Discernes-tu le discernement ?

Scènes du film "Le Silence des agneaux"(J. DEMME, 1991)

Scènes du film « Le Silence des agneaux »(J. DEMME, 1991)

Parmi les dons spirituels énumérés en 1 Corinthiens 12v10, le discernement paraît discret, peu valorisant et quelque peu « coincé » entre plusieurs autres dons
au caractère plus « charismatique » que lui :  « miracles », « prophétie », « diversité des langues »….
Pourtant, rappelle Neil ANDERSON, dans son ouvrage « Le Libérateur »(Edition Clé, 2002), « le discernement spirituel est notre premier moyen de défense contre la tromperie. Le Saint-Esprit a établi sa demeure dans chaque croyant et il ne reste
pas silencieux quand nous sommes en présence d’une contrefaçon. Le discernement, c’est cette petite sonnerie qui se déclenche en nous quand il se passe quelque chose d’anormal. »(op.cit., p 219)

Le discernement, nous rappelle la Parole de Dieu, la Bible, c’est ce qui caractérise un homme mature, un « homme fait » : « ceux qui, par l’usage, ont le sens exercé à discerner le bien et le mal. »(Hébr.5v14)
C’est ce qui permet de penser d’abord à chercher qui se cache derrière certaines pétitions qui fleurissent sur le net, avant de cliquer. Ou de penser à lire attentivement un programme politique, plutôt que de relayer sans discernement des slogans simplistes et « vulgarisés »(vulgaires ?).

Cependant, ajoute Neil ANDERSON(op. cit., p219), « si nous voulons avoir un esprit de discernement, il est d’abord nécessaire d’examiner nos motivations », à l’instar du Roi Salomon(cf 1 Rois 3v5-14)
« Le véritable discernement n’est jamais motivé par le désir de se mettre en avant, la recherche du gain personnel ou la volonté de s’assurer un avantage sur autrui-pas même sur un ennemi(…)Le discernement n’a qu’une seule fonction : distinguer le bon du mauvais afin que le bon puisse être reconnu et le mauvais rejeté. En 1 Corinthiens 12v10, le discernement est présenté comme étant la faculté accordée par Dieu de distinguer un bon esprit d’un mauvais. Il s’agit d’une manifestation de l’Esprit, qu’il convient d’utiliser dans le but d’édifier l’Eglise »(op. cit., pp 219-220).

Le discernement, c’est ce qui nous permet de ne pas croire tout esprit, mais d’éprouver les esprits, pour savoir s’ils sont de Dieu(1 Jean 4v1 et ss).
Le discernement nous permet d’éprouver les dons, pour vérifier qu’ils viennent bien de Dieu.

« Le discernement spirituel », dit encore Neil ANDERSON, n’est pas une fonction de la pensée, mais une fonction de l’esprit.
C’est parce que nous sommes unis à Dieu que nous pouvons avoir du discernement spirituel. »(op. cit., pp 219-220)

Le discernement est donc un don à rechercher. Est-ce un don que l’on recherche, dans et pour l’Eglise ?
Aspire-t-on à être un homme mature, un « homme fait », capable de faire la différence entre ce qui est bien et ce qui est mal ? Bien et mal selon Dieu, s’entend. Cela n’a pas changé, même si, aujourd’hui, on tend à faire passer pour « bien » ce qui est mal et « banal » ou de « bon sens » ce qui est mal.

Le discernement est donc un don. Un don de grâce. Nous pouvons le recevoir. Nous pouvons aussi le perdre, en plus du danger d’en faire un mauvais usage, si nous négligeons de l’exercer.

Tu aspires à être un homme(une femme)spirituel(le) mature ? Aspire au don de discernement pour édifier l’Eglise ! Et exerce-toi à l’exercer !

Ô homme, que fais-tu de ton esprit ?

« Parole de l’Eternel qui a déployé les cieux, fondé la terre et formé l’esprit qui anime l’homme… »(Zach.12v1. Version du Rabbinat français)

Ce passage est à replacer dans son contexte, bien entendu. Mais arrêtons-nous un instant sur ce verset.
Il nous apprend Ce Qui Est au commencement.

Au commencement, Dieu.
Il est nous ici présenté comme le créateur des cieux et de la terre. Et comme le créateur de l’homme. Celui qui a « formé l’esprit de l’homme » ou qui « forme l’esprit de l’homme au-dedans de lui ».
Dieu est donc Celui qui a créé, donné un cadre de vie à l’homme.

Que faisons-nous de ce cadre de vie, nous, hommes ?

Dieu est aussi Celui qui a formé l’esprit de l’homme. L’esprit, pour permettre à l’homme d’être en communion, en relation avec Dieu.
Dieu a donc créé l’homme pour qu’il Le connaisse personnellement.

Que faisons-nous de cet esprit, nous, hommes ?

On notera enfin que ce verset commence par « Parole de l’Eternel… »

« Au commencement était la Parole »-cette Parole créatrice-« et la Parole était Dieu », lisons-nous enfin dans Jean 1v1(et ss).

Que faisons-nous de cette Parole, nous, hommes ?
Y prêtons-nous attention ? Elle est descendue jusqu’à nous et a habité au milieu de nous, lisons-nous encore dans Jean 1v14.

Lectrice, lecteur, l’as-tu accueillie, cette Parole ?

Ceux qui exploitent tes bas instincts : vivraient-ils si on leur retirait leurs griffes ?

« …vous devenez les esclaves du maître auquel vous obéissez… »(Rom.6v16)

Ne tournons pas autour du pot.

Nous avons à lutter contre trois fléaux :

-L’ignorance(et l’oubli-celui de l’histoire, par exemple-et donc la réécriture de l’histoire-la bêtise)

-L’avidité(et le mécontentement, la frustration, la convoitise, « la cupidité-qui est une idolâtrie »-le « no limit », le « toujours plus »…)

-La peur(de l’avenir, des autres, de l’autre…)

Nous sommes avant tout responsables de nourrir en nous(ou non) ces trois fléaux.

Laisser quiconque nourrir ou exploiter ces fléaux(ou en permettant à quiconque de vivre de cette exploitation sur votre dos) est dangereux. Car c’est laisser là un grand pouvoir à ce quiconque exploite ces fléaux en vous.

C’est laisser là à ce quiconque le pouvoir de vous manipuler*. C’est laisser à ce quiconque le pouvoir de se poser en « pourvoyeur » ou en « sauveur », « homme fort », « homme providentiel ». Néanmoins, un tel « chef » (ou « pourvoyeur »)fera toujours en sorte que vous restiez insatisfaits et dépendants.

Ces trois fléaux sont dangereux, car les nourrir conduit à l’irrationnel(une mauvaise décision que vous ne prendriez pas dans un état « normal », de raison) ainsi qu’à faire sauter les verrous moraux et spirituels.

Arrêtons-nous et demandons-nous pourquoi rester dans l’ignorance, l’avidité et la peur ? D’où tirons-nous ce qui nourrit l’ignorance, l’avidité et la peur ?

Arrêtons-nous et réfléchissons un peu : de telles « sources »(personnalités, organismes/associations/groupes/partis politiques, médias papiers ou « webzine »…) vivraient-elles, si on leur retirait leurs griffes, leur « aiguillon »(leur pouvoir de nourrir l’ignorance, l’avidité, la frustration, la peur, la haine de l’autre…)….c’est à dire leur moyen de subsistance ?

De quoi te nourris-tu ? Qui fais-tu vivre ?

A l’inverse, le véritable libérateur est celui qui affranchit.

Il a un nom : Jésus-Christ.

Il n’est pas venu pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour plusieurs(Marc 10v45).

Contre l’avidité : Il a par ailleurs refusé d’exploiter les besoins et convoitises humaines, et ainsi d’exercer un pouvoir sur les hommes.

Contre l’oubli : Il laisse un souvenir, afin que celui qui a été libéré par Jésus se souvienne d’où il vient et qu’il est un homme libre.

Contre la peur : Il a vaincu celui qui exerçait son pouvoir par la peur.

Tu appartiens à Christ. Tu portes Son nom : tu es chrétien. « Petit Christ ».

Tu es aujourd’hui porteur d’un message libérateur et d’espérance. Tu es un témoin.

« Lumière du monde » et « sel de la Terre », tu es envoyé, pour réveiller en chacun, non pas les bas instincts, mais plutôt une acuité perdue dans la banalité du quotidien**.

 

 
Notes :

* A ce sujet, on citera le (faussement nommé)« Institut pour la justice », dont les pétitions exploitant l’émotion suscitée par un drame ou une injustice(si cela, ce n’est pas de la manipulation…)fleurissent sur internet.  Je dis « faussement », car il s’agit d’une association et non d’un « institut ». Déjà avant l’actuelle pétition contre le « laxisme » de la ministre de la justice TAUBIRA : http://www.maitre-eolas.fr/post/2011/11/12/Attention-manip-:-le-pacte-2012-de-l-Institut-pour-la-Justice ; http://www.slate.fr/story/46557/ipj-institut-pour-la-justice-pacte-2012 ; http://fr.wikipedia.org/wiki/Institut_pour_la_justice#cite_note-la_croix15.2F02.2F11-16 ; http://www.rue89.com/2011/11/18/institut-pour-la-justice-hold-droite-sur-les-victimes-226627 ; http://lescoulissesdelinfo.blogspot.fr/2011/11/linstitut-pour-la-justice-vraie.html

Par ailleurs, ce genre de pétition apparaît toujours(comme par hasard) à l’approche d’échéances électorales. Ici, les municipales de 2014.

On rappellera enfin, pour mémoire, que plus de 40 lois dites « sécuritaires » ont été votées en 10 ans.

** Citation(malheureusement perdue) d’une bloggueuse à propos du Tigre magazine. J’ai trouvé que cela pouvait coller pour ceux censés rechercher et disposer du don de discernement(cf 1 Cor.12)

Parler, c’est toujours mieux que crier…

« Vous vous êtes approchés(…)de Jésus qui est le médiateur de la nouvelle alliance, et du sang de l’aspersion[ou de son sang répandu] qui parle mieux que celui d’Abel ».(Hebr.12v23-24).

 

Curieux…un sang répandu qui parle !

Ce passage de l’épître aux Hébreux nous apprend qu’il s’agit là du sang répandu de Jésus-Christ, par ailleurs médiateur d’une nouvelle alliance.

Ce sang de Jésus parle mieux que celui d’Abel.

Car celui d’Abel ne parle pas : il crie. Il hurle. Il crie, il hurle vengeance, parce que son propre frère l’a assassiné(Gen.4v8-10).

A l’inverse, le sang de Jésus parle mieux, car, bien que versé par ses frères, il parle de pardon, de réconciliation, de nouvelle alliance*.

 

 

Écoutons donc ,

 

au milieu des bruits, des cris, des hurlements, la voix douce et subtile : la voix de la grâce, la voix du pardon et de la réconciliation.

 

Y répondre, c’est se donner la possibilité d’un nouveau recommencement. Soit de repartir à zéro.

 

 

 

 

 

 

 

Notes :

* 1 Pierre 1v18-19 ; Ephésiens 2v13 ; 1 Jean 1v7;  Apoc.1v5

« (In)culture au poing ! » Le dico de PEP’S CAFE !

Flaubert avait son dictionnaire des idées reçues.
Pep’s café ! vous propose son propre dictionnaire : des idées reçues ou pas reçues, sans prétention aucune à l’exhaustivité ou à l’exclusivité. Une façon de revisiter une certaine actualité, ainsi que certains thèmes abordés sur ce blogue.
N’hésitez pas à vous prêter à ce petit jeu (littéraire et intellectuel) et nous proposer vos propres définitions !

Adhérence : coller à. Pour le meilleur et pour le pire.

Amalgame (voir inculture) : Confusion, écran de fumée.
Exemple 1 : Gitans, Rroms, Tsiganes, Gens du voyage : « Quand ils jouent du violon, ce sont de gentils Tsiganes. Quand ils font du jazz, ce sont des Manouches. Dans les films de Kusturica, c’est des Gitans. Quand ils mendient dans le métro, c’est des Roumains. Quand ils habitent dans une caravane, c’est des gens du voyage. Quand ils habitent dans des bidonvilles, c’est des Rroms. Quand ils habitent dans une maison, c’est des « Tsiganes sédentarisés ». Quand ils sont très pauvres, c’est des voleurs. Quand ils ont de belles voitures, c’est aussi des voleurs ».
Exemple 2 : Diaconesse de Reuilly : elle porte une robe. Elle est forcément « bonne sœur ».

Art : mot magique, prétexte, justification (voir débat)

Autre(l’) : Point de vue.  Prochain.

Bible : N’a pas été donné pour augmenter nos connaissances mais pour inspirer notre conduite. S’y (re)plonger, plutôt que dans les programmes politiques.

Bouc émissaire : on en recherche encore aujourd’hui, parce que l’on a rejeté ou oublié Celui qui a été l’ultime bouc émissaire. Sa recherche a été rendue vaine par Celui qui a été l’ultime bouc émissaire. Voir Jésus-Christ. Jésus Christ crucifié.

CDD : engagement moderne

Communiste : quelqu’un qui demande pourquoi les pauvres sont pauvres (voir saint)

Débat : mot magique, prétexte, justification (voir Art). Ne vise pas toujours l’accord. Lui préférer le dialogue et la discussion. A Pep’s café ! on aime tellement le débat qu’on lui a consacré une page et un billet :   ;

Champ de mission : toujours à l’étranger.

Chrétien(voir « en séjour ») : « petit Christ ». Injure, surnom dérisoire(donné par dérision) avant de devenir un titre de gloire.

Cœur : à garder plutôt qu’à suivre ou à écouter. Trompeur.

Convictions, opinions : ne pas y tenir. Tenir à la vérité. En changer si elles contredisent la vérité.

Culture biblique : dans l’église postmoderne d’aujourd’hui, on lui préfèrerait la culture du débat.

Culture du débat : c’est le « donnez-nous de la viande » moderne. Jugé urgent, prioritaire, pour l’Eglise.

Diagonale : marche du fou(voir lecture)

Dieu : au commencement, Dieu. Doit être replacé au centre de la prédication. Défenseur de la veuve, de l’orphelin, du pauvre et de l’étranger. Celui pour qui la fin ne justifie jamais les moyens.

Ecriture manuelle : en danger d’être perdue

En séjour (voir étranger) : chrétien sur Terre.

Etranger(voir en séjour) : aimé de Dieu. L’accueillir, c’est accueillir Christ. Chrétien sur Terre.

Etre humain : être humain, créé à l’image de Dieu (voir étrangers, Rroms…)

Etude biblique : sucres lents

Extrême-droite, Front national : mouvement ayant la prétention de répondre au prétendu « besoin d’un chef pour la France  » ; pour les uns, mouvement politique censé véhiculer « des idées de bon sens » ; pour un autre, « A l’heure actuelle, l’extrême-droite ne (représenterait) pas un danger en France », et « donc non, aucune raison de lutter contre ». Et, pour d’autres, c’est : non non et non !

Evangile : une évidence. Premièrement annoncé aux pauvres (Voir Grâce et paix, Jésus-Christ, Jésus-Christ crucifié). Ce dont on ne doit pas avoir honte.

Evident/évidence : De nos jours, plus rien ne semble l’être….(mariage, apprentissage manuel de l’écriture…)semble-t-il….

Facebook : peut-être le plus stupéfiant hold up de l’histoire

Généraliser : stigmatiser(voir amalgame, inculture)

Grâce(voir évangile) : révèle la colère de Dieu contre l’impiété et toute marche sans loi, sans frein.

Hérétique : celui qui sépare, divise, oppose(par exemple, le spirituel du matériel)

Humour : difficile à manier. Rare, donc difficile à trouver. Donc précieux.
: détachement de soi. Savoir rire de soi.(à ne pas confondre avec ricanement)

Inculture : au poing. Snobisme. Voir amalgame.

Informer(ou s’informer) : c’est choisir. Entre la pertinence et la popularité.
: Renseigner sur ce que l’on ignore.
: Aujourd’hui, conforter l’autre dans son ignorance. Donner de l’attendu.

Ironie : trompe-l’œil dont le plaisir est de se faire passer pour vraie un certain temps. Ce qui redonne du sens aux mots employés par les politiciens. Ce qui permet de tester la capacité de révolte d’un auditoire. Préférer l’ironie à la diatribe et au ricanement.

« Iste » : étiquette(voir stigmatiser, généraliser).

Intellectuel : Gros mot. Celui qui entre dans une bibliothèque même quand il ne pleut pas.

Interprète de la Bible : le plus mauvais interprète est celui qui reste persuadé qu’il ne l’interprète pas.

Jésus-Christ (voir Jésus-Christ crucifié) : pas nos bannières ou nos croisades.

Jésus-Christ crucifié(voir Jésus-Christ)  : scandale et folie pour les uns, « puissance et sagesse de Dieu » pour d’autres.

Journaliste : celui qui ne lit pas(ou ne donne pas à lire) en diagonale. Celui qui explique « qu’un qu’un tract raciste dans une boîte aux lettres propre, c’est plus grave qu’un graffiti sur un mur sale ».

Laisser-faire : crédo économique. Loi du renard dans le poulailler.

Lecture(moderne) :  souvent en diagonale

Livre : révolution technologique sans précédent

Paix(voir évangile) : quelque chose de bon et de durable. A ne pas confondre avec la tranquillité.

Pauvre : souvent « mal fichu » ou en mauvaise santé.
: l’outrager, c’est outrager celui qui l’a fait.

Périphérique : « ce qui est autour » ; ce qui nous passionne plus que l’évangile. Proposer plutôt d’aller « de l’autre côté du périph’ ».

Prier : écouter

Prochain : pour certains, le « lointain »

Racisme : « réalisme », « bon sens », pour certains(voir Extrême droite).

Roi : Celui qui ouvre sa bouche pour le muet.

Ricanement : « humour » au service des forts et des dominants. Se moquer des autres. Particulièrement des faibles(les pauvres, les chômeurs, les précaires), de ceux qui sont différents(les étrangers…). Abusivement confondu avec humour ou ironie.

Riche : Quelqu’un qui a beaucoup d’amis. Mieux vaut l’être et bien portant. (Voir pauvre)

Rroms : également appelés tantôt gitans, tantôt tsiganes, tantôt gens du voyage… Sur les routes, ils sont les seuls à avoir tant de panneaux indicateurs à leur usage.
Cible peu émouvante, au regard de certains….(voir amalgame)

Saint : quelqu’un qui donne à manger aux pauvres(voir communiste)

Se faire tout seul : facile pour celui qui a des griffes, des ailes et des serres.

Stigmatiser : marquer, piquer. Voir généraliser.

Témoin : fidèle. Rendre compte exactement et fidèlement ce que l’on a vu et vêcu. A ses risques et périls. Toujours lumineux.
: aujourd’hui, il serait « tendance » de parler et faire parler sur ce que l’on n’a ni vu, ni vécu, ni su(voir inculture).

Tomate : aujourd’hui, Diogène serait à la recherche d’une tomate, d’une vraie.

Travail du dimanche : lobby

Verre d’eau : simple comme. A donner en Son nom. L’évangile en bleu de travail.

Vrai, honorable, juste, pur, aimable(ce qui est), ce qui mérite l’approbation, ce qui est vertueux et digne de louange : que ce soit l’objet de nos pensées.
(Mais alors, de quoi allons-nous parler ?)

Retour sur le culte de « Protestants en fête » 2013 : n’oublions pas d’être des « semeurs d’espérance »

La deuxième édition de « Protestants en fête »*, qui a eu lieu le week-end du 27 au 29 septembre 2013, est dernière nous. Néanmoins, les Protestants sont appelés à aller de l’avant. Porteurs d’espérance et porteurs de l’espérance qui a un nom : Christ.

De ces trois jours, j’ai particulièrement retenu le culte du dimanche 29 septembre. Et plus particulièrement, de ce culte :

-Cette invitation à ce que Christ prenne la place qui lui revient : celle du Roi**.

La très édifiante prédication du pasteur Claude BATY, initiateur de « Protestants en fête et dont le mandat à la tête de la FPF a pris fin. Prédication intitulée : « Espérer, c’est s’oublier », à partir de Marc 4v26-32***.

Ce texte de l’évangile contient deux paraboles du Royaume des Cieux : la parabole de la semence, suivie de celle de la graine de moutarde.

Tout en invitant à suivre « la simplicité des enfants, comme modèle de réception de la Parole de Dieu », suivant en cela l’enseignement de Jésus, le pasteur Claude BATY nous explique que « Les deux histoires que nous venons de lire parlent du royaume De Dieu, la première pour dire comment il fonctionne, la seconde à quoi il ressemble ».

Dans la parabole de la semence, il apparaît qu’il se passe quelque chose de mystérieux qui échappe à l’homme. Le semeur ne peut pas faire pousser la plante. Il est probable qu’il a bien préparé le terrain, labouré, hersé, fait en sorte que les meilleures conditions soient réunies pour la réussite de ses semailles. Mais après il ne peut plus rien, la croissance se fait sans lui. Qu’il dorme ou soit debout, qu’il veille ou pas, la semence grandit. Il lui faut oublier ces graines, sinon le temps va lui paraître très long, trop long, et l’impatience va venir avec des initiatives douteuses(….) »

L’évidence est là : le semeur est là pour semer. Point. Il ne peut rien faire d’autre. A part semer généreusement.  Nous sommes les semeurs. C’est un appel que Jésus adresse à chacun de nous. C’est aussi un appel à la confiance, la confiance en Dieu qui s’occupe de faire pousser la plante. Renonçons donc à vouloir « aider » la semence à être « plus rentable ». C’est là un « appel difficilement audible car il s’oppose à la mentalité de notre époque qui est forcément un peu notre propre mentalité », poursuit Claude BATY.

Car « nous vivons dans une société qui prétend tout contrôler de la naissance à la mort ; et qui veut tout obtenir sans délai. Il suffit de cliquer, c’est bien connu. Or nous sommes loin de tout maitriser, les plus faibles l’expérimentent chaque jour et les puissants de ce monde s’en rendent compte parfois tragiquement. Devant la situation critique de notre monde nous sommes alors tentés de prendre les choses en main. Nous voulons agir et indiquer à Dieu ce qu’il a à faire. Or, le défi qui nous est proposé aujourd’hui est de discerner ce qui relève de notre vocation et pour le reste de ne pas nous substituer aux autres, ni au temps, ni à Dieu. Il nous revient seulement de semer, mais ce n’est pas peu de chose. Ce faisant souvenons-nous qu’une plante ne se développe pas lentement, elle croît à son rythme(…)

Pour nous protestants qu’est-ce que cela signifie concrètement ? Si j’en crois le contexte, semer c’est répandre généreusement la bonne parole, annoncer l’Évangile, être témoins du Christ(…) » Et
« La parole de Dieu n’est pas une semence stérile, elle agit et se développe, porte du fruit de manière étonnante, elle fait son chemin dans les cœurs ; ses voies sont mystérieuses ».

Semons donc avec confiance en Dieu. Semons la Parole. Semons dans la confiance et avec confiance. Semons avec espérance et semons l’espérance.

La deuxième parabole raconte l’histoire d’une graine de moutarde, soit celle de la croissance étonnante d’une graine minuscule. L’accent mis « sur la disproportion entre le commencement et la fin » nous parle de ce « royaume de Dieu si petit, si faible en ses débuts, pratiquement invisible puisqu’il se résume à Jésus seul dans un coin reculé du monde, avec quelques disciples ignorants, se développe irrésistiblement pour devenir finalement le lieu d’accueil et de protection des créatures de Dieu dans le monde entier ».

Et Claude BATY de tirer la double leçon de cette parabole : 

premièrement les petits commencements ne sont pas signes d’échec, la faiblesse n’est pas insignifiante ;

– deuxièmement, le royaume de Dieu est appelé à couvrir la terre. Avec la précision suivante : ce grand arbre dit simplement que le règne de Dieu s’étendra à toutes les nations pour le bénéfice de tous ».

Il est utile de rappeler que « L’évangile de Marc annonce la Bonne nouvelle d’un Christ serviteur souffrant qui, même ressuscité ne se montre pas glorieux à ses disciples.

Ainsi le grand arbre n’est pas le signe de la puissance et de la revanche des croyants, il est le signe de la compassion infinie de Dieu pour toute l’humanité. Compassion qu’il offre dans la fragilité et la faiblesse de l’engagement de ses enfants, de nous tous… »

Le pasteur termine par « un autre enseignement de Jésus sur la semence : « En vérité, dit-il, si le grain de blé ne tombe en terre et ne meurt, il reste seul ; si au contraire il meurt, il porte du fruit en abondance. Celui qui aime sa vie la perd, celui qui cesse de s’y attacher en ce monde la gardera pour la vie éternelle… si quelqu’un veut me servir, qu’il se mettre à ma suite… » Jn 12.24

Cette fois, à la suite du Christ, nous ne semons pas, nous sommes semés, nous devenons des graines jetées en terre ».

Une « invitation à suivre le Christ dans l’oubli de soi », qui « est aussi un appel pour notre protestantisme à ne pas rechercher, en interne ou en externe, son intérêt personnel, la première place et le pouvoir, mais le service de tous dans l’humilité, et le service de la réconciliation dans la réconciliation.

Nous voici donc maintenant envoyés, comme autant de graines dispersées par le Christ dans la terre de notre monde, semées pour porter du fruit en abondance. Dans le pari de l’espérance c’est toute notre vie qu’il faut miser, pour la retrouver dans l’éternité.

Notes :

* Divers comptes rendus de l’événement : http://www.reforme.net/une/religion/protestants-fete-pari-d-esperance-reussi ; http://tempsreel.nouvelobs.com/politique/20130929.OBS8987/exclusif-les-protestants-francais-sermonnent-valls.html ; http://blogdesebastienfath.hautetfort.com/trackback/5184255

**Selon les termes du pasteur Samuel RODRIGUES, de l’église évangélique du Réveil, lors du temps de louange.

*** Texte en pdf à lire ici.

Vous êtes chrétien : et au milieu de vous certains rêvent de « matin brun »….

….ou de « grand soir »*.

Apologue pour une lecture citoyenne(pas en diagonale) des programmes politiques.

Vous êtes chrétien et au milieu de vous, certains affichent, de façon de plus en plus décomplexée, leur attachement aux idées défendues par le Front national et autres partis ou mouvements d’extrême-droite, les présentant comme « du bon sens », au risque de les banaliser**.

Vous êtes chrétien en particulier (et croyant en général) et vous avez certainement été choqué par le renouvellement de la commission d’éthique.***

Vous êtes chrétien et vous avez été également sans doute indigné par « l’affaire Nadine LALANE ».

Vous êtes chrétien et vous faites peut-être partie des lecteurs de « Christianisme Aujourd’hui » ayant trouvé l’accroche de l’article d’Eric DENIMAL, intitulé « la Bible bientôt interdite », « exagérée », « déplacée » ou « peu crédible »****.

Vous êtes chrétien, et, à l’instar de  « Sylvain »(18 septembre 2013 • 16 h 44 min, sur un site d' »actualités chrétiennes ») vous seriez « surpris de voir le nombre de chrétiens qui votent FN… » ou de constater que tant de personnes puissent déclarer voter FN sur un site s’affichant évangélique.

Vous êtes chrétien, ou peut-être pas, et à l’instar de l’internaute « Exhine »*****,  vous savez lire ou vous prenez la peine de lire(une vraie lecture, sérieuse, citoyenne, « pas en diagonale ») le programme du FN,

plutôt que de relayer sans recul des slogans simplistes******.

Ainsi, voici ce que comprend le volet « laïcité » du programme du FN(qui est public et accessible sur leur site-dont je ne donnerai pas l’adresse ici) :

« Tous les baux emphytéotiques et autres facilités accordés à des cultes en contradiction avec la loi du 9 décembre 1905 seront désormais interdits. Les fidèles devront construire leurs lieux de culte avec leur propre argent, quelle que soit la religion concernée. Afin de limiter toute infiltration d’une idéologie politico-religieuse, il ne sera pas possible non plus de faire appel à de l’argent provenant de l’étranger.
Les subventions publiques, y compris celles des collectivités locales, ne pourront être accordées qu’aux associations respectant scrupuleusement l’esprit et la lettre de la loi de 1905.
Les subventions publiques aux associations communautaristes seront interdites.
Les services publics administratifs dépendant de l’Etat ou des collectivités territoriales doivent être les garants des principes républicains et de la laïcité. Dès lors, à l’instar de ce qui s’applique aujourd’hui pour les agents de ces services publics, toute manifestation communautaire y sera proscrite pour l’ensemble des usagers, notamment le port du voile ou de tout autre signe religieux ostentatoire. Une réflexion sera engagée pour étendre cette disposition aux transports publics. « 

Et l’internaute « Exhine » de questionner : « Je me demande ce que les églises protestantes, qui bénéficient d’un bail emphytéotique, vont faire? Dans le cas de Nadine Lalanne, sa manifestation religieuse serait encore plus poursuivie? Le FN alourdirait il la sanction, vu la sévérité prônée ?*******(…..)

Nous sommes sur un webzine chrétien qui fait un article sur le FN, je prends donc la position exprimée par le FN sur la laïcité sur son site, comme base de débat(….)

vous n’ignorez pas, je présume, qu’en votant pour un parti, vous votez aussi pour son programme et pas seulement contre les autres partis ? Il me semble plutôt pertinent d’aller voir et analyser ce qu’un parti politique a comme programme, avant de le soutenir, quel que soit ce parti, d’ailleurs.
(…)Je trouve le concept de « manifestation communautaire » un peu flou et risqué, surtout pour des religions moins organisées hiérarchiquement que le catholicisme. Les évangéliques d’origines caraïbéennes ou africaines sont regroupés dans certaines régions et assimilés par les autorités politiques à des communautés, le terme « manifestation communautaire » pourrait leur être attribué et nuire à leur liberté religieuse, pour exemple.
Si quand vous lisez ‘interdire les financements étrangers », vous comprenez interdire le financement des mosquées par le Qatar, vous oubliez qu’un américain ne pourra plus financer un culte évangélique non plus »********.

Un « scoop » ? Une découverte ? Il suffit, comme nous le disions plus haut, de prendre la peine de lire attentivement ce qui est public et non de relayer bêtement ce qui est vulgarisée(ou ce qui est vulgaire ?)par certains médias ou les tribunes politiques. Ou comment redécouvrir les vertus de la lecture citoyenne.

C’est simple. C’est du bon sens. Et les chrétiens sont sensés ne pas en manquer, puisqu’ils bénéficient de l’esprit de « sobre bon sens » ou de « bon sens équilibré ».

D’ailleurs, John STOTT écrivait fort justement, dans « Les chrétiens et les défis de la vie moderne »(Sator, collec. Alliance. Vol.1), ouvrage hélas épuisé : « nous chrétiens, nous l’avons l’habitude de nous lamenter sur la dégradation des valeurs de la société avec une indignation empreinte de propre justice. Nous critiquons la violence, la malhonnêteté, l’immoralité, le non respect de la vie humaine(…)Le monde va à sa perte ! nous exclamons-nous avec un mouvement de dégoût et un haussement d’épaules. Mais à qui la faute ? Qui est responsable ? Il est insensé d’accuser la maison pour l’obscurité qui y règne à la tombée du jour car c’est ce qui arrive lorsque le soleil se couche ! La question est la suivante : où se trouve la lumière ? Et il est stupide de reprocher à la viande de se gâter et de devenir immangeable car c’est ce qui se passe quand on laisse les bactéries se multiplier ! Où est le sel, voilà le vrai problème. De même, il n’y a aucune raison de blâmer la société pour son déclin et celui de ses valeurs et de l’accuser de se muer en nuit noire ou en poisson puant, car c’est ce qui arrive lorsqu’on abandonne les hommes et les femmes déchus à eux-mêmes en leur permettant de donner libre cours à leur égoïsme[ou à leur haine]. où est l’Eglise ? Telle est la vraie question Pourquoi le sel et la lumière de Jésus-Christ ne se mêlent-ils pas à la société pour la transformer ? toute notre indignation et tout notre étonnement peuvent n’être qu’hypocrisie. »(pp121-122)

C’est simple. c’est du bon sens.

 

 

Notes :

* Allusion faite, dans le titre de ce billet, au « Mâtin brun » de Frank PAVLOFF (Ed. Cheyne). Le texte peut être découvert ici. Ou écouté là.

** Idées, dont il était clair, ou évident, il y a 10 ans qu’elles ne pouvaient être « évangélico-compatibles ». Il semble aujourd’hui « que ce ne soit plus si évident que cela ». Au même titre que le mariage entre un homme et une femme, ou le fait de savoir écrire manuellement.
***Plus exactement, par le non-renouvellement du poste du pasteur Louis SCHWEITZER (Voir à ce sujet, la réaction de Claude BATY, ex-Président de la FPF, et celle du CNEF) et de celui du rabbin Michael AZOULAY. D’autant plus que, semble-t-il, les représentants des cultes concernés n’avaient pas été consultés par l’Elysée.

**** Parmi les réactions publiées sur le site de « Christianisme Aujourd’hui », au pied de l’article d’Eric DENIMAL :

Même si le FN est nocif et véhicule des idées dangereuses pour la démocratie, je suis déçu de voir Mr. Denimal l’utiliser comme un prétexte pour raconter un scénario pareil.(28.08.13 21:57. Jeremie Gachon)

J’avoue que j’ai aussi eu du mal à comprendre l’angle adopté par Monsieur Denimal dans cet article(…) Bref, autant j’ai apprécié la réflexion et la mise en garde d’une possible réduction de nos libertés d’expression et religieuses.  Autant je trouve la forme utilisée déplacée.(28.08.13 21:24 Audric Broux)

Bonjour. C’est plus facile d’attaquer le FN que le PS (28.08.13 19:18 Bbear73)

Le parti pris par M. Denimal dans cet article de tirer à boulets rouges sur le Front National et Marine Le Pen en particulier me mal à l’aise.  Il me semble beaucoup plus d’actualité de voir ce genre de dangers dans le P.S avec ce gouvernement derrière qui ne se cache même pas le Grand Orient de France, autrement plus redoutable ! Il aurait pu faire preuve de plus d’imagination ! (28.08.13 13:35 Serge Audisio)

***** 22 septembre 2013 • 13 h 43 min, sur le site d’Actus chrétiennes, en commentaire au billet d’humeur : « Jean ROUCAS : quand on est artiste, on est obligé d’être de gauche »(20 septembre 2013. 34 commentaires « seulement » à ce jour)

****** Exemple :  « ….le modèle biblique est bien plus raisonnable que le modèle socialo-communiste. Par exemple, les étrangers devaient se plier aux moeurs et coutumes du pays qui les accueillaient. Aujourd’hui, un certain nombre d’étrangers viennent pour nous conquérir, ne s’en cachent pas du reste, et on leur donne des subventions pour les aider à le faire. Cherchez l’erreur. Et concernant les pauvres, la Bible ne les confonds pas avec les fainéants, car la Bible est claire à l’encontre de celui qui cherche à être assisté plutôt que de bosser dur pour gagner son pain… Aujourd’hui on assiste un peu trop facilement les gens, mêmes ceux qui cherchent à profiter du système plutôt que de bosser dur. Cherchez l’erreur. Vu la situation économique actuelle, ne faut-il pas prendre certaines mesures au lieu de taxer toujours davantage ceux qui bossent ? Et ne faut-il pas protéger davantage la France de ceux qui ne l’aiment pas et qui veulent la transformer au nom d’une idéologie mortifère : l’Islam ? » (« Rédaction », soit le responsable d' »actus chrétiennes » . 18 septembre 2013 • 23 h 40 min). Est-ce là un regard « évangélique » ou « biblique » sur le pauvre et l’étranger ?

******* En réaction à ce « scoop », la seule réponse du responsable d' »Actus chrétiennes » a été : « Les évangéliques se sont toujours débrouillés pour financer leurs lieux de culte… »(Rédaction. 22 septembre 2013 • 14 h 12 min)

******** « Exhine ». Sur le site précédemment cité. 23 septembre 2013 • 11 h 46 min. Et ce, au milieu de nombreux « commentaires », qui se passent de commentaires !