Au Nom de Jésus, crevons les bulles !

Lecture : « Ainsi, vous n’êtes plus des étrangers (…) vous êtes de la famille de Dieu » (Eph.2v19. TOB).

Vous vivez certainement cette phase où, dans votre église locale ou votre paroisse, le rush de la rentrée est en train de passer : les activités sont lancées, les formations diverses bien avancées et l’annonce de la Bonne Nouvelle (re)déployée dans toute son ampleur. Pour un peu, nous serions déjà dans la période de Noël, avant d’avoir pris le temps de vivre l’Automne !

C’est pourquoi nous serions bien plus inspirés de répondre « présent », en étant pleinement et vraiment là où Notre Dieu nous appelle ; et d’apprendre, pour l’avenir, à ne plus vivre dans l’agitation, sachant que, comme nous le rappelle ce bon vieux Soren Kierkegaard (1813-1855), « de tout ce qui est ridicule dans ce monde ridicule, rien n’est plus ridicule que de s’agiter »(1).
En effet, lorsque notre course est si intense que nos pensées sont constamment occupées par les problèmes passés ou futurs, nous prenons le risque de devenir des étrangers pour ceux qui vivent avec nous. Avez-vous remarqué que les préoccupations construisent une bulle qui nous isole même quand nous sommes avec ceux que nous aimons ? Elles forment en nous un brouillard qui parasite les communications et nous éloigne les uns des autres…

Bientôt, si nous n’y prenons pas garde, nous ne serons plus des frères et des sœurs dans nos maisons, ni des parents et des enfants, ni mari et femme, ni même des étrangers, mais des ennemis.
Ce phénomène est une réalité dans nos foyers mais aussi dans notre relation avec Dieu. Ephésiens 2v22 nous rappelle fort opportunément que « c’est dans l’union avec (Christ), que (nous faisons)partie (nous) aussi de la construction pour devenir avec tous les autres la maison où Dieu habite par son Esprit ». C’est donc ensemble que nous faisons partie d’une même maison. Mais habitons-nous réellement cette maison avec Dieu, Notre Père, ou bien sommes-nous là « sans être là », enfermés dans nos bulles de stress ?

Dieu nous donne, comme autant de cadeaux, des frères et des sœurs qui nous sont précieux : allons-nous partager avec eux nos vies et l’amour de Christ ? Allons-nous, avec Jésus, abattre les murs de séparation pour découvrir en l’autre qui est différent une pierre importante pour l’édifice que l’Esprit construit, un frère que je peux soutenir ?
Car Christ « est notre paix : de ce qui était divisé, il a fait une unité. Dans sa chair, il a détruit le mur de séparation : la haine » (Eph.2v14). En Lui, nous pouvons vivre la paix – c’est-à-dire, non pas l’absence de ce qui nous dérange, mais l’établissement de ce qui est bon et juste – mais aussi l’unité : d’abord avec Notre Père Céleste, mais aussi dans nos foyers et au sein de la grande famille qu’est l’Eglise, corps de Christ.

Ceci dit, par où commencer ? A ce sujet, les Evangiles considèrent que le premier jour de la semaine n’est pas le lundi mais le dimanche (Luc 24v1). Et si, finalement, la saison 2017-2018 de notre église ou paroisse locale, ne commençait pas en septembre mais en juillet, un mois marqué par les temps fraternels de nos fêtes d’église et le début du repos estival ? Et si cette nouvelle saison était marquée, au Nom de Jésus, par l’explosion des bulles, la dissipation des brouillards et l’abattement des murs ? C’est ainsi que nous pourrons vivre, non plus en étrangers, mais en frères et sœurs, membres d’une même famille s’aimant les uns les autres comme Jésus nous a aimés et aimant être ensemble.

 

[Texte adapté d’après Thomas Keller, pasteur. « Vous n’êtes plus des étrangers (…) vous êtes de la famille de Dieu » IN La Flamme, lettre de l’Eglise protestante unie du Marais, Automne-Hiver 2017]

 

Notes : 

(1) Citation tirée de « Ou bien, ou bien », de S. Kierkegaard. Gallimard (Tel), p22.

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