#30 secondes avant d’y croire : une formation pour lutter contre la désinformation

30 secondes de réflexion sur l’information pour l’analyser avant d’y croire, de l’aimer, de la partager ou de la commenter. Source : compte twitter de Gilles Boucomont(3 mai 2017)

Comment éveiller l’esprit critique des 13-17 ans et décrypter les « fake news » ? Le site 30secondes.org, créé et lancé depuis le 15 février 2018 par la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) propose une formation spéciale destinée au public scolaire [mais pouvant intéresser tous les citoyens adultes, jeunes et moins jeunes], avec une méthodologie facile à transmettre : 30 secondes de réflexion sur l’information pour l’analyser avant d’y croire, de l’aimer, de la partager ou de la commenter.  

En bref :

30 sec pour lire

Vérifier la Source

Réveiller son Esprit critique

Comprendre le but du message

30 secondes, cela peut paraître peu, à moins qu’il ne s’agisse d’un minimum…Mais la plupart des conseils prodigués sont de « sobre bon sens », comme celui de revenir sur les émotions provoquées par la lecture, vérifier les URL, regarder la page « à propos » du site, ou de comprendre si l’on essaie de me faire peur, de me fâcher, de me manipuler ou de me vendre quelque chose ? Ou bien —ce qui est souhaitable— si l’on essaie vraiment de m’apprendre quelque chose, de m’aider à mieux comprendre le monde qui m’entoure ?

On peut également y apprendre ce qu’est réellement une « fausse nouvelle », pourquoi on les partage et quel est leur impact ; et être sensibilisé au rôle d’une presse responsable.

Les journalistes, enseignants et écoles intéressés à participer à ce projet peuvent s’inscrire sur le site.

Alors, testez-vous ! En « 30 secs » chrono !

Par exemple, voici une photo postée sur une page facebook :

Que voyez-vous ? Qu’en pensez-vous ?

A vous de jouer !

 

Le buzz évangélique du mois : « la repentance » de Benny Hinn sur la théologie de la prospérité

Comment éviter le piège et la tentation du « buzz » et de « l’attrape-clics » ? Source : Les Décodeurs du Monde.

« Plusieurs articles parus (il y a plus d’un mois) affirment que Benny Hinn [le célèbre télévangéliste controversé] se repent d’avoir prêché l’évangile de la prospérité »(1), peut-on lire sur la toile. Une information,  que nous sommes invités à partager à tous nos contacts, et qui a alimenté toutes les discussions et spéculations pendant une semaine.

En réalité, il est plus exact de dire que plusieurs sites (2) se sont mis à relayer la même nouvelle, dans la semaine qui a suivi sa publication initiale, le 21 février, dans un “live” Facebook en anglais sans sous-titres, sur le propre compte de Benny Hinn.

Certes, les mois prochains nous permettront sans doute de vérifier ces déclarations, et, surtout, les raisons de leur publication, mais à l’heure actuelle, nous ne savons toujours rien de plus.

J’en profite pour souligner au passage que lesdites déclarations, basées sur une seule vidéo « live », sont actuellement largement diffusées sans pourtant avoir été vérifiées au préalable (cf 2 Cor.13v1, Deut.19v15). A ce sujet, questionnés par mes soins, les administrateurs du site « Soyons vigilants » m’ont répondu « qu’une certaine prudence s’impose dans tous les cas. Car si l’on visionne l’entier de la vidéo dans laquelle Benny Hinn fait sa déclaration, celle-ci perd un peu de son impact ».

Un peu comme lorsqu’un verset cité hors contexte conduit à de mauvaises interprétations ?

« Sur son site » (bennyhinn.org, tag « prosperity »), si nous prenons la peine d’aller vérifier, comme nous y invitent les administrateurs de « Soyons vigilants », «  il semble que rien n’a changé et que la promesse de prospérité soit toujours utilisée pour récolter des fonds ».

« Moralité » : si ces déclarations ne sont pas fondées, nous n’aurons eu que du buzz (évangélique, mais du buzz quand même) sans lendemain ou un simple coup de com’, ou les deux à la fois, et rien d’autre.

La question reste donc : Le croyons-nous (parce que c’est vrai) ? Ou l’espérons-nous ? Dans le second cas, nous ne chercherions pas « information » mais « confirmation » de ce que nous pensons/spéculons. Dit autrement : nous prendrions nos rêves pour la réalité.

 

Voir aussi, publié sur notre blogue : « si tu entends dire, vérifie avant de publier ! » 

 

 

Notes : 

(1) Sur la théologie dite de la prospérité, voir ce document du comité théologique du CNEF, et ces divers articles : de Christianisme aujourd’hui, de La Vie, La Croix….

(2) Par exemple, plusieurs blogs et magazines US, et, en France, Le Bon Combat et bien d’autres sites.