Départementales (entre-deux) : combien « bien » voter ?

Vous ne le savez peut-être pas, mais nous sommes en pleine période électorale. Non, non, pas « la présidentielle » (il n’y a pas que celle-là dans la vie démocratique), mais « les départementales », qui remplacent les élections cantonales et désignent les membres du conseil départemental (ex-conseil général) dans le cadre du canton. Les conseillers généraux élus en 2008 et en 2011 seront ainsi tous remplacés en mars 2015 par des conseillers départementaux »(un binôme homme-femme par canton), élus pour six ans. (Source : vie-publique.fr)
Dimanche dernier a eu lieu un premier tour, et l’on vous donne peut-être rendez-vous, pour un second tour, dimanche prochain, 29/03. Comment alors « bien » voter ?

La démarche est on ne peut plus simple :
– Premièrement, si vous êtes de nationalité française, âgé de 18 ans révolus, jouissant de vos droits civils et politiques et si vous êtes inscrit sur la liste électorale de votre commune, rendez-vous, dimanche prochain 29 mars, dès 8h00-18h00 ou 20h00, au bureau de vote le plus proche de votre commune, muni de votre carte d’identité et de votre carte d’électeur. Vous ne votez qu’en cas de second tour, et si vous n’habitez pas Paris, Lyon, la Martinique, la Guyane, ou les collectivités d’outre-mer où ne siègent pas de conseillers départementaux.
– Ensuite, prenez tous les bulletins qui se présentent à vous et une enveloppe avant de vous rendre dans l’isoloir ; glissez un seul bulletin (celui correspondant au binôme que vous avez choisi) dans l’enveloppe. Vous pouvez ne rien mettre dans l’enveloppe : auquel cas, vous voterez « blanc ».
– Enfin, glissez l’enveloppe dans l’urne, et signez la feuille d’émargement. On ne peut plus simple.
Au préalable, vous aurez pris soin de ne pas vous tromper d’élection et donc, de ne pas reproduire l’erreur fréquente de certains candidats : En effet, à lire certaines professions de foi reçues dans nos boîtes aux lettres, certains candidats semblent avoir oublié qu’ils ne se présentent pas à une élection présidentielle ou législative. Ils font mine de croire ou font croire que ces élections départementales leur permettront d’agir au niveau national. Pire, ils nous offrent « une hyper-dramatisation des enjeux nationaux de ces scrutins locaux… », estime Jean-Christophe Gallien, professeur associé à l’Université de Paris 1 la Sorbonne et
membre de la SEAP, Society of European Affairs Professionals.
Ce qui nous amène au point suivant : le « programme » des candidats, les compétences du département, et les enjeux d’un scrutin dit « de proximité ».
Pourquoi élire des conseillers départementaux ? A quoi servent-ils ? La loi du 27 janvier 2014 désigne le département comme « chef de file » en matière d’aide sociale, d’autonomie des personnes (aide des plus fragiles et des personnes âgées) et de solidarité des territoires. Le coût financier de ses interventions représente plus de la moitié de son budget de fonctionnement.*
Cependant, tout n’est pas si simple : car les électeurs, comme les futurs conseillers départementaux-pour leur plan d’action, doivent tenir compte de NOTRe loi, qui n’est en réalité pas la nôtre, mais le projet de loi portant sur la nouvelle organisation territoriale (NOTRe). Son objet (défense de rire) est justement de définir les compétences des futurs élus. Il a été adopté en première lecture, au Sénat, le 27 janvier, et à l’assemblée nationale, le 10 mars 2015. A noter que la clause de compétence générale**, en partie supprimée par la réforme du 16 décembre 2010, puis restaurée au profit des départements par la loi du 27 janvier 2014, a été à nouveau supprimée par les députés et les sénateurs.
Néanmoins, il conserve ses compétences principales : « les solidarités sociales et territoriales », avec la gestion des collèges et des routes, la sécurité alimentaire, la culture, la lecture publique, le tourisme, le numérique, la jeunesse et le sport…ce qui n’est pas mince***.
Une seconde lecture, au Sénat puis à l’Assemblée, aura lieu après l’élection.

Les enjeux d’un scrutin dit « de proximité » :
A ce titre, en dépit de certaines incertitudes, le département reste un échelon essentiel. Il en fait la preuve au quotidien par son accompagnement à tous les âges de la vie, intervenant notamment sur le plan de la solidarité et de l’aide aux plus faibles.

N'oublions pas la solidarité...sans favoritisme !  (Affiche « De toutes nos forces », un film de Niels Tavernier, 2014, avec Jacques Gamblin et Fabien Héraud

N’oublions pas la solidarité…sans favoritisme !
(Affiche « De toutes nos forces », un film de Niels Tavernier, 2014, avec Jacques Gamblin et Fabien Héraud

Comment alors « bien » voter ?
En choisissant les candidats porteurs « des valeurs chrétiennes » ?

En manifestant plutôt le cœur de Dieu :
Lequel est « l’Éternel, votre Dieu, est le Dieu des dieux, le Seigneur des seigneurs, le Dieu grand, fort et terrible, qui ne fait point de favoritisme et qui ne reçoit point de présent, qui fait droit à l’orphelin et à la veuve, qui aime l’étranger et lui donne de la nourriture et des vêtements ». Nous aimerons alors « l’étranger », car nous avons été « étrangers dans le pays d’Égypte ». (Deut.10v17-19 et cf Ps.69v33, Matt.25v34-40)
« Bienheureux », alors, « celui qui comprend le pauvre »(Ps.41v1 cf 2 Cor.8v9)
Celui qui « croit être religieux » doit se souvenir que « la religion pure et sans tache, devant Dieu notre Père, consiste à visiter les orphelins et les veuves dans leurs afflictions, et à se préserver des souillures du monde. »(Jacq.1v26-27) ; que sa « foi en notre glorieux Seigneur Jésus Christ » doit être « exempte de tout favoritisme »(Jacq.2v1-9)
« Le roi »(ou toute autorité, qu’elle soit nationale ou, justement, locale), appelé également un « berger »(cf Ezech.34), se souviendra qu’il a pour mandat d’ouvrir la « bouche pour le muet, pour la cause de tous les délaissés ». D’ouvrir la bouche, de juger avec justice, et de défendre « le malheureux et l’indigent ».(Prov.31v8-9)
Et « que celui qui veut se glorifier se glorifie d’avoir de l’intelligence et de connaître (Dieu), de savoir (qu’Il est) l’Éternel, qui exerce la bonté, le droit et la justice sur la terre ; Car c’est à cela (qu’il prend) plaisir… » (Jer.9v24)

 

Notes :

* Parmi ses compétences :
• l’enfance : protection maternelle et infantile, adoption, soutien aux familles en difficulté financière ;
• les personnes handicapées : politiques d’hébergement et d’insertion sociale, prestation de compensation du handicap (loi du 11 février 2005) ;
• les personnes âgées : création et gestion de maisons de retraite, politique de maintien des personnes âgées à domicile (allocation personnalisée d’autonomie) ;
• les prestations légales d’aide sociale : gestion du revenu de solidarité active ;
• la contribution à la résorption de la précarité énergétique.
En matière d’éducation, le département assure :
• la construction, l’entretien et l’équipement des collèges.
• la gestion de 100 000 agents techniciens, ouvriers et de service (TOS) (loi du 13 août 2004).
Quant à l’aménagement, son action concerne :
• l’équipement rural, le remembrement, l’aménagement foncier, la gestion de l’eau et de la voirie rurale, en tenant compte des priorités définies par les communes (lois de 1983) ;
• les ports maritimes de pêche, les transports routiers non urbains des personnes ;
• une voirie en extension, soit toutes les routes n’entrant pas dans le domaine public national (loi du 13 août 2004), ce qui a entraîné un transfert d’une partie des services de l’Équipement.
Le département a également une compétence culturelle : création et gestion des bibliothèques départementales de prêt, des services d’archives départementales, de musées ; protection du patrimoine.
Dans les domaines partagés jusqu’à maintenant, le département peut intervenir pour accorder des aides directes ou indirectes au développement économique.
Sur ces fameuses compétences, encore :
http://www.lemonde.fr/politique/article/2015/03/09/les-questions-sociales-enjeu-majeur-des-elections-departementales_4588216_823448.html
http://www.lesechos.fr/idees-debats/editos-analyses/0204229721502-les-departementales-rejouent-la-reforme-territoriale-1103741.php

http://www.metronews.fr/elections/departementales-2015-mode-d-emploi/mobp!01md34geMyiQ/

Et un rappel des bonnes raisons d’aller voter aux élections départementales :
http://www.rue89strasbourg.com/index.php/2015/03/22/politique/on-a-trouve-des-raisons-de-voter-aux-elections-departementales/

** La clause générale de compétence signifie qu’il est accordé aux collectivités une capacité d’intervention générale, sans qu’il soit nécessaire de procéder à une énumération de leurs attributions (http://www.vie-publique.fr/decouverte-institutions/institutions/collectivites-territoriales/competences-collectivites-territoriales/qu-est-ce-que-clause-generale-competence.html )

*** Ce qu’il en actuellement et pour suivre l’évolution du projet NOTRe : http://www.lagazettedescommunes.com/334902/projet-de-loi-notre-ce-quil-faut-retenir-du-texte-de-lassemblee/#competencegenerale ; http://www.legifrance.gouv.fr/affichLoiPreparation.do?idDocument=JORFDOLE000029101338&type=general&typeLoi=proj&legislature=14 ; http://www.la-croix.com/Actualite/France/Le-departement-sauve-ses-principales-competences-2015-03-10-1289667

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