« Les infirmières sont en grève mais elles ont trop à faire pour s’arrêter de travailler »

Source : « Les infirmières en colère ». Car elles ne sont pas « Shiva » !

Inspiré par les JO, vous faites du patinage artistique en deux roues, sur une plaque de verglas. « Crac ! » Cette figure libre vous conduit directement aux Urgences. Une fois sur place, vous trouvez que « les urgences » portent bien mal leur nom : trois heures d’attente pour faire une radio, autant pour avoir le résultat et six heures supplémentaires pour obtenir une chambre….Vous parlez d’urgence, vous manquez de mourir d’ennui en fixant le faux plafond, fixé à un collier cervical.

Vous ne savez ce qui vous retient de quitter l’établissement, peut-être votre clavicule et vos côtes cassées, ou la pudeur, car vous vous retrouvez en slip allongé et entubé sur une civière, dans un couloir glacé. Vous ne cherchez pas les vestiaires puisque vos affaires se trouvent dans un sac poubelle, sous le lit. Vous demandez une couverture à une infirmière, celle-ci vous répond qu’il n’y en a pas et que c’est pour cela qu’elle est en grève. Oui, les infirmières sont en grève, c’est d’ailleurs écrit sur leur blouse, mais vous n’avez pas toujours le temps de lire, vu qu’elles n’arrêtent pas de gesticuler. Les apparences sont trompeuses : les infirmières sont en grève mais elles ont trop à faire pour s’arrêter de travailler. Vous les imaginiez autrement, ces infirmières, mais elles ressemblent plutôt à des mamans exténuées par les 70 gosses qu’elles auraient eu chacune et dont elles doivent s’occuper dans leur journée de 10 heures, sans prendre le temps nécessaire de rassurer chacun d’eux. Vous n’avez pas le temps de faire connaissance avec « maman », puisqu’elle change trop souvent de visage et d’ailleurs elle ne se souvient pas de votre prénom. Elle vous appelle « le petit monsieur » : « il veut que je lui savonne le dos, le petit monsieur ? » « Non merci », répondez-vous, « le petit monsieur préfère se concentrer sur sa compote de pomme » pendant que, derrière le paravent, « maman » vide la poche à excrément de votre grand-frère aîné.

Enfin, vous quittez le CHU au bout de 5 jours, des draps tagués de revendications couvrent les grilles de la vie qui s’ouvrent de nouveau pour vous. Vous laissez vos petites mères à l’intérieur en emportant une part de leur révolte. Les infirmières ne sont pas assez payées pour ce qu’elles donnent, mais c’est la plus petite partie de leur revendication : elles manifestent pour la dignité humaine, soit pour leur droit de dire non ou de ne pas dire oui à n’importe quoi.  Elles manifestent pour cette dignité qui n’a pas de prix, pour leurs patients et pour elles aussi, bien sûr. Car il faut le savoir, les infirmières partagent les mêmes plateaux repas que les malades, vous pouvez le confirmez…C’est déjà une raison suffisante pour faire la grève…

[D’après « Crac », le pacte du mois de Nicolas Bertrand, IN La Décroissance, avril 2018, N°148, p 15]

Urgences saturées : chaque nuit, plus de 200 patients dorment sur des brancards. Hôpitaux publics : faute de places en chambre, de nombreux patients dorment chaque nuit sur un lit de fortune. Une situation qui augmente la mortalité de 5 à 30% pour les cas les plus graves, alertent les urgentistes

Au CHU de Rouen, le 05/04, face à une aide-soignante qui réclamait plus de moyens pour les hôpitaux publics, le président Emmanuel Macron rétorquait : « Y a pas d’argent magique ».

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