Pourquoi il ne faut pas oublier de voter dimanche

Comment "bien" voter, "haut la main" ?

Comment « bien » voter, dimanche, « haut la main » ?

Vous l’avez peut-être oublié, mais nous votons pour la dernière fois, dimanche 6 et 13 décembre…..avant la prochaine élection présidentielle de printemps 2017.

Il s’agit des « régionales », organisées à cette date dans le cadre des nouvelles régions redessinées par la loi du 16 janvier 2015(lesquelles passent de 22 à 13). Vous faites peut-être partie de ceux qui ignorent qu’elles ont lieu prochainement. Ou vous faites peut-être partie des chrétiens qui estiment qu’ « ils ne sont pas du monde », quoiqu’ étant « dans le monde »(Jean 17v14, 16), d’autant plus que le « royaume » de Jésus « n’est pas de ce monde »(Jean 20v36)-ce qui est tout à fait vrai-Et que, donc, non, un chrétien n’a pas à se préoccuper de ces questions.

Mais jusqu’à quel point « ne sommes-nous pas dans le monde » ? Par exemple, quand nous consommons, ou jouissons « des plaisirs du monde » ? Être citoyen n’est-il pas plus important que d’être un simple et pur consommateur ?

Et ne sommes-nous pas « envoyés dans ce monde » (Jean 17v18)appelés par le Seigneur Jésus à être « lumière et sel », « ses témoins », d’abord « à Jérusalem », puis « en Judée, à Samarie, et jusqu’au bout de la terre » ? (Actes 1v8). Et quelle est notre « Jérusalem », notre « Judée », sinon notre ville, notre région… ? Et notre mandat initial n’est-il pas de « servir » et de « garder », « protéger » notre terre ?(Gen.2v15)
Dans quelle mesure servons-nous, en ce monde ? Dans quelle mesure sommes-nous Ses témoins ? De quelle manière pourrons-nous l’être, notamment dans la manière d’exercer le pouvoir du droit de vote ?

D’autant plus que les « régionales » touchent au plus près notre quotidien : leurs compétences se sont renforcées par la loi NOTRe du 7 août 2015, même après la perte de la clause de compétence générale (cad leur donnant un pouvoir d’initiative). Les régions s’occupaient déjà du développement économique, de l’aménagement du territoire, de la formation professionnelle, de la gestion des lycées et des transports, des subventions des associations. Aujourd’hui, « le conseil régional a compétence pour promouvoir le développement économique, social, sanitaire[notamment avec l’enjeu de la lutte contre les déserts médicaux], culturel et scientifique de la région, le soutien à l’accès au logement et à l’amélioration de l’habitat, le soutien à la politique de la ville et à la rénovation urbaine et le soutien aux politiques d’éducation et l’aménagement et l’égalité de ses territoires, ainsi que pour assurer la préservation de son identité et la promotion des langues régionales, dans le respect de l’intégrité, de l’autonomie et des attributions des départements et des communes ». Ce qui n’est pas mince*.

Elles ne sont donc à manquer sous aucun prétexte, à l’instar de toutes les autres élections, qu’il s’agisse de la présidentielle, des législatives, des européennes, des départementales, ou des municipales…. Chacune d’elles, complémentaire des autres, porte une partie des pouvoirs politiques, à un échelon divers.

D’autre part, vivant dans une démocratie représentative, nous bénéficions du droit de vote, qui est un acte citoyen simple, mais redoutable, car porteur de très grandes responsabilités. Nous sommes convoqués les 6 et 13 décembre 2015, appelés à élire ceux qui seront nos représentants, chargés de gérer et de décider à l’échelle régionale pour six ans. Tout choix doit donc être pesé et raisonné, et certainement pas sous le coup d’un coup de gueule…de la haine, ou de la peur.

« Pour qui faut-il voter ? » me demanderez-vous peut-être ?

Si vous attendez une réponse à cette question ou une consigne « d’en haut », méfiez-vous. Ce n’est pas vous rendre service que d’y répondre à votre place, et vous n’avez pas besoin d’un gourou.

Le défi, et la responsabilité, pour tout citoyen, ou même chrétien-citoyen (et c’est également celui du débat démocratique), reste de juger/d’apprécier/d’évaluer la pertinence (et la portée) des mesures proposées dans les programmes des différents candidats** (à condition de les lire), de la même manière qu’en église, nous évaluons ceux ou celles qui prétendent parler au nom de Dieu (cf 1 Cor.14v29).
Évaluons également l’intégrité, le sérieux et la capacité des prétendants à l’élection à voir le long-terme (le souci de transmettre à la génération suivante) et à rechercher, non pas les intérêts d’un clan ou d’un lobby, mais l’intérêt général, dans le respect de la dignité humaine, comme dans le respect de l’environnement. Tirez des leçons du scandale sanitaire de « la viande de cheval » et méfiez-vous des étiquettes (« chrétien », « catholique », « protestante ») pour apprécier la réalité du contenu. « Pensez global » et cherchez l’interdépendance des différents domaines(famille, santé, éducation, environnement, éthique, économie, social…). Pensez également aux conséquences des actions proposées…
L’examen desdites mesures proposées, relatives à une petite échelle, permet de discerner ce qui pourrait être réalisé plus tard, sur une plus grande échelle.

A l’inverse, prévient Pierre Tourev, fondateur et animateur du site « Toupie »(qui se veut « éveilleur des consciences politiques des citoyens »), « se désintéresser des élections, c’est aussi clamer leur inutilité et donc faire le jeu de ceux qui voudraient les supprimer et avec elles toutes ces « coûteuses » assemblées d’élus (« Cela ferait des économies ! »). Un homme fort (ou une femme) au pouvoir leur suffirait. Mais nous pouvons encore voter et choisir nos dirigeants, ceux à qui l’on fait confiance, ceux dont les opinions sont les plus proches des nôtres ou, à défaut, d’écarter ceux que l’on ne veut absolument pas avoir comme élus ».

Les chrétiens seront-ils « les premiers » ou les derniers, « dans les bonnes œuvres » ?

Enfin, il a beaucoup été fait question des possibilités du Front national, parti d’extrême-droite, de conquérir trois régions à l’issue de ces élections : « Nord-Picardie, avec la liste emmenée par Marine Le Pen, Provence-Alpes-Côte d’Azur, avec celle conduite par sa nièce, Marion Maréchal-Le Pen, et Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine. En cas de victoire, la politique menée par le FN prendra-t-elle vraiment le virage social affiché dans les discours ? » Ivan Du Roy analyse pour Basta mag les mesures mises en œuvre par les maires frontistes, au sein de la vingtaine de villes qu’ils administrent, de nature à nous donner des éléments de réponses et à laisser entrevoir un programme à plus grande échelle : « austérité budgétaire, affaiblissement des services publics, abandon des populations les plus modestes (not. via la suppression de la gratuité de la cantine et des transports scolaires), vision néolibérale du travail… Entre les belles déclarations de ses leaders et son véritable programme tel qu’il est appliqué, il y a un abîme ». Lire l’article ici.

Sur ce, bon WE, et « bon vote ! »

 

Notes :

* Voir sur http://www.vie-publique.fr/actualite/dossier/elections-regionales-2015/competences-regions-apercu-apres-loi-notre.html ; http://www.vie-publique.fr/actualite/faq-citoyens/elections-regionales-2015/

Ainsi que la fiche mémo du CPDH sur les régions.

**En savoir plus sur le site revdem, repéré grâce au CPDH.

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