« Action » mais pas « réaction » !

"300, naissance d'un empire"(2014)

« 300, naissance d’un empire »(2014)

Depuis environ une semaine, l’affiche du film(sorti hier) « 300, naissance d’un empire »* se voit à peu près partout.

Une affiche troublante, extrêmement sanglante et violente, avec les « slogans »  : « Gloire et vengeance », ou(pour une autre) « Athènes brûlera »….L’ensemble reflètant un esprit vindicatif et revanchard.

Et le chrétien, dans son engagement personnel ou dans l’exercice du mandat divin, quel que soit son champ de mission ? Quel esprit doit-il manifester ?

« Il importe de ne pas agir par réaction », ai-je entendu le week-end dernier… Par réaction ou avec un esprit revanchard ?

On se souviendra que Christ est venu, non avec un esprit de (re)conquête, de domination(c’était l’une des trois tentations du diable et Il l’a rejetée !), de revanche, ou pour chercher une vaine gloire…mais « pour servir et donner Sa vie en rançon pour plusieurs »(Marc 10v45).

Dans Matt.12v18-21, Il est présenté comme « le serviteur » choisi par Dieu(« Mon bien-aimé en qui mon âme a pris mon plaisir ». Je mettrai mon Esprit sur lui »), « qui annoncera la justice aux nations, il ne contestera point, il ne criera point, et personne n’entendra sa voix dans les rues. Il ne brisera point le roseau cassé, et il n’éteindra point le lumignon qui fume, jusqu’à ce qu’il ait fait triomphé la justice ». et les nations espéreront en son nom. »(D’après Es.42v1-4)
Ce serviteur annoncé par les prophètes, bien-aimé, choisi et oint de Dieu, annonce la justice à toutes les nations. Mais remarquez comment :
« Sans argumenter  sans arrêt—il n’est pas politicien !
Sans crier — ce n’est pas un molosse[ou un pitbull] !
Sans s’imposer — il n’est pas colporteur »

Et nous, qui portons Son nom ? Venons-nous servir, étant appelés dans notre champ de mission(quel qu’il soit), en aimant les hommes, comme Dieu les a aimés ?(Jean 3v16)**.

Notes :

*Suite de 300(que je n’ai pas vu), adaptation cinématographique(2007)de la bande dessinée de Frank Miller sur la bataille des Thermopyles(480 av JC), 300 : la naissance d’un Empire(qui ne me tente pas) de Noam Murro(2014) se déroule cette fois en mer, puisque « le général grec Thémistocle doit affronter l’invincible armada perse, emmenée par le dieu-roi Xerxès et la redoutable Artémise, à la tête de la marine perse.
Conscient que son seul espoir de vaincre son ennemi consiste à fédérer toutes les forces de la Grèce, Thémistocle s’engage dans une bataille qui changera à jamais le cours de la guerre ».(Source : Première. Lire aussi cette analyse)

D’autres préféreront sans doute les 300 de Gédéon ?

**L’on peut poursuivre la réflexion avec cet excellent article : « la mission en trois M ».

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8 réflexions sur “« Action » mais pas « réaction » !

  1. Bonjour à vous. Pour ma part, n’ayant vu que le premier volet il y a plusieurs années, je ne vais parler que de lui-ci (mais il semble que l’on se trouve dans la continuité). Je n’en ai pas gardé un souvenir indélébile. Il faut absolument ne pas le prendre au premier degré ou y chercher une valeur pédagogique ou historique quelconque (ce n’est pas son objectif) mais ne le visionner qu’en tant que blockbuster « divertissant » et décérébré. Beaucoup de gens et de critiques avaient trouvé le premier nauséabond, tant ses relents fascistes y étaient outrageusement assumés (et glorifiés). La caricature en désamorçait à peine la teneur haineuse. En le visionnant, je n’avais pas été surpris, connaissant l’univers de l’auteur du comics dont le film est inspiré, Franck Miller (qui en est également le scénariste). Ce dernier est réputé pour sa manie d’intégrer des éléments politiques (et politiquement incorrects), y compris de transposer ses propres idées (lubies) dans ses scénarios. Il fait partie de cette génération d’auteurs des 80’s qui, après le 11 septembre, ont cru faire acte de patriotisme en inscrivant les superhéros classiques (Batman et Superman) dans un univers plus réaliste, sombre et pessimiste, où Al Qaida remplace les vilains aux pouvoirs surnaturels. Violemment opposé à la gauche progressiste, altermondialiste, écolo, anti-consumériste et anti-finance (il s’en est déjà pris à Occupy walstreet sur son blog en traitant ses membres de « meute de loups, de violeurs et de voleurs, nourrie à la nostalgie de Woodstock et à une fausse justice putride ; des clowns qui ne peuvent rien faire à part nuire à l’Amérique en essayant de semer l’anarchie » ). F. Miller est un néoconservateur, libertarien et impérialiste notoire (ce qui est son plein droit). Le problème est ailleurs : son « 300 » fonctionne essentiellement sur l’association, les stéréotypes et le manichéisme pour un résultat prétentieux, graphiquement typé mais qui ne compense pas la vacuité, la brutalité et bêtise du propos. Dans « 300 » (premier du nom), vous trouverez donc des spartiates bodybuildés, entraînés dès leur naissance à tuer, survivre, dans une société eugéniste où les plus faibles sont jetés, bébés, dans la géhenne. Pour preuve, dans le récit, le seul spartiate difforme et hideux est naturellement traître… En visionnant le film, on comprend que l’auteur associe les spartiates à son idéal de civilisation. Le militarisme, le christianisme, l’impérialisme démocratique, le suprémacisme blanc de l’Amérique dont il rêve sont amalgamés et incarnés par Sparte dont l’armée, limitée à 300 soldats, se bat héroïquement et désespérément contre une multitude de perses, dont l’apparence est bestiale voire monstrueuse et qui sont dépeints comme des dépravés. À mon sens, ce genre de production qui associe le christianisme à une vision étriquée de la civilisation qui fait l’apologie du supériorisme occidental ne peut que dévoyer sa nature et son message. Les chrétiens, mais au-delà, tous les gens ayant un minimum de bon sens, devraient bouder ce genre de « divertissement » et payer leur ticket pour des productions moins abêtissantes et avilissantes qui flattent les bas instincts des spectateurs.Bravo encore pour votre blog, bien à vous. Chady

    • Bonjour Chady !
      Bienvenue sur notre blogue ! C’est très sympa à vous de passer ! Merci aussi pour vos encouragements et votre commentaire, fort intéressant et très éclairant-une véritable analyse qui pourrait faire l’objet d’un post à lui tout seul !
      Vous relevez fort à propos combien il est important d’être conscient que toute « oeuvre », notamment une fiction, n’est pas neutre en elle-même mais empreinte de l’ idéologie de son auteur.
      Par association d’idée, je renvois au roman dit « de plage » ou « de gare » de Dan Brown, « Inferno », également porteur d’une certaine idéologie se rapprochant peut-être de la même obsession-à des nuances prèsque vous avez relevé chez Miller(j’en ai parlé sur « Pep’s café » : https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2013/08/19/lhomme-meilleur-un-projet-transhumaniste-denfer-a-decrypter-dans-le-dernier-dan-brown/ ). Malheureusement, il semble que le statut d' »oeuvre de divertissement » soit une forme de « feuille de figuier » masquant ces idéologies ou dispensant le lecteur de s’interroger sur ledit fond idéologique de l’oeuvre.

      Au plaisir de vous relire !
      Cordialement,

      Pep’s

  2. Erratum : j’ai écrit dans mon commentaire précédent  » bébés jetés dans la Géhenne » ( je ne sais pas pourquoi d’ailleurs), alors que c’était plutôt  » jetés dans les Apothètes »

  3. Merci pour votre chaleureux accueil 🙂 C’est un plaisir pour moi de venir sur votre blog, car j’apprécie votre lecture de l’actualité (dans une « perspective chrétienne » intéressante).
    Le cinéma américain, qu’on l’aime ou pas (globalement, je ferais plutôt partie de la première catégorie même si je ne suis pas toujours preneur) n’est jamais neutre et gratuit, comme, du reste, toute œuvre artistique ou production humaine. Qu’il s’agisse de faire de la propagande ou de l’argent (et pourquoi pas, dans l’idéal, les deux à la fois !), le cinéma US est une « machine à rêves », une « arme idéologique » qui s’intègre au « soft power », donc à une stratégie de séduction, de diffusion des idées et valeurs, de rayonnement culturel ou de « conquête des esprits » douce et affûtée. Il faut toujours appréhender une œuvre en pleine connaissance de cause et pleine conscience. Hélas, on n’incite certainement pas les jeunes à développer leur esprit critique afin de ne pas inhiber leurs (si rentables) pulsions consuméristes. Même lorsque l’on regarde un film américain portant sur un épisode de la Bible (actuellement, c’est « Noé » qui fait l’objet d’une promotion tapageuse), il faut avant tout se mettre en tête que la Bible est un prétexte que les Américains utilisent pour se raconter eux-mêmes. Le film « Les Dix commandements » de Cecil B. DeMille pour ne citer que l’un des plus éminents exemples du gigantisme hollywoodien s’ouvrait ainsi sur un message liminaire faisant une allusion à peine voilée à l’ennemi soviétique). Toute la production US n’est pas facile à exporter contrairement à ce que l’on a tendance à croire. Il y a une partie qui ne sort pas du continent, trop « hermétique » pour les Européens et autres publics du Sud; et une autre, beaucoup plus « globalisée » (la majorité de la production) et accessible à des marchés extérieurs variés. Il existe une production de niche (films conçus pour un public restreint, religieux, financés par des petits studios appartenant à des groupements religieux) et qui ne sont pas distribués à l’étranger mais font seulement l’objet d’une sortie en « direct to dvd » (« La Passion du Christ » de Mel Gibson n’en fait bien sûr pas partie). Des différences culturelles très marquées expliquent sans doute qu’un film comme « the Blind Side » (mêlant football américain et « morale chrétienne et républicaine ») n’ait pas eu droit à une sortie dans les salles hexagonales alors qu’il a valu à son actrice, Sandra Bullock l’oscar de la meilleure actrice, car les deux thèmes sur lesquels son scénario est construits ont certainement été jugés rédhibitoires pour le grand public français (et la dimension religieuse sans doute plus que l’univers du football US). En fait l’exceptionnalisme américain et le cinéma mondialisé ne font pas toujours bon ménage comme on peut le croire. Mais dans le cas de « 300 » (opus 1 et 2), on a un blockbuster « viril », à gros budget et grand spectacle, où la puissance, la violence, « la gloire et la vengeance » sont hélas, des messages à la fois très américains, et – faut-il s’en réjouir?- très universels….

  4. nb: s’agissant de mon lapsus, je pensais inconsciemment à la « géhenne » au sens propre (à savoir la décharge publique de Jérusalem, un brasier permanent où étaient incinérées les ordures). Le sens « décharge » traduit bien la violence du sélectionnisme social des spartiates (et de la vision qui semble faire fantasmer Franck Miller).

  5. Le plaisir est partagé !
    Merci à vous de nous partager vos analyses, très éclairantes, concernant la géopolitique, la BD…et le cinéma !
    Je vous rejoins absolument, concernant la nécessité d’ une telle « éducation au cinéma ».

  6. Pingback: "Apocalypse No(é)" : ou quand l’adaptation personnelle d’un épisode biblique est prétexte à raconter ses propres obsessions | PEP'S CAFE !

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