« (In)culture au poing » : Jésus ne parlait pas anglais

Le projet des témoins du Christ – et de Dieu – était que cette Bonne Nouvelle aille « jusqu’au bout de la terre »…

Jésus ne parlait pas anglais. Plus exactement, Lui, Juif, et au prénom parfaitement juif (« Yeshouah » ou « Dieu sauve ») ne parlait pas l’anglais « de l’époque », c’est-à-dire le grec, langue du commerce et des relations marchandes. Et il s’adressait essentiellement, au début, à des Juifs, « les brebis perdues de la maison d’Israël ». Il ne semblait donc pas avoir de prétention universaliste à la base, à priori.

Pourtant, lorsqu’on y regarde de plus près, la foi chrétienne, qui s’appuie sur les paroles, faits et gestes d’un tel Messie Juif, est étrangement universelle et universaliste, puisqu’elle est le fruit d’une étonnante rencontre entre le peuple d’Israël et la culture la plus mondialisée qui n’ait jamais existé, la culture gréco-romaine.

Nous comprenons aussi qu’au travers de ses rencontres, Jésus, logiquement préoccupé par les gens de son entourage et de sa culture, ait finalement été « ému de compassion » par ceux qui n’étaient « pas de son peuple » et considérés comme « sans foi, ni loi » ou idolâtres(cf Eph.2v11-17). La grande surprise des événements de la croix, du tombeau vide et de la Pentecôte (un « anti-Babel »), fut une formidable ouverture au monde entier. Et ladite ouverture fut traduite principalement par le fait que les témoins majeurs de ces moments incroyables ont composé leur narration en grec, « l’anglais de l’époque ». Désormais, Jésus est connu partout sur terre sous le nom de « Christ » : une appellation grecque pour décrire une fonction plutôt sémitique, le fait d’être « oint de Dieu », ce qui se dit « Messie » (« Mashiah ») dans les langues sémitiques

Que toute l’aventure de ce Messie Juif « qui ne parlait pas anglais » soit racontée dans la langue internationale de l’époque n’est pas anodin. Le projet des témoins du Christ était que cette Bonne Nouvelle aille « jusqu’au bout de la terre ». Mais il peut paraître improbable, sinon impossible, qu’un peuple sans armes, refusant la soumission à l’empereur surpuissant de l’époque, ait pu diffuser en l’espace de 150 ans une proposition de foi complexe et exigeante. Pire, cette spiritualité semblait même plutôt précaire, étant transculturelle, à cheval entre les deux univers mentaux des grecs et des sémites. Et pourtant, cette foi s’est répandue dans tout le bassin méditerranéen, autant dire dans tout le monde connu, sans violence, ni contrainte aucune ! Il est bon, en effet, de se rappeler que les missions guerrières et autres « croisades », l’Inquisition et les guerres de religion, sont tardifs dans le christianisme, n’arrivant qu’après la « conversion-compromission » de Constantin, quand l’Eglise s’unit à l’empire et donc à César.

Une chose est certaine, pour le croyant : ce projet était motivé par Dieu lui-même, et cette bonne nouvelle s’est surtout répandue grâce à une puissance d’en haut. Et aujourd’hui, cette bonne nouvelle est arrivée jusqu’au XXIe siècle, c’est-à-dire jusqu’à nous qui lisons ceci.

(D’après Boucomont, Gilles. Au Nom de Jésus : libérer le corps, l’âme, l’esprit. Ed. Première Partie, 2010, pp11-13)

A lire : Matt 15v21-28 ; Marc 7v24- 30.

 

 

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