Où est notre Pâque, aujourd’hui ?

 

En cette période où l’on fête Pâque, beaucoup de questions sont posées. Ainsi, par exemple, sur le site « 1001 questions », « pourquoi continuons-nous à célébrer des fêtes chrétiennes (et/ou juives) ? Ca fait un peu célébration saisonnière et païenne, non ? » 

« Clairement », lit-on sur ce site en guise de réponse, « les fêtes religieuses peuvent honorer Dieu ou les idoles selon l’esprit qui nous pousse à les célébrer ! Mais dans le doute, abstenons-nous de juger hâtivement…Les fêtes juives sont bibliques, instituées dans l’Ancien Testament elles ont pour but de glorifier Dieu en se remémorant son action dans l’histoire d’Israël (exemple dans le livre de l’Exode 12, 24-27). Elles n’ont pas un sens seulement social ou « festif », elles servent à communiquer la présence de Dieu avec son peuple et à transmettre l’enseignement de la foi aux générations successives. Les fêtes chrétiennes ne sont pas instituées bibliquement mais commémorent aussi l’action de Dieu en prenant pour thème des moments importants de la vie de Jésus racontés dans les évangiles (Naissance du Christ, Mort et Résurrection, Ascension…) ou de l’action de l’Esprit (Pentecôte). L’hypocrisie religieuse et le conservatisme rituel sont clairement des gros problèmes dans le christianisme contemporain. Mais jeter ces occasions pédagogiques d’enseigner l’action de Dieu est-il plus pertinent que d’essayer de leur redonner leur connexion authentique ? »

Concernant Pâque(Pessah), une autre question se pose : « lorsque demain ton fils te demandera : Que signifie cela ? » Que lui répondras-tu ?.… (Exode 13v14).

Par exemple, s’il te demande : « pourquoi cette nuit-ci est-elle différente depuis que Jésus (ou Yechoua, en Hébreu) l’a observée ? » Et surtout, « où est notre pessah, notre sacrifice de la Pâque aujourd’hui ? »

Dans le processus du Seder, il y a quatre fils, quatre coupes de vin, quatre expressions de rédemption (Exode 6v6-7) et, peut-être les plus connues de toutes, « les quatre questions ». Aujourd’hui, ces quatre questions, énoncées comme des remarques, sont posées par le plus jeune enfant de la famille : Pourquoi cette nuit est-elle différente de toutes les autres nuits ? Les autres nuits, nous pouvons manger du hametz (levain) ou de la matzah (pain azyme) ; cette nuit nous ne mangeons que de la matzah. Les autres nuits, nous mangeons toutes sortes de légumes ; cette nuit nous mangeons seulement des herbes amères. Etc….

Le père explique alors l’histoire de la Pâque. Les rabbins auraient pu aussi bien choisir d’autres questions. Dans l’esprit de l’adaptation rabbinique, voici quelques questions supplémentaires que les enfants, et même les adultes, pouvaient poser.

POURQUOI PLAÇONS-NOUS TROIS MATZOT ENSEMBLE ?

Il y a un grand nombre de traditions à ce sujet : une de ces traditions enseigne qu’ils symbolisent les trois patriarches : Abraham, Isaac et Jacob. Une autre dit que c’est une image des « trois couronnes », la couronne de la Torah, la couronne de la Royauté et la couronne de la Prêtrise. Une troisième dit que deux des matzot représentent les deux portions de manne, ramassées chaque fin de semaine dans Exode 16v22, et la troisième matzah figure le pain spécial de la Pâque appelé le « pain d’affliction ». Et si cela n’est pas suffisant pour combler l’imagination de quelques-uns, en voici une autre : le rabbin Abraham Isaac Sperling a suggéré que les trois matzot représentent les trois mesures de fleur de farine que Sarah avait préparées pour les trois anges visitant Abraham (Genèse 18). La raison de cette interprétation réside dans le fait que cet événement arriva pendant la nuit de la Pâque !

Au-delà de toutes ces explications, comment pouvons-nous décider laquelle est la bonne, ou peut-il y en avoir une autre ? Pourquoi la matzah du milieu, l’afikomane, est-elle rompue pendant le temps du seder ? Est-ce que nous rompons Isaac, ou la couronne de la prêtrise, ou bien un des gâteaux préparés pour les visiteurs d’Abraham, ou encore le pain d’affliction ? Ou sommes-nous en train de symboliser le passage de la mer rouge (une autre explication) ? Si toutes ces interprétations sont correctes, pourquoi l’afikomane est-elle cachée, puis découverte, et ensuite mangée par tous “en mémoire de l’agneau pascal” comme l’indique un rituel sépharade ?

OÙ EST NOTRE PESSAH, NOTRE SACRIFICE DE LA PÂQUE AUJOURD’HUI ? Les réponses à ces questions peuvent être trouvées en examinant comment et pourquoi le déroulement du seder a changé de façon dramatique au cours du premier siècle.

LE SÉDER CELEBRÉ PAR JESUS ET SES DISCIPLES

Le « Dernier Repas » que prit Jésus fut un Séder et semble avoir suivi l’ordre indiqué dans la Michnah. Dans les récits du Nouveau Testament, nous trouvons la référence de la première coupe, pareille à la coupe de Kiddouch (Luc 22v17) ; à la matzah rompue (Luc 22v19) ; à la troisième coupe, la coupe de Rédemption, Kos Yechouot (Luc 22v20) ; au fait de s’allonger pour manger (Luc 22v14) ; au maror (Matthieu 26v23) et au Hallel (Matthieu 26v30).

Jésus donne un sens spécial à la matzah et à la troisième coupe : « Ensuite, il prit du pain, et après avoir rendu grâces, il le rompit et le leur donna en disant : Ceci est mon corps, qui est donné pour vous ; faites ceci en mémoire de moi. De même il prit la coupe, après le repas, et la leur donna en disant : cette coupe est la nouvelle alliance en mon sang, qui est répandu pour vous. » (Luc 22v19-20).

L’AGNEAU PASCAL

Les premiers Juifs messianiques considéraient Jésus comme l’accomplissement symbolique des agneaux de la Pâque sacrifiés chaque année. Puis Paul, un Juif croyant en Jésus élevé avec le rabbin Gamaliel, écrivit : « Le Messie, notre Pessah, a été sacrifié pour nous. » (1 Corinthiens 5v7).

Yohanan (l’apôtre Jean), un autre écrivain juif croyant en Jésus, a noté que Jésus est mort au moment même où les agneaux de la Pâque étaient immolés dans le Temple (Jean 19v14) et que, comme pour les agneaux pascals, aucun de ses os n’a été brisé (par contre, les soldats romains ont brisé les jambes des deux malfaiteurs crucifiés avec Jésus pour hâter leur mort – Jean 19v32-36). L’idée derrière tout cela était que, de même que les Israélites avaient été sauvés de l’esclavage égyptien par un agneau sans défaut, maintenant les hommes pouvaient être libérés de l’esclavage du péché par le Messie, l’Agneau donné par Dieu.

L’ARRÊT DES SACRIFICES DANS LE TEMPLE

Les premiers Chrétiens faisaient partie de la communauté juive jusqu’à la fin du premier siècle, époque où ils furent expulsés de la synagogue. Jusqu’à ce que le Temple fût détruit, ces Juifs messianiques participaient régulièrement à l’office avec ceux d’entre les Juifs qui ne croyaient pas en Jésus. En fait, des communautés entières reconnaissaient Jésus et persévéraient dans l’observance de la Torah. Une telle situation permit un grand brassage d’idées. Jésus déclara au sujet de la matzah : « Ceci est mon corps ». Puisque les croyants juifs de ce temps regardaient Jésus comme l’agneau pascal, il en découla qu’ils considérèrent la matzah comme un symbole de Jésus, l’agneau pascal. Par la suite, avec la destruction du Temple et l’arrêt des sacrifices, la grande majorité de la communauté juive a adopté aussi l’idée que la matzah commémorait l’agneau, même s’ils en refusaient le symbole messianique.

LA CÉRÉMONIE DE L’AFIKOMANE

Ainsi, la signification de la matzah du milieu et la cérémonie la concernant, sont ensevelies dans un mystère. Les dérivés du mot afikomane lui-même donnent quelques éclairages. Le mot vient du grec epikomion, « dessert », ou epikomioi, « festin ». Mais vient aussi de aphikomenos, « celui qui est arrivé ». Le mystère s’éclaircit plus loin lorsque l’on considère les parallèles étonnants entre ce qui est arrivé à Jésus, et ce qui est fait à la matzah du milieu (afikomane), qui est rompue, enveloppée dans du lin, cachée et rapportée. De façon similaire, après sa mort, Jésus fut drapé dans du lin, enterré et ressuscité trois jours plus tard. Est-il possible que la pratique courante ashkénaze – les enfants qui volent l’afikomane – soit un refus rabbinique de la résurrection impliquant que des pilleurs de tombes vidèrent le sépulcre ?

Ces faits suggèrent très fortement que la cérémonie de l’afikomane des judéo-chrétiens fut adoptée par la majorité de la communauté juive qui fit sienne également la cérémonie des trois matzot. Les Juifs messianiques affirment que ces trois matzot représentent la tri-unité de Dieu, et que l’afikomane qui est rompue, cachée et ramenée, représente Jésus, le Fils de Dieu, mort et ressuscité le troisième jour…

Source : « La Pâque » – « Pessah », sur le site de « Juifs Pour Jésus ».

 

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