Prions pour l’Education, cet enjeu fondamental pour notre temps

Que "semez-vous" dans les générations présentes ? De là l'enjeu vital de l'éducation et la culture !

Que « semez-vous » dans les générations présentes ? Que sèmerez-vous dans les générations à venir ? De là l’enjeu vital de l’éducation et la culture !

Connaissez-vous L’éléphant ? Non pas le pachyderme, mais la revue qui est convaincue que « la culture générale et l’éducation contribueront à sauver le monde ». Une idée jugée « désuète, à l’heure où toute la connaissance du monde est à portée de clic ».

« A l’approche de sa mort, Darwin reconnut à plusieurs reprises dans ses écrits que deux choses auraient perdu de leur intérêt à mesure qu’il vieillissait », relève Francis Schaeffer dans « La Pollution et la mort de l’homme » (BLF, 2015) : la perte des plaisirs de l’art et de la nature. Et Francis Schaeffer déclarer être convaincu « que ce qui affecte aujourd’hui toute notre culture n’est rien d’autre que ce que Darwin avait vécu en son temps »(op. cit., p 10).

Bien avant lui, Hannah Arendt faisait ce même rapprochement troublant entre la nature et la culture : le mot « culture », d’origine romaine, vient de « cultiver », « demeurer », « prendre soin », « entretenir », « préserver », dans le sens « de culture et d’entretien de la nature en vue de la rendre propre à l’habitation humaine »(« la crise de la culture »; Folio essais, 2014, p 271). Mais alors que « les Romains tendaient à considérer l’art comme une espèce d’agriculture, de culture de la nature, les Grecs tendaient à considérer même l’agriculture comme un élément de fabrication, comme appartenant aux artifices techniques ingénieux et adroits, par lesquels l’homme, plus effrayant que tout ce qui est, domestique et domine la nature ». Les Grecs comprenaient l’activité de labourer la terre-« ce que nous considérons comme la plus naturelle et la plus paisible des activités humaines »-comme « une entreprise audacieuse, violente dans laquelle, année après année, la terre, inépuisable et infatigable, est dérangée et violée. Les Grecs ne savaient pas ce qu’est la culture parce qu’ils ne cultivaient pas la nature mais plutôt arrachaient aux entrailles de la terre les fruits que les dieux avaient caché aux hommes », selon la formule d’Hésiode. Quel rapprochement faites-vous, notamment avec les enjeux climatiques et environnementaux ?

Bref, « culture au sens d’aménager la nature en un lieu habitable pour un peuple », et culture au sens de transmission (de « prendre soin », de « garder » un patrimoine spirituel et moral) « déterminent encore aujourd’hui le contenu et le sens de ce que nous avons en tête quand nous parlons de culture »(op. cit., pp 272-273).

L’on pourrait également inclure l’éducation parmi les enjeux cruciaux de notre temps. Souvenez-nous : la revue citée plus haut estime que « l’éducation et la culture générale sauveront le monde ».

Les chrétiens-notamment évangéliques-en sont-ils convaincus eux-mêmes ? Estiment-ils vital de prier pour l’éducation ? A moins qu’ils ne considèrent l’éducation, la culture(et la nature) comme jadis les Grecs anciens ? De manière « technicienne » et « pragmatique » ?

Car « éduquer, ou élever un enfant, c’est l’aider à tirer de lui-même (educere) ce qui y est en germe, en sommeil. C’est l’aider à grandir, à se hausser (elevare) dans son corps et son âme, dans tout son être spirituel. Par éducation, nous entendons aussi la somme totale des processus par lesquels une société transmet d’une génération à l’autre son expérience et son héritage accumulés dans les domaines social, intellectuel et religieux », rappelle Luc Bussière, philosophe, pasteur et écrivain, dans un article consacré à l’éducation protestante, pour « La Revue Réformée ».

Y -a-t-il de la lumière chez vous ?Prions donc ensemble pour l’éducation. Dans ces temps difficiles qui sont les nôtres, face aux « ténèbres épaisses »[les extrémismes religieux et politiques] qui environnent notre pays (Ex.10v22-23), tout chrétien se devrait d’être à mille lieux de réagir par la peur, l’ignorance ou la violence. Au contraire, « C’est par Sa lumière que nous voyons la lumière », dit le psaume 36v9. De même qu’ « il y avait de la lumière dans les lieux où habitaient tous les enfants d’Israël » en Egypte(Exode 10v23), nous nous devons, tous ensemble, en tant qu’ « enfants de lumière », de faire promptement briller notre lumière, de façon proactive, et non de façon réactive ou vindicative(cf Eph.5v8-9).  Pour cela, la meilleure posture reste celle de nous mettre volontairement à genoux devant notre Père céleste (plutôt que de plier, par fatalisme ou résignation) pour intercéder en faveur de l’Education et de l’Ecole (privée comme publique). En faveur d’une éducation durable, pleine de sens, inspirée, fondée sur Jésus-Christ et la Bible.

« Armons-nous de force, dans le Seigneur (Jésus-Christ), de Sa force toute puissante »(Eph.6v10. TOB), sachant que « nos armes ne sont pas charnelles », mais bien spirituelles(2 Cor.10v4 ; Eph.6v11 et ss) : « elles sont puissantes et efficaces pour renverser les forteresses » et les faux raisonnements(2 Cor.10v4 et ss). Et tout commence par les pensées* !

A l’heure où certains peuvent se désoler : « dans quel monde vivons-nous ? », un vieil adage juif tend plutôt à se questionner ainsi : « dans quel monde vivront-ils ? ». C’est en effet une meilleure question : que laissons-nous à cette génération ? De nouvelles idoles, ou un héritage durable, porteur de sens ?

Prions ensemble pour l’éducation !

 

Note :

*Voici un petit test, particulièrement révélateur. Que révélera-t-il de votre côté ? Voir https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2015/05/29/testez-vous-nommez-ces-marques-nommez-ces-plantes/

« La sagesse de Salomon » ou l’art de manier « l’épée de l’Esprit »

Le Jugement de Salomon, par Nicolas Poussin (1649). Musée du Louvre. Richelieu, 2ème étage, salle 14.

Le Jugement de Salomon, par Nicolas Poussin (1649). Musée du Louvre. Richelieu, 2ème étage, salle 14.

Lecture de 1 Rois 3v2-14, 16-28
Le célèbre « jugement de Salomon » vient juste après sa non moins fameuse prière.
A cette époque, « le peuple ne sacrifiait que sur les hauts lieux, car jusqu’à cette époque il n’avait point été bâti de maison au nom de l’Éternel. Salomon aimait l’Éternel, et suivait les coutumes de David, son père. Seulement c’était sur les hauts lieux qu’il offrait des sacrifices et des parfums. Le roi se rendit à Gabaon pour y sacrifier, car c’était le principal des hauts lieux. Salomon offrit mille holocaustes sur l’autel »(vv2-4).
C’est à Gabaon que L’Éternel « apparut en songe à Salomon pendant la nuit » et lui dit : « Demande ce que tu veux que je te donne »(v5). Les possibilités semblaient illimitées. « Demande ce que tu veux que je te donne ». Qu’auriez-vous demandé, vous ?
Et Salomon demanda que lui soit accordé « un cœur intelligent pour juger (le) peuple (de Dieu), pour discerner le bien du mal ! Car qui pourrait juger (son) peuple, ce peuple si nombreux ? »(v9). Une demande « qui plut au Seigneur »(v10), lequel Lui donna « un cœur sage et intelligent », et en plus tout ce que Salomon n’avait pas demandé : « richesse et gloire ».

« Salomon s’éveilla. Et voilà le songe ». Il est intéressant de constater que, suite à cette visite de Dieu et suite à sa prière, « Salomon revint à Jérusalem, et se présenta », non plus devant les hauts lieux, mais « devant l’arche de l’alliance de l’Éternel »[lieu de la présence de Dieu], où « il offrit des holocaustes et des sacrifices d’actions de grâces, et il fit un festin à tous ses serviteurs ». C’est « alors » que « deux femmes prostituées vinrent chez le roi, et se présentèrent devant lui….. »(v15-16)

Le cas est épineux : il s’agit de discerner qui est la mère de l’enfant vivant et qui est la mère de l’enfant mort. Salomon demande alors une épée pour trancher le litige (vv24-25), mais celle-ci ne servira pas. Elle ne sera pas utilisée « contre la chair et le sang »(Eph.6v12). L’enfant vivant ne sera pas coupé en deux. Mais comment Salomon a-t-il su qui était la vraie mère-celle de l’enfant vivant ? C’est là le paradoxe : Quand les intentions du cœur et l’esprit de la vraie mère[celle qui accepte de lâcher son enfant vivant] ont été dévoilées…par une autre épée !
Celle-ci est « l’épée de l’Esprit », « la Parole de Dieu »(Eph.6v17b), beaucoup plus efficace que la première ! Car « vivante, en effet, est la parole de Dieu, énergique et plus tranchante qu’aucun glaive à double tranchant. Elle pénètre jusqu’à diviser âme et esprit, articulations et moelles. Elle passe au crible les mouvements et les pensées du cœur. Il n’est pas de créature qui échappe à sa vue ; tout est nu à ses yeux, tout est subjugué par son regard. Et c’est à elle que nous devons rendre compte ». (cf Hébr.4v12-13. TOB)
Dévoiler « les intentions du cœur », c’est là l’effet et le rôle de « l’épée de l’Esprit », notre seule arme offensive(Eph.6v17b). Et ce ne sont pas ceux qui sont obsédés et aveuglés par la richesse, la puissance ou leur propre gloire, qui peuvent l’utiliser.
Mais ce sont les hommes sages, spirituels, matures, propres à discerner le bien du mal (Hébr.5v14), qui savent l’utiliser.

Apprenons donc à bien l’utiliser.