Ne les oubliez pas : ce vendredi 12 février, c’est la journée internationale des enfants-soldats

Au Soudan, d'anciens enfants soldats laissent derrière eux leurs armes pour montrer qu'ils retournent à une vie normale (UNICEF)

Au Soudan, d’anciens enfants soldats laissent derrière eux leurs armes pour montrer qu’ils retournent à une vie normale (UNICEF)

« Tu ne livreras aucun de tes enfants pour le faire passer à Moloch, et tu ne profaneras point le nom de ton Dieu. Je suis l’Eternel ».(Lévit.18v21)

Incroyable mais vrai, mais cela existe encore au XXIe siècle : selon l’ONU, il reste 250 000 enfants-soldats, impliqués de manière directe ou indirecte dans des conflits armés dans le monde ! Plus de 2 millions d’enfants soldats ont été tués lors des dix dernières années.
Ils ont entre 7 et 18 ans et sont rattachés aux forces armées. Ils ne sont pas toujours « soldats », mais peuvent servir en tant que cuisiniers, porteurs, messagers, espions ou de détecteurs de mines. Témoins de conflits ou forcés d’y prendre part, ils sont avant tout des victimes : asservis, exploités, violentés, abusés sexuellement, blessés ou tués… Pendant plusieurs mois ou plusieurs années, leur vie quotidienne n’est plus celle d’enfants de leur âge : leur droit à l’enfance et à l’éducation est littéralement violé et volé.
Les continents où le nombre d’enfants soldats est le plus élevé sont l’Afrique (République Démocratique du Congo, Tchad, Ouganda, Mali) et l’Asie (Myanmar, Népal, Pakistan, Philippines ou Sri Lanka). Les enfants-soldats sont également présents sur le continent américain, notamment en Colombie depuis de très nombreuses années.

Les raisons de l’engagement des enfants soldats, nombreuses et parfois complexes, restent la pauvreté et le manque d’éducation, sans compter un contexte de guerre déjà très difficile. Une partie des enfants sont contraints de devenir enfants soldats sous la menace ou alors sont enlevés à leur famille.

Le 12 février, c’est leur journée internationale. Pour ne pas les oublier et pour faire le point sur les droits de l’enfant. Cette date n’a pas été choisie au hasard, puisqu’elle coïncide avec le jour de l’entrée en vigueur du Protocole facultatif se rapportant à la Convention relative aux droits de l’enfant, le 12 février 2002. Ce document de l’ONU interdit à quiconque l’utilisation d’enfants-soldats à travers le monde, et exige que l’âge minimum pour le recrutement obligatoire et la participation directe à un conflit armé soit de 18 ans.
A signaler, encore, l’action de diverses branches de l’ONU, lesquelles, en collaboration avec des ONG (organisations non gouvernementales), prennent en charge des opérations de démobilisation et de démilitarisation des enfants. Et ce, avec des résultats intéressants. À cela s’ajoutent des programmes de réinsertion de ces enfants dans leur communauté et dans leur famille d’origine. Depuis l’an 2000, dans le monde, presque 100 000 anciens enfants soldats ont été accompagnés pour qu’ils puissent retrouver une vie normale.
Vous connaissez certainement une ou plusieurs ONG travaillant dans ce sens, à soutenir.

 
Pour aller plus loin :
Un exemple de journée pédagogique par Le Réseau canadien In-Terre-Actif, secteur jeunesse du Comité de Solidarité/Trois-Rivières, qui « un outil d’éducation à la citoyenneté permettant aux jeunes d’être sensibilisés aux enjeux mondiaux actuels et de jouer un rôle en solidarité internationale ». Ce réseau propose, dans un dossier d’éducation à la citoyenneté, des fiches d’activités pour les élèves et des guides pour les enseignants sur 4 thématiques liées à la guerre dont celle les enfants-soldats.

Exemples d’actions proposées aux(et avec les) enfants :

1)Adopter des comportements pacifiques au quotidien, notamment dans notre façon de t’exprimer (au « je » plutôt qu’au « tu », avec respect et honnêteté sans brusquer les gens). Tenter de résoudre nos conflits avec des mots et une médiation plutôt qu’avec des gestes violents.
2) Dans notre quotidien, éviter d’acheter et d’offrir des jouets qui renforcent une culture de la violence. Choisir des jeux pacifiques et qui stimulent la créativité de l’enfant.

3) Se rappeler que la guerre n’est pas un jeu et que beaucoup d’enfants autour du monde meurent dans des contextes de guerre et doivent combattre avec de vraies armes.
4) Se joindre ou, s’il n’existe pas déjà, fonder un comité d’élèves-médiateurs dans son école, dont l’objectif serait de contribuer à promouvoir le pacifisme et la résolution non-violente des conflits.

Autres liens :

Amnesty International – Enfants et droits humains
UNICEF (Fonds des Nations Unies pour l’enfance) – Les enfants-soldats
Le travail de l’UNICEF : « déposer les armes et construire un avenir »

Child Soldiers International
Nations Unies – Les enfants et les conflits armés

 

A lire :
« Une arme dans la tête », de Claire Mazard. Flammarion jeunesse, 2014 (Tribal). Un roman sur le sujet, pour adolescents(à partir de 14 ans).
« Le jeu a cessé quand nous avons eu de vraies armes et quand nous avons croisé le caporal »
A 10 ans, Apollinaire est enrôlé dans l’armée d’un pays d’Afrique comme enfant soldat. Drogué, il devient « Conan l’effaceur » et commet les pires atrocités. Lorsque Wamba, son meilleur ami, est tué, il s’enfuit. Recueillit par un prêtre, il arrive clandestinement en France. Là, il devient un « mineur isolé » et tente d’oublier le passé au sein d’un foyer et l’apprentissage d’un métier. Mais peut-il oublier la violence dont il a fait preuve pendant quatre ans ? Comment racheter ses fautes ? Comment vivre-et non plus survivre ?
Un livre fort, sensible et intelligent, sur le difficile retour à la vie « normale » d’un ancien enfant-soldat hanté par ses souvenirs. A lire pour les plus grands, surtout, pour sensibiliser à une thématique peu connue et pour prendre toute la mesure de la valeur du droit à l’enfance et à l’éducation.

 

 

A étudier :
« Tu ne livreras aucun de tes enfants pour le faire passer à Moloch, et tu ne profaneras point le nom de ton Dieu. Je suis l’Eternel ».(Lévit.18v21 + Lévit.20v1-7) ; Deut.12v31, 18v10….Jer.32v35
Qui sont nos « Moloch » d’aujourd’hui ?

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2 réflexions sur “Ne les oubliez pas : ce vendredi 12 février, c’est la journée internationale des enfants-soldats

  1. Bonsoir Pep’s

    merci pour ce rappel. Je me souviens également d’ un documentaire : « un cauchemar nommé Darwin » démontrant la vie dramatique des enfants – entre autres -en Tanzanie. Le film avait créé la polémique, mais les images, sont elles, bien réelles. La souffrance des enfants (et des femmes) y est terrible.
    Je me souviens aussi du contraste, avec les enfants pris en charge par les institutions chrétiennes ….
    Enfin, comme le dit l’ ecclésiaste : rien de nouveau sous le soleil ! Désespérant.
    Merci de nous rappeler qu ‘il y a quand même de belles et courageuses initiatives.
    A bientôt
    Anthon

  2. Bonjour Anthon, merci pour ton commentaire et pour ce film-ressource, dont j’ai entendu parler, mais pas encore vu.
    En effet, « rien de nouveau » pour cette triste réalité, dont l’intérêt ne saurait se limiter à une simple journée-commémorative ou pédagogique !

    Bien à toi et bien fraternellement,
    Pep’s

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