Foireux liens(9) : « L’activisme n’est pas du militantisme ! »

"Occupé, trop occupé !" Une malédiction ou...un sujet de gloire ?

« Occupé, trop occupé ! »
Une malédiction ou…un sujet de gloire ?

Serait-ce « l’appel du 1er mai », fête du travail en France ?

Pour le mois d’avril qui vient de s’écouler, je constate une drôle de « coïncidence », avec la présence de pas mal d’articles-voire d’occasions- abordant les thèmes du travail, du chômage, de l’activisme(de « l’overbooking ») ou du phénomène d’être « occupé, trop occupé ». Et ce, dans un contexte où le code du travail fait l’objet de nouvelles attaques.

En voici quelques-uns. Prenez donc le temps de consulter ces diverses et édifiantes contributions à cet éternel sujet :

 

« Depuis dix jours, plus personne ne répond à nos mails ». La raison ? Les gens sont débordés ! D’ailleurs, « presque tous les gens que nous connaissons sont débordés. Ils se sentent angoissés et coupables dès qu’ils ne sont plus en train de travailler ou de promouvoir leur travail. Quand ils consacrent du temps à leurs amis, ils le font comme de bons élèves font du bénévolat, parce que ça fait bien sur un CV », constate le journaliste et cartooniste Tim Kreider.

« Il n’y a pas longtemps », témoigne-t-il, « j’ai proposé à un copain qu’on se voie un jour dans la semaine. Il m’a répondu qu’il n’avait pas trop de temps mais de l’appeler si je faisais un truc : il arriverait peut-être à dégager quelques heures. J’ai failli lui dire que ma question n’était pas le préliminaire à une invitation mais l’invitation elle-même. Mais bon, il aurait fallu crier tellement fort pour qu’il m’entende par-dessus le bruit de son agitation que j’ai laissé tomber.

Même les enfants sont débordés, aujourd’hui. Entre l’école et les activités extra-scolaires, leur journée est réglée à la demi-heure. Quand ils rentrent le soir, ils sont épuisés comme des adultes… » (La suite sur « Moyen courrier », blog de Rue89 Lyon)

 

« Je suis très occupée ! », constate Ludivine sur « elle croit », son blogue féminin, donnant raison à ce qui précède. Va-t-elle « s’en sortir » ? Sauf qu’il ne s’agit pas d’ « une nouvelle situation d’urgence à régler particulièrement ce mois ci… C’est sa vie normale !  Moment de silence…»

Marquez une pause avant de lire sa critique de « Vie de fou » (Crazy Busy) de Kévin DeYoung, « un livre pour ceux qui sont toujours un peu occupés voire très occupés ! Ou/et qui ont besoin d’organisation ».

 

Puis, prenez le temps de lire attentivement les « 4 façons de remporter la victoire sur le surmenage » du pasteur J. D. Greear. Car, dit-il, “Être sur-occupé n’est pas seulement inconfortable, c’est aussi dangereux. Il y a peu de choses aussi destructrices (y compris pour l’âme) que le surmenage”. A découvrir sur TGC Evangile 21.

 

Ensuite, le code du travail français est-il « un carcan », empêchant « la libération des richesses de ce pays », comme j’ai pu récemment l’entendre, lors d’un séminaire ?*

Tout dépend certainement du côté où l’on se place. Et tout dépend du côté où Dieu se place (Deut.24v14-15 ; Es.58v3…), aurai-je envie de répondre. Comme de poser cette autre question : combien de pages valent la vie d’un homme ?

Gilles Balbastre y répond dans le Monde diplomatique dans un article de novembre 2014, toujours d’actualité.

D’ailleurs, notre vision sur cette question est-elle réellement biblique ? Car, au commencement, le travail est un don de Dieu, et même un bon projet de Dieu pour l’homme. Néanmoins, c’est le péché qui a déformé et rendu plus difficile ce qui était bon, au départ, provoquant les dérives présentées plus haut : trop ou pas assez, voire pas du tout(de travail). Pour aller plus loin,  le dernier numéro de « Promesses » d’avril-juin 2015, qui apporte une réflexion biblique pertinente sur « travail et chômage », est à découvrir. Equilibré, quoique manquant de contribution féminine, il mérite le détour : voir « les sept questions sur le travail » de Joël Prohin(« est-une malédiction ou un don de Dieu ? A quoi sert notre travail ? Comment le faire ? Que penser du travail rémunéré de la femme mariée ? Le chrétien peut-il se mettre en grève ?… ») ; « le chômage : qu’en dit la Bible ? » de Nathanaël Bourgeois ; « Le travail de Dieu » de Claude-Alain Pfenniger, qui nous présente Dieu comme le « travailleur par excellence », « sans rival » dans ce domaine. Lequel, dès le commencement, a su prendre le temps de contempler ce qu’Il fait, pour dire « c’est bon !…c’est même très bon ! »…« Patrons et employés : entre soumission zélée et devoirs réciproques » de Frédéric Mondin…et le bienvenu « L’inventeur des congés payés » de David Richir, lequel nous rappelle que le premier commandement de Dieu à son peuple…c’est de s’arrêter, de se reposer un jour par semaine(Ex.16v23) !

A commander sur le site et à offrir à vos amis… « overbookés » !

 
Le travail ! Comme pour tout sujet, il y a deux manières d’en parler, rappelle Benoît Sibille des « Cahiers libres » : celle des experts, qui, tout en « emplissant nos plateaux TV et nos partis politiques », réussissent le tout de force d’ « oublier de nous parler du travail en lui-même. Reste alors une deuxième méthode, celle du philosophe, qui consiste, elle, à donner la parole au réel : Qu’est-ce qui se donner à vivre dans le travail ? » Ecouter la chronique de Benoît Sibille pour Radio Notre Dame, sur « les Cahiers libres ».

 

Pour finir, profitez-en aussi pour voir ou revoir ces films sur le travail(sens, conditions…)et le chômage :

« Le sel de la terre » de H.J. Biberman(1953), dont nous avions déjà parlé : l’un des films les plus singuliers des années 1950, peut-être celui qui résume le mieux l’époque du maccarthysme, et qui a le mérite de ne pas oublier les conséquences morales et psychologiques d’un conflit social sur les rapports (raciaux, sociaux) des hommes entre eux, leur comportement/leur motivation et la vie des couples.

« La classe ouvrière va au paradis », un film italien d’E. Pietri(Palme d’or à Cannes en 1972) : ou comment un ouvrier zélé, doublé d’un consumériste docile, en arrive à faire grève. Le point de départ du film, qui « n’est pas un film sur une prise de conscience révolutionnaire », est l’idée du travail à la chaîne qui rend les hommes esclaves d’un même travail, pendant des années, sans même qu’ils sachent à quoi ça sert. Le « miracle italien » n’a eu lieu que parce qu’on a fait faire en huit heures des travaux qui devaient être faits en quinze**.  Ecouter la BO du film.

 

« The company men » de J. Wells (2010) : un film qui donne l’illusion d’avoir affaire à une énième fable hollywoodienne sur des héros ordinaires qui parviennent à surmonter une crise (ici financière) par la seule force des bons sentiments et des incontournables valeurs familiales. Or, The Company Men montre une Amérique que l’on n’a pas tant l’habitude de voir au cinéma : celle des cadres moyens supérieurs, qui croient dans un système qu’ils servent docilement, et qui se retrouvent d’autant plus désemparés quand ils sont sacrifiés à la faveur d’une « restructuration ».

 

Notes :

* Une pensée qui me paraît plus marquée par l’idéologie libérale que par la pensée biblique. Or, la tendance actuelle est plutôt, depuis plusieurs années, le « détricotage » du code du travail entraînant banalisation de la flexibilité, précarité…sans compter que les papas(mais aussi les mamans)rentrent de plus en plus tard à la maison, et « doivent » travailler le dimanche. Pourquoi « doivent » ?

D’autre part, l’actuel projet de loi « pour la croissance, l’activité et l’égalité des chances économiques » du ministre de l’économie Emmanuel Macron, (adopté en 1ère lecture à l’assemblée nationale le 19 février 2015 ; en discussion au Sénat- vote prévu le 12 mai) participe bien à cette logique : libéralisation des lignes d’autobus ; accroissement du travail du dimanche et de nuit ; limitation du rôle des prud’hommes ; affaiblissement du code du travail ; déréglementation de la profession des notaires ; privatisation de l’industrie de l’armement et des aéroports ; filialisation de centres hospitaliers universitaires ; assouplissement des normes environnementales…( cf http://www.legifrance.gouv.fr/affichLoiPreparation.do?idDocument=JORFDOLE000029883713&type=general&typeLoi=proj&legislature=14 ; http://www.la-croix.com/Actualite/France/Loi-Macron-les-principaux-points-2015-02-17-1281670 ; http://www.lefigaro.fr/politique/le-scan/citations/2015/04/28/25002-20150428ARTFIG00369-emmanuel-macron-n-exclut-pas-d-avoir-a-nouveau-recours-au-49-3.php )

Bref, le plus gros mensonge du libéralisme est de faire croire qu’il ne règne pas, qu’il n’a jamais régné, et qu’il doit régner. Et « qu’il n’y a pas d’autre alternative ».

 

 
** cf http://www.tamasadiffusion.com/sitesofficiels/classeouvriere/classeouvriere-documents/classeouvriere-petripartassone.pdf  ; http://www.dvdclassik.com/critique/la-classe-ouvriere-va-au-paradis-petri

Publicités

Une réflexion sur “Foireux liens(9) : « L’activisme n’est pas du militantisme ! »

  1. Il y a quelques décennies, les travailleurs européens, du bas comme du haut de la pyramide voyaient leur temps de travail diminuer, leur salaire augmenter, leur possibilités de travailler dans des postes moins astreignants augmentaient réellement. Tous croyaient que ‘la génération suivante’ aurait encore de meilleures conditions de travail. Même après une dure journée de travail difficile, physiquement difficile souvent, il y avait un sentiment de ‘travail accompli’. Le travailleur avait de plus en plus d’assurances pour travailler toujours moins et gagner toujours plus. Pour ne pas se faire renvoyer. Il était certain d’avoir ‘à manger demain’.

    Actuellement, les ‘nouvelles’ diffuses et diffuses parlent sans cesse de difficultés nouvelles. Les prévisions pour la génération suivante sont incertaines. Consciemment ou inconsciemment, à force d’être informé de la fermeture de l’usine x, de la délocalisation de l’entreprise y, des salaires gelés des fonctionnaires, de différentes coupes dans les budgets scolaires, de la santé, etc, etc. A force d’avoir dans notre entourage non pas un témoignage de ‘difficulté’ mais plusieurs et plus encore de lire (et d’entendre) dans les médias que tant tel domaine, c’est ‘ceinture’, dans tel autre, il y a telle difficulté, ce goute à goute d’informations souvent peu optimistes est en train de créer un ‘stress’ de ‘l’inconscient collectif’. Le travailleur en quittant son travail, ne se repose plus après un pénible travail accompli, sachant qu’il était moins pénible que hier, et plus pénible que celui de demain. Il essaye de trouver une solution pour ‘conserver ses acquis’ (sociaux, d’éducation (scolaire), salariaux) … de se persuader qu’il va trouver la solution pour ‘passer entre les goutes’, et il cherche à améliorer ‘ses prestations’, son apparence, sa façon de communiquer, son intégration dans le groupe, son quotient émotionnel, car généralement, il a pris des ‘cours’ de ceci et cela en cours de route, cours qui lui présentent une ‘façon d’être’, pas trop ceci, moins cela, plus ceci, cours qui bien souvent donnent des règles invisibles, le ‘travailleur’ doit améliorer ceci et cela mais il n’y a pas un ‘large chemin’ au milieu à suivre mais une multitude de ‘notion’ qui dépersonnalise petit à petit le ‘travailleur’. Il pense faire partie ‘du bon groupe’, du ‘grand groupe’ des personnes qui ont un QI, un QE, adéquat … toujours plus composés de personne en réalité stressée qui ‘cours après le temps perdu’ à … ? fuir le stresse bien souvent … paradoxalement à ‘stresser un maximum’ dans le but de … faire une pause (vacances), ou encore d’avoir ‘les pieds aux chauds’ (un poste a responsabilité, mieux payé, plus tranquille). C’est un peu l’histoire du pêcheur qui pêchait juste pour nourrir sa famille, puis faisait la sieste et du ‘grand promoteur’ qui lui recommande de travailler plus pour acheter un plus grand bateau, puis plusieurs, puis d’être suffisamment riche afin de pouvoir déléguer le travail à d’autre et ainsi … faire la sieste !

    Les technologies interactives ajoutent encore au stress. Auparavant, on vivait ‘le moment présent’, avec les personnes présentes. La terrasse au soleil du café du coin fermait à une certaine heure, ou la pluie venait interrompre le café. Actuellement, les SMS, les mail, etc, etc n’ont pas de fin. Il n’y plus dans la journée, quelques heures, même une seule ‘sans rien faire’. On cours partout pour avoir un peu de repos … mais on ne se repose en fait plus ‘dans notre tête’. Alors que nous avons toujours plus de machines pour faire les travaux les plus difficiles. En Australie, les femmes préfèrent des maris avec des professions artisanales et manuelles car une fois de retour ‘à la maison’, ils ont (encore ?) ce sentiment de ‘travail accompli’ et ne sont pas stressés, contrairement aux hommes de ‘professions libérales’ et autres ‘bureaucrates’ …

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s