bonnes ou mauvaises » raisons qui poussent des gens différents à se rassembler et à s’unir, et sur ce qui fait tenir une communauté : pour quoi être ensemble ? Au nom et autour de qui, de quoi ?

Ainsi, dans le cas de nos « X-men », ceux-ci se mettent à part des humains, car tenus à l’écart par eux. Dès lors, réunis sur le seul fondement d’être « contre » (« contre » la haine des autres, « contre » la peur d’être seul…), comment ces exclus peuvent-ils vraiment être ensemble ? Quelle place à l’amitié et à la confiance ? Comment « être mutant et fier de l’être » (dixit « Raven », métamorphe de couleur bleue), quand certains – d’apparence « normale » (tel « le professeur X », télépathe et « maître à penser », fondateur d’une école pour mutants où l’on apprend à découvrir, développer et maîtriser ses dons) – semblent plus privilégiés que d’autres, dont la mutation est plus « visible » ?

Bref, « X-Men : le commencement » est un « film de genre » qui se distingue, en ce qu’il remplit sa mission de divertissement sans sacrifier l’intelligence.

 

En bref :

X-Men : le commencement (X-Men: First Class). Réalisé par Matthew Vaughn (USA, 2011). Avec James McAvoy (Charles Xavier alias Pr X), Michael Fassbender (Erik Lehnsherr alias Magneto), Jennifer Lawrence (Raven alias Mystique), Kevin Bacon (Sebastian Shaw), Nicholas Hoult (Hank McCoy alias Fauve)…..

A lire, pour aller plus loin : « Etrangers dans la cité » de S. Hauerwas/W.H. Willimon.

 

Note : 

(1) Ces deux personnages de leaders mutants, créés par Stan Lee et Jack Kirby en 1963, sont inspirés de Martin Luther King (pour le Professeur X) et de Malcom X (pour Magneto).