« Mission (im)possible » pour Jonas : lecture suivie (2)

L’Evangile : pas un devoir, mais une bonne nouvelle à annoncer, qui exige une réponse immédiate !

Suite et fin de la lecture suivie du prophète Jonas, proposée par Louis-Michel, un ami et un frère pasteur qui me l’a aimablement transmise et autorisé à la publier ici, pour l’édification de chacun. 

JONAS 3 : 1-2

–    La parole de l’Éternel fut adressée à Jonas une deuxième fois : C’est en quelque sorte une seconde chance pour le prophète (v.1). E. Stegen raconte l’histoire d’un prédicateur qui avait à coeur de prêcher trois fois le même message lors d’une tournée. Mais il était accompagné par un pasteur qui ne connaissait pas le Réveil. Après un temps d’hésitation, l’homme de Dieu décida de donner ce message trois fois de suite. Sur la route du retour, le pasteur lui dit : Heureusement que tu as donné le même message trois fois car c’est au troisième que j’ai vraiment compris ce que Dieu voulait me dire !

–    « Lève-toi, va à Ninive et fais-y la proclamation que je t’ordonne » : Dieu ne se lasse pas de me répéter Sa pensée. Il insiste auprès de Jonas pour que Ninive reçoive le Salut. Et Jonas doit apprendre de son erreur, maintenant il doit faire exactement ce que Dieu veut (c’est un ordre !). Ma question : Est-ce que je désire apprendre à faire la volonté de mon Dieu ? (v.2).

JONAS 3 : 3-10

–    Jonas se leva et alla à Ninive, conformément à la parole de l’Éternel : On peut se dire que c’est un peu tard, mais le proverbe populaire dit « Mieux vaut tard que jamais ! » … Si je suis capable, après m’être détourné du Seigneur, de revenir à Lui et de me conformer à Sa Parole, alors je peux prétendre vivre selon le standard de ce prophète (v.3a).

–    Or Ninive était une immense ville : Le tour de la partie fortifiée de la ville faisait 12 km. Il fallait trois jours de marche pour faire le tour de la cité, ce qui fait un peu plus de 50 km à parcourir … (Archeo, BS21, Guide Biblique, Dictionnaire Culturel de la Bible …). McArthur parle de 100 km de circonférence !

–    Jonas fit d’abord dans la ville une journée de marche : Pour approcher le coeur de l’homme, Dieu utilise différentes méthodes. L’approche de Jonas est intéressante, il se fait voir par le peuple, il le voit, et proclame un message tout simple, mais très provocateur : « Dans 40 jours, Ninive sera détruite » (v.4). C’est important de chercher la pensée de Dieu pour savoir comment approcher nos contemporains.

–    Les habitants de Ninive crurent à Dieu : Honnêtement, au premier regard, je me dis qu’il manque quelque chose au message de Jonas … Pourtant, il est conforme à l’ordre de Dieu. Moi, j’aurais prêché la personne de Dieu, Son plan d’amour pour les païens, la repentance … mais le prophète annonce un JUGEMENT IMMINENT. Dans notre époque, on parlerait d’un « fou », d’un « prophète de malheur » ou d’un « gouru évangélique » … Je dois PROCLAMER ce que Dieu veut. Jonas n’est pas dans la situation d’enseigner ceux qui appartiennent à Dieu (ce que font les docteurs de la loi, ou par moments d’autres prophètes). Mais les habitants de Ninive prennent la menace à coeur et mettent leur foi dans le Dieu de Jonas ! Je n’ai pas de mot en français pour exprimer cette merveille (v.5a). Ils manifestent leur repentance par les signes de deuil et d’humiliation qui se pratiquaient en Orient (v.5b).

–    Le roi apprit la nouvelle : Il peut être inquiet pour la religion de son royaume et même pour l’économie (le commerce des idoles est très important). Mais rien ne l’arrête, il va dans le sens du peuple, son coeur est saisi, il retire son manteau (signe de sa royauté) pour se soumettre à l’Éternel – (v.6) ; puis il proclame un jeûne total pour les humains et les animaux. Chacun est appelé à changer de conduite, espérant ainsi que Dieu reviendra sur Son jugement … En fait, Jonas a provoqué par quelques mots, et le Roi de Ninive a donné la suite. Il est ainsi devenu pasteur de son peuple. Jonas repartira certainement, alors le Roi s’occupe de cette affaire … (v.7-9).

–    Dieu vit : Oui, Dieu voit ! Il voit le péché (Jonas 1 : 2), et il voit la repentance. Dieu est vivant ! Le texte dit : « Dieu regretta le mal dont il les avait menacés ». Ainsi est mon Dieu, prêt à s’adapter aux élans de mon coeur. Combien il aime celui dont le coeur est brisé et l’esprit contrit (Psaume 51) ! Et l’Éternel renonce à Son jugement (v.10). C’est pour cela que je dois me conformer absolument à ce que Dieu me dit par Sa Parole, par l’Esprit Saint (Romains 8).

Jonas 4 : 1-11

–    Jonas le prit très mal : On touche ici au coeur du problème qui tourmente Jonas. Le prophète réagit à la grâce de Dieu négativement. Combien de fois, dans ma vie, n’ai-je pas réagi comme cela ? Dieu aurait quand même pu leur montrer la vraie valeur de leur iniquité … Et puis, ce serait la justice … etc.

–    … et fut irrité : L’irritation (ou la colère) vient souvent d’une opinion personnelle qui ne correspond pas à ce que Dieu fait ou laisse faire …

–    Il pria l’Éternel en disant … J’aime cet échange quasi permanent entre Dieu et Jonas. Même si le prophète est coriace, le dialogue n’est pas rompu. Dieu fait tout pour que Son plan s’accomplisse à travers Jonas. Dans son irritation, il prie, il dit à son Dieu ce qu’il pense, honnêtement et sans hypocrisie. Il est sûr de lui et de sa doctrine. Il pense même que Dieu se trompe, et le lui dit !!!

–    Ah! Éternel, n’est-ce pas ce que je disais … c’est ce que je voulais éviter en fuyant à Tarsis … Voilà l’explication de la fuite (v.2a). Le prophète pense réellement qu’il sait mieux que Dieu ce qu’il faut faire envers Ninive. Il est un peu « moralisateur » ! D’ailleurs, je vois bien que j’en suis aussi tout à fait capable !

–    En effet, je savais que tu es un Dieu de grâce et de compassion, lent à la colère, riche en bonté : À la question « Qui est Dieu ? », on peut donner la définition de Jonas. Si Dieu n’est pas grâce , qui peut être sauvé ? (v.2b). Paul dit que là où le péché a abondé, la grâce surabonde … L’attitude du Seigneur envers les habitants de Ninive nous laisse beaucoup d’espoir pour notre génération. Jonas aurait du se réjouir, mais il déprime … et le Seigneur, avec beaucoup de tendresse, lui demande s’il fait bien de se fâcher (v.3-4), parce qu’il voudrait tant que son prophète se réjouisse aussi de la repentance de Ninive, objectif de sa mission (CB Emmaüs).

–    Jonas sortit de la ville et s’assit à l’est de la ville … Pourquoi ne reste-t-il pas dans la ville, au milieu du peuple qui s’humilie ? Il préfère s’éloigner, se construire une cabane de fortune, pour observer la suite (v.5). Suis-je un chrétien « qui observe » ou un chrétien « qui participe » ? Lors de l’arrestation de Jésus, la Bible dit que « Pierre suivait de loin … » . Dommage !

–    L’Eternel Dieu fit pousser une plante … Dieu est Créateur dans Son éternité. Pourtant, il donne vie à un végétal pour protéger Jonas (à travers le vent chaud d’Arabie qu’on nomme Sirocco). Il semble que la cabane construite par le prophète ne le protégeait pas assez car il avait mal à la tête ! Ce cadeau de Dieu donne une grande joie à Jonas (v.6). Quand nous sommes dans la faveur de Dieu, nous ressentons si fort le bonheur. Mais quand nous « pédalons » dans les difficultés, nous pouvons alors murmurer si facilement … Le lendemain, un ver fait sécher la plante protectrice (v.7) et le soleil étourdit Jonas au point qu’il défaille (v.8a). N’en pouvant plus, le prophète réclame la mort, c’est la déprime, la colère (v.8b) …

–    Dieu dit à Jonas : « Fais-tu bien de t’irriter à cause de la plante ? Il répondit : « Je fais bien de m’irriter jusqu’à la mort » … De nouveau cette question pleine de tendresse. Dieu est patient, vraiment ! Ce ricin est un signe de Dieu. Le Seigneur parle souvent par les circonstances, et nous ne le comprenons pas. Le mécontentement aveugle le serviteur de Dieu (v.9).

–    Dieu dit : « Tu as pitié de la plante qui ne t’a coûté aucune peine … et moi, je n’aurai pas pitié de Ninive ? » : L’homme est tellement égocentrique, souffrant de ses maux, tournant autour de ses problèmes, sans jamais se poser la question si les autres ne souffrent pas davantage !!! Au fond, Jonas a-t-il pitié du ricin ? Il a pitié de lui-même, ça c’est sûr !… Cette parole de Dieu nous rappelle que son coeur est compatissant. La grande ville est composée de 120 000 humains dans l’aveuglement, et beaucoup d’animaux (Pour McArthur, il s’agit de 120 000 enfants car l’expression « leur droite de leur gauche » concerne traditionnellement les enfants). Oui, Dieu veut leur faire du bien. Evidemment, nous n’avons pas la fin de l’affaire. Qu’est devenu Jonas ? Le plus important est pour moi : Ce que je deviens après ma lecture !

 

En effet, je termine l’histoire de Jonas, le prophète récalcitrant, et je m’y retrouve ! Maintenant, je me pose les questions suivantes :

1)    Est-ce que j’obéis immédiatement lorsque Dieu me demande quelque chose ?

2)    Est-ce que je mets tout mon zèle pour faire exactement ce qu’il demande ?

3)    Est-ce que je suis capable de m’humilier lorsque je suis en échec ?

4)    Est-ce que j’ai le courage de repartir à zéro pour accomplir le plan de Dieu ?

5)    Est-ce que je suis prêt à faire ce que Dieu veut même si je ne comprends pas ?

6)    Est-ce que j’ai la liberté d’ouvrir mon coeur à Dieu comme Jonas l’a fait ?

7)    Est-ce que je suis prêt à annoncer le message de Dieu, selon la forme et le contenu qu’Il a choisi pour les personnes concernées ?

8)    Est-ce que j’accepte de ne pas comprendre, d’obéir quand même, avec patience, sans irritation ?

9)    Est-ce que je suis un acteur de l’Évangile ou un observateur (prêt à critiquer) ?

10) Enfin, est-ce que je désire vraiment le salut des âmes (même lorsque j’estime qu’elles n’en sont pas dignes !) ?

 

3 réflexions sur “« Mission (im)possible » pour Jonas : lecture suivie (2)

  1. Hello Pep’s

    merci pour cette lecture suivie qui s’ apparente à une prédication textuelle. C’est super d’ étudier de près ce que dit la Parole, d’ en saisir le sens et en tirer les enseignements pour nous aujourd’ hui encore (malgré l’ éloignement de ce texte sur le plan culturel, historique, etc).
    Merci aussi à Louis Michel.

    Fraternellement en Christ
    Anthon

  2. Bonjour Anthon,

    merci à toi. Une prédication textuelle ? En effet ! Cela lui ressemble bien.
    Sinon, je transmettrai à l’auteur : cela lui fera certainement plaisir de constater ta lecture attentive.

    Fraternellement,
    Pep’s

  3. Pingback: Merci ! – PEP'S CAFE !

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