« Inculture au poing » : quels sont ces clichés sur les pauvres et la pauvreté qui ne résistent pas à l’épreuve des faits ?

"Ce dont cet homme a besoin" ou le point de vue du dominant-bis, par Andy Singer

« Ce dont cet homme a besoin » ou le point de vue du dominant sur les pauvres et la pauvreté, par Andy Singer

« Le plus célèbre et le plus long discours de Jésus, dit « des béatitudes », se trouve dans le livre de Matthieu [ch.5] », constate l’écrivain napolitain Erri de Luca dans son récit « Sur la trace de Nives »(1). « Jésus monte sur une montagne, non identifiée, et la foule s’accroupit autour de ses pentes. Jésus aussi entraîne ses auditeurs loin des centres, des places, vers une frontière sainte. Et de là-haut, il prononce sa liste subversive des hiérarchies, des autorités qui gouvernent les choses sur terre. «Heureux les abattus de vent », tel est son cri, traduit de façon plus littérale que ce: «Heureux les pauvres d’esprit ». Il annonce la joie, qui est plus physique et concrète que la béatitude. Il utilise une expression d’Isaïe, prophète qui lui vient souvent à l’esprit. Isaïe dit: «Haut et saint moi je résiderai mais moi je suis avec le piétiné et l’abaissé de vent et pour faire vivre un vent aux abaissés et pour faire vivre un Cœur aux piétinés » (57, 15). Isaïe invente l’image de l’abaissé de vent, « shfal rùah », pour qui est humilié, opprimé, la tête penchée au point de mettre son propre souffle à ras de terre, à hauteur de poussière. «Shfal rùah» est aussi le souffle court de l’alpiniste à haute altitude. Abattu de vent : à qui souffre de cette respiration haletante appartient le royaume des cieux. Du haut d’une montagne, Jésus, avec sa liste de joies, met le monde sens dessus dessous, place en tête du classement tous les vaincus. Il le fait au sommet d’une montagne parce que c’est le point le plus éloigné du sol, le plus proche du royaume qu’il promet » et parce qu’« une montagne » est « un endroit inhabitable, d’où il faut toujours descendre ». Mais notre « discours chrétien » est-il « resté en altitude » ? Est-il « descendu dans la vallée » ? « Les derniers » sont-ils « restés à leur place », dans notre théologie ?

Voici donc un petit texte particulièrement d’actualité, qui nous invite à manifester « la culture d’honneur » à ceux qui en manquent, plutôt que de « donner plus » à ceux qui ont déjà beaucoup trop…..

Les idées reçues sur les pauvres et la pauvreté ? Elles sont légion !

Les idées reçues sur les pauvres et la pauvreté ? Elles sont légion ! Mais toutes fausses…face aux faits !

Malheureusement, et ce, alors que la campagne présidentielle française démarre, les discours anti-pauvres et anti-immigrés font plus que jamais recette. Fraude aux allocations, « assistanat », faible participation à l’impôt, violences conjugales, natalité excessive, oisiveté, pollution… A en croire les colporteurs de ces préjugés, ceux qui possèdent le moins seraient responsables de tous les maux qui frappent la société. Sauf que… faits, chiffres et études battent en brèche ces faux arguments, qui nous détournent des vraies responsabilités. L’association ATD quart monde a récemment publié un ouvrage intitulé « En finir avec les idées fausses sur les pauvres et la pauvreté ». Basta ! s’en est inspiré, pour rappeler quelques évidences… trop souvent oubliées, nous invitant à démonter le mythe de « la France des assistés ».

En effet, face à ceux qui prétendent qu’il n’y aurait « pas de misère en France », il convient de se demander : « qui est pauvre en France ? Et pourquoi ? »
Les causes de la pauvreté sont multiples. Le sujet est complexe. Plus complexe que certains politiques ne veulent bien le dire et ne saurait être réduit au seul « chômage » ou au « cancer de l’assistanat », explication simpliste qui justifie les démantèlements des structures publiques.

Mais au fait, la pauvreté : qu’en dit la Bible ? [Plutôt que les discours et programmes des politiques, candidats à une élection] Pourquoi certaines personnes vivent-elles dans la pauvreté ? Pour mieux appréhender cette problèmatique, le SEL nous propose de découvrir toute une série de dessins humoristiques évoquant plusieurs aspects de la question à partir de la Bible. Ces dessins sont donc à voir dans leur ensemble, comme les différentes pièces d’un puzzle.

Parmi les autres autres articles à lire sur le blogue du SEL(2), celui de Jacques Hautbois, délégué du SEL, retient notre attention : selon lui, aborder la question de la pauvreté sous un angle biblique devrait nous conduire à aborder la question de l’argent et de l’économie différemment des standards de ce monde [ou dans un sens non « libéral-conservateur », dirai-je]. Ceux qui sont« conduits par l’Esprit-Saint » sont appelés à élaborer une véritable « contre-culture » (puisqu’il s’agit de « ne pas se conformer à ce monde-ci », selon Rom. 12v2) notamment dans ce domaine de l’économie et de la pauvreté.

Et« la pensée économique la plus courante dans « ce monde-ci », dite « classique » et « néo-classique », s’enracine, en fait, dans une certaine conception de l’homme : « l’homo oeconomicus », soit « un individu dont la seule motivation est la recherche rationnelle de la plus grande satisfaction au moindre coût. »
De fait, à la lumière de cette vision de l’homme, nous ne devrions plus nous étonner « que dans « ce monde-ci » croissance, concurrence, compétition occupent une telle place, parfois écrasante, se voulant exclusive ». De fait, selon Jacques Hautbois, « l’intelligence renouvelée des enfants de Dieu peut-elle adhérer à une telle conception », par ailleurs au cœur des programmes de certains des candidats déclarés à la présidentielle française de 2017 ?

Or, la Bible nous montre justement un autre modèle de société : celle des «  premiers chrétiens à Jérusalem, peu après la pentecôte (Actes 4v32, 34-35) ». « La première Eglise » est un groupe de femmes et d’hommes qui « cherchent à tisser entre elles des liens très forts et très positifs, une véritable communion ». Il y est donc question, dans ce texte, « d’un groupe social et de la question des biens matériels, de leur gestion et répartition dans ce groupe », et non d’un agrégat d’individus….
Sur une telle base, bien éloignée de « l’homo oeconomicus », le chrétien ne pourra donc pas suivre les lois de l’économie classique ou une pensée économique inspirée de M. Thatcher, pour qui « il n’y a pas de société » mais seulement « des individus »(3).  Car, justement, à l’inverse, « pour le croyant, il n’y a plus d’individus isolés mais des êtres reliés qui cherchent à élaborer un vivre-ensemble satisfaisant pour tous ; de même, il ne s’agit plus de s’abîmer individuellement dans la recherche et l’accumulation incessante de satisfactions matérielles jamais assouvies mais de vivre la simplicité volontaire et le partage. On ne pourra donc plus supporter que certains vivent dans la misère et l’on cherchera à remédier à une telle situation ».

 

 

Notes :

(1)Erri De Luca «Sur la trace de Nives ». Folio, 2013, pp.66-68.

(2) http://blog.selfrance.org/pauvrete-bible ; http://blog.selfrance.org/causes-pauvrete-bible-pourquoi ;http://blog.selfrance.org/reponse-article-cac-lutte-pauvrete

Sans oublier cette campagne de « Michée France » (anciennement « Défi Michée »)

(3) Voir « Individu, famille, communauté et société, selon Margaret Thatcher » de Stéphane Stapinsky.

Pourquoi « la question des valeurs », comme critère de vote, est une notion « piégée »…

Ce qui est digne "ne peut être soutenu que collectivement, de façon que soit défendue cette zone transcendantale renvoyant à ce qui n’a pas de prix, mais une dignité" : par exemple, la vie d’un enfant, son éducation...

Ce qui est digne « ne peut être soutenu que collectivement, de façon que soit défendue cette zone transcendantale renvoyant à ce qui n’a pas de prix, mais une dignité »(Dany-Robert Dufour): voilà ce qui pourrait guider nos choix de vote….Mais est-ce le cas ?

Madeleine de Jessey, porte-parole de « Sens commun », courant du parti « Les Républicains » issu de La Manif Pour Tous, est interrogée par « Famille chrétienne », hebdomadaire familial français catholique, sur la très large victoire de François Fillon au premier tour de la primaire de la droite et du centre – qui n’est pas le premier tour de la présidentielle (20/11/16) :
A la question « François Fillon est perçu comme un candidat économiquement très libéral et qui peut être en contradiction avec la Doctrine sociale de l’Église, notamment sur la notion d’option préférentielle pour les pauvres. Qu’en pensez-vous ? », elle déclare « (comprendre) ces inquiétudes car nous les avions nous-mêmes lorsque nous avons rencontré François Fillon en juin dernier. Nous lui avions parlé de cet ultralibéralisme dont on l’accuse parfois. Il nous avait répondu que la première cause de pauvreté en France était le chômage, que les mesures drastiques qu’il proposait n’étaient pas une fin en soi mais uniquement un moyen pour libérer l’emploi, et redonner confiance, notamment aux jeunes générations très affectées par le chômage ». Rassurée, elle veut se persuader qu’ « il y a chez lui une volonté de remettre l’homme au cœur de notre économie ».

A l’inverse, le journaliste – également catholique – Patrice de Plunkett voit dans le vote Fillon un « piège subtil ». Car à « l’appât du vote utile Fillon ajoute une odeur alléchante : celle des « valeurs », mot vide de sens mais qui subjugue ». Il cite un article du Monde (23/11) qui « décrit ainsi des paroissiens d’Angers se bousculant autour de l’appât : « Fillon représente le plus les valeurs auxquelles je crois, les valeurs de famille, de droiture », dit l’une. « Ça fait longtemps que je vote par défaut, mais là je m’y retrouve », dit l’autre ». Mais « qu’ont-ils tous en tête ? » s’interroge Patrice de Plunkett. « Presque uniquement la loi Taubira ». Chez « Sens commun », de l’aveu de Madeleine de Jessey, son porte-parole, on aimerait aussi « qu’à terme la loi Taubira soit totalement détricotée  », considérant « que cette loi est mauvaise, et qu’une loi mauvaise ne peut rester en vigueur pour le bien de la société tout entière ». Comme cette circulaire (abrogée en 2015) susceptible de fragiliser des centaines de milliers d’associations, signée le 18 janvier 2010, dans la plus grande discrétion par le premier ministre de l’époque, un certain François Fillon ?

Mais « on sait que Fillon n’abolira pas (la loi Taubira) ? Ça ne fait rien : on se dit qu’il « aurait bien voulu » et ça fait presque le même effet. On se satisfait de cette odeur de « valeurs », parfum d’un vase vide ». Qu’importe alors son programme économique d’un libéralisme assumé, qui donne « le choix des larmes »(1), « aux antipodes de Laudato Si(2) et d’Evangelii gaudium »(3) ? Le catho sociologique n’entend pas ce que dit le Magistère [Les protestants « historiques » et protestants-évangéliques se réfèreront certainement, quant à eux, à la Bible, Parole de Dieu, et non aux discours/programmes des hommes politiques]. Il n’entend que ses propres « valeurs » (forcément « catholiques » puisque ce sont les siennes) », ce qui « le conduit à ignorer ce que peut dire le pape sur les sujets dérangeants : surtout ce pape-là, suspect d’idées de gauche ».
A l’appui de sa démonstration, Patrice de Plunkett souligne l’attitude « des deux paroissiens Anne et Pierre », qui, interrogés par Le Monde, « restent silencieux sur la proposition de Fillon de supprimer 500 000 postes de fonctionnaires » durant le prochain quinquennat. Ainsi, « qu’importe que l’Etat nous prive de policiers ou de soignants indispensables ? Ce qui compte aux yeux d’Anne-et-Pierre, c’est qu’ « au niveau des valeurs de la famille et des valeurs chrétiennes », Juppé « c’est zéro ». Pourquoi est-ce chrétiennement zéro ? Parce que c’est « un homme de gauche déguisé en homme de droite » ! (Qu’il puisse y avoir des chrétiens de gauche n’effleure pas ces deux paroissiens) ». Le journaliste du Monde aurait aussi pu leur demander « pourquoi le programme si « familial » de Fillon ne favorise que les familles aisées ; Anne et Pierre auraient gardé le silence », assure encore Patrice de Plunkett. Car « ce qui dérange n’existe pas »(voir l’intégralité de sa note de blogue) .

En effet, que pèsera ce programme « si familial », si la famille (surtout celles « des classes pauvres et moyennes ») se retrouve précarisée par l’autre versant – économique libéral- de cette même politique, et si les papas rentrent de plus en plus tard, le soir, en semaine et le week-end, et même le dimanche ?

Plusieurs remarques à cela encore :
D’abord, ces commentaires choisis d’internautes, réagissant pertinemment à l’article de Patrice de Plunkett :

« ….ils me surprennent toujours les gens très émus, par ces embryons qu’on ne voit pas, par l’avortement[sujet en soi déjà très, très important], et qui refusent de se laisser toucher par les gens qu’on licencie en masse, par le type qui fait la manche à la sortie du supermarché. C’est très très surprenant cette émotion sélective. Le salarié qu’on licencie, la fille mère à l’oreille de qui le planning familial susurre qu’avorter c’est pas si mal, c’est le Christ lui-même. C’est pas moi qui le dis, c’est le Christ Lui-même qui l’a dit [dans Matt.25v36 et ss, par exemple].
Soyez sympas, atterrissez », dit ND / | 22/11/2016

En effet, « Comment prétendre aimer ce Dieu que l’on ne voit pas, alors que l’on n’aime pas son frère(ou son prochain) que l’on voit », écrivait l’apôtre Jean dans sa première lettre ? (1 Jean 4v20)

– Un autre internaute, « Cyril B / | 22/11/2016 », voit, quant à lui, « deux façons d’être chrétien en politique en France (4):
1) Ou bien (…) on dresse un tableau avec en colonne les « sujets de société » (avortement, euthanasie…); et en ligne le nom des candidats. Et dans chaque case on coche « d’accord avec le pape » ou « pas d’accord avec le pape ». Indépendamment du fait que la réduction de la doctrine de l’Eglise aux questions de mœurs est scabreuse, cette démarche des cases à cocher est vraiment ridicule », puisqu’ « elle montre des chrétiens qui ne votent pas en conscience, mais qui se cherchent un hypothétique permis de voter [pour « le candidat des valeurs chrétiennes » – en 2012, certains avaient cru devoir discerner ce label à Nicolas Sarkozy] que le pape [ou leur prêtre ou leur pasteur] serait censé leur donner. Les chrétiens seraient donc les suiveurs d’un gourou qui soulagerait leur conscience électorale. Ce n’est pas seulement nier la liberté que Dieu nous a donné, c’est surtout une paresse qui dispense d’exercer son discernement.
2) Une autre façon d’être chrétien en politique en France, c’est de faire le constat objectif que l’heure n’est pas à la désignation d’un candidat miraculeux [un homme ou une femme « providentiel(le) », un « messie politique » ] mais plutôt à une réflexion profonde. Avant que ne paraisse la Jeanne d’Arc de la Vème République qui boutera les mauvaises lois hors de France, il faut lui donner les moyens pour, c’est-à-dire poser des fondations. Comme dit le psaume: « quand les fondations sont en ruine, que peut faire le juste ? ».
Et « précisément », ajoute l’internaute, « il y a un problème de fondation dans le catholicisme politique de France. Ne serait-ce que parce que la doctrine de l’Eglise [ou la Bible, les enseignements du Christ, diraient les protestants]est mal comprise par les cathos eux-mêmes ? Or Jésus dit en Matthieu 7 que quand une maison est mal fondée, sa ruine est très grande. Il ajoute aussi qu’il faut creuser longtemps avant de poser les fondations ». Et, ajouterai-je, la différence entre « les chrétiens sableux » et « les chrétiens établis sur le roc », se perçoit entre les premiers, qui se contentent « d’écouter la parole de Christ » sans la mettre en pratique, et les seconds, qui « qui écoutent la parole de Christ et y obéissent » (Matt.7v24-25)

 

"Honorer", c'est donner du poids, le juste poids. Et non pas être léger ou "lourd"...

« Honorer », c’est donner du poids, le juste poids. Mais notre posture fait-elle preuve de « deux poids, deux mesures », concernant « les valeurs chrétiennes » ou « les principes bibliques » ?

Du côté protestants-évangéliques, je citerai :
« Michée France », qui veut mobiliser le monde protestant, particulièrement évangélique, contre l’extrême pauvreté, et nous interpelle de la sorte :
Lorsqu’on parle des « valeurs » ou « principes bibliques », on y englobe rarement les causes de la pauvreté et de l’injustice sociale. « … Dans les questions de morale individuelle, du respect de la vie (avortement, euthanasie, …), de morale sexuelle (l’homosexualité, …), lorsque des croyants interpellent les gouvernants, demandent que la loi impose la morale et manifestent, parfois dans la rue, leur mécontentement, il est peu demandé de justifier bibliquement les actions de plaidoyer (…) Pourquoi faire deux poids deux mesures : au loin, au près, questions morales, questions sociales », alors qu’ « il n’y a pas dans l’Ancien Testament de disjonction entre la justice sociale et la morale sexuelle » ?
– Et Philippe Malidor, journaliste à Réforme, auteur et traducteur, dans « Si j’étais président… – Le sel du scrutin présidentiel », le 16/02/2012(cité sur notre blogue), lequel nous questionne dans le même esprit : « Dans les milieux chrétiens, singulièrement évangéliques, les débats tournent souvent autour des affaires de bioéthique. Il est vrai que celles-ci engagent, et pour longtemps, des choix de société dont la facture se paiera dans une ou deux générations. Les discussions autour de l’avortement ou de l’euthanasie ne sont absolument pas méprisables. Faut-il pour autant faire de ces sujets l’alpha et l’oméga du choix à faire devant l’urne ? Faut-il insister davantage sur les deux extrémités de l’existence terrestre au point d’occulter tout ce qu’il y a entre deux, c’est-à-dire, en l’occurrence, 65 millions de citoyens vivants ? Quid de la justice, de l’équité, de l’honnêteté en affaires, de la santé, de l’emploi, de l’éducation, de la morale publique, du droit d’opinion et de religion ? »
Ne serait-il pas temps de découvrir, dans la Bible et non dans les déclarations (« pieuses » ou non) des candidats aux élections, que « les points non négociables » de Dieu sont plus étendus que les nôtres ? Cf Deut.10v17-19 ; Ezech.16v49-50, 22v7 ; Jer.5v28, 7v1-8 ; Osée 4v1-3 ; Lévit.18-19….

 

 

Notes :
(1) Son programme économique repose sur la priorité absolue donnée à la croissance : fin des 35 heures, suspension de la loi sur la pénibilité [Qui oblige, depuis le 1er janvier 2015, les chefs d’entreprises à recenser les salariés exposés au travail de nuit, aux 3-8, aux tâches répétitives et aux caissons hyperbares. Les ouvriers et employés concernés gagneront ainsi le droit à partir plus tôt à la retraite. Or le patronat s’est engagé dans un boycott qui ne dit pas son nom], la dégressivité des allocations familiales, une nouvelle réforme des retraites et un allégement social de 35 milliards « pour la compétitivité des entreprises », la réduction de 500.000 du nombre de fonctionnaires et la suppression du principe de précaution (jugé « dévoyé et arbitraire ») de la constitution (article 5 de la charte de l’environnement, 2005 : « Lorsque la réalisation d’un dommage, bien qu’incertaine en l’état des connaissances scientifiques, pourrait affecter de manière grave et irréversible l’environnement, les autorités publiques veillent, par application du principe de précaution et dans leurs domaines d’attributions, à la mise en œuvre de procédures d’évaluation des risques et à l’adoption de mesures provisoires et proportionnées afin de parer à la réalisation du dommage » cf http://www.lemonde.fr/programmes/environnement/le-principe-de-precaution). Il entend contourner l’action du parlement, en usant du référendum, « pour faire sauter les conservatismes ».

(2) Encyclique du pape François sur l’écologie, publiée le 18 juin 2015.

(3) Une exhortation apostolique du pape François émise le 24 novembre 2013, et concernant la mission première de l’Église dans le monde moderne : l’évangélisation.

(4) Invité de l’émission « Coram Deo », à écouter sur le blogue théo « Le bon Combat », le pasteur Florent Varak, quant à lui, en voit en une autre, qui serait éloigné du « lobbying » et de la « théocratie ». Il estime par ailleurs qu’il est « très difficile » de déterminer « ce que serait un programme politique chrétien ».