« Pour une vie utile, porteuse de sens et sans pub »

« Un autre journalisme est possible », le Manifeste du « mook » (mot-valise pour désigner un « book-magazine »)XXI , plaidait début 2013 pour un « journalisme utile, porteur de sens et sans pub ».

Bien avant lui, on peut discerner de telles exigences dans la vie de deux « héros de la foi » du XIX : Charles Studd et Georges Müller.

"Soyons plein d'espérance !"Dans le tunnel par Adrian Paulino

« Soyons plein d’espérance ! »
Dans le tunnel par Adrian Paulino

« Une vie utile, porteuse de sens (et d’espérance) », car avec et pour Christ, amenant les hommes à Christ.

« Sans pub » : de même qu’un journaliste ne saurait être un « publiciste », ces deux hommes de foi, « serviteurs de Christ », ne dépendaient pas d’ « annonceurs » ou d’intérêts divers, et donc ne cherchaient pas à plaire aux hommes(Gal.1v10). Mais ils annonçaient Christ. « Christ crucifié »(1 Cor.1v23, 1 Cor.2v2). « Christ venu en chair »(1 Jean 4v2). « Christ mort pour nos péchés, enseveli et ressuscité, selon les Ecritures » (1 Cor.15v3-4). Christ, « le même, hier, aujourd’hui et éternellement » (Hébr. 13v8)

« Souvenez-vous de vos conducteurs qui vous ont annoncé la parole de Dieu ; considérez quelle a été la fin de leur vie, et imitez leur foi ».(Hebr.13v7)

Margaret Thatcher : la dame d(u « laisser)faire »

Pommes putréfiées par Petr Kratochvil

Pommes putréfiées par Petr Kratochvil

Cueille-t-on du raisin sur des épines, ou des figues sur des chardons ?
Ainsi tout bon arbre produit de bons fruits, mais l’arbre mauvais produit de mauvais fruits. Un bon arbre ne peut pas produire de mauvais fruits, ni un arbre mauvais produire de bons fruits. Tout arbre qui ne produit pas de bon fruit est coupé et jeté au feu. Ainsi vous les reconnaîtrez à leurs fruits. (Matt.7v16-19)

Faut-il se dispenser de dresser un bilan des figures politiques qui nous ont gouverné, au minimum pendant cinq ans, voire au moins une décennie, et dont l’action a eu des implications sur des millions de personnes ?

En France, que ce soit celui de l’ancien président sortant ou, dans cinq ans,  celui de l’actuel (qui a par ailleurs souhaité être jugé sur « la justice et la jeunesse »), ou encore en Angleterre,

Verre à moitié vide ou à moitié plein ? Tout dépend du point de vue !

Verre à moitié vide ou à moitié plein ? Tout dépend du point de vue !

celui de Margaret Thatcher, ancienne premier ministre de 1979 à 1990(première et seule femme à avoir exercé ces fonctions) et décédée lundi 08/04/13 ?

Laisser tomber par Rostislav Kralik

Laisser tomber par Rostislav Kralik

Tout bilan d’un gouvernant (tout dépend lequel !),  en fin de mandat ou d’un ancien gouvernant tout juste décédé, peut-il être soluble dans « l’imagerie pieuse » ?

A moins qu’il ne s’agisse là d’un exercice incontournable et sain ?

Le chroniqueur Glenn Greenwald (pour le Guardian), explique pourquoi il est permis de critiquer « les morts célèbres » et que « la règle selon laquelle on ne crache pas sur un cadavre n’a pas lieu d’être avec les figures politiques ». Car, «ceux qui admirent la figure publique décédée (et ses politiques), eux, ne gardent pas le silence. Ils exploitent sans vergogne les émotions générées par cette mort pour instituer une hagiographie. (…) Exiger qu’aucune critique ne s’élève pour contrer cette hagiographie, c’est ouvrir la voie à une relecture de l’histoire (…).»

http://www.guardian.co.uk/commentisfree/2013/apr/08/margaret-thatcher-death-etiquette

Patrice de Plunkett, journaliste catholique, choisit de dresser « Le vrai bilan de Margaret Thatcher...que les libéraux ne donnent pas, préférant saluer son idéologie » dans un billet publié sur son blog, le 09/04/13 :

– dérégulation de la finance

– dégradation des infrastructures

– délabrement des services publics

– salariat précaire

– baisse de qualité de l’éducation

– doublement du nombre des pauvres

– accroissement des disparités régionales

– réforme fiscale favorable aux riches, et aggravation des disparités sociales : 60 % de défavorisés ou de précarisés, 40 % de privilégiés.(….)

« Entre le bilan du thatchérisme et la doctrine sociale de l’Eglise catholique, notamment dans l’encyclique Caritas in veritate, l’incompatibilité est donc flagrante à tous points de vue », poursuit Patrice de Plunkett. « C’est que les deux démarches sont antinomiques. Mme Thatcher disait : « les marchés et les intérêts individuels sont la seule réalité, je ne vois rien qu’on puisse appeler ‘la société’ « . Cette affirmation est « à l’opposé de la pensée sociale de l’Eglise », soulignaient à l’époque les journaux catholiques du Royaume-Uni ».

Que diront, quant à eux, les protestants-évangéliques ?

Et le journaliste de questionner encore : « Pourquoi les libéraux français vouent-ils un culte à cette personne ? Parce qu’elle incarne la dictature de leur idéologie sur la réalité. Mme Thatcher se résumait tout entière dans son leit-motiv », qui était aussi son surnom : TINA ou « There Is No Alternative ». C’est toujours le gimmick de nos libéraux, en dépit du désastre (de leur idéologie en 2008). Aujourd’hui Berlin et Bruxelles disent elles aussi « no alternative » pour imposer un carcan aux peuples de l’Europe. Voilà feue Mme Thatcher réconciliée avec cette Europe qu’elle a tant haïe ! … ».

 Ironie du sort : « si les conservateurs ont évincé Mme Thatcher en 1990, c’est qu’elle venait de créer… un impôt supplémentaire. » Nul n’est parfait, « off course ».

http://plunkett.hautetfort.com/archive/2013/04/09/le-vrai-bilan-de-margaret-thatcher.html#more

Voir aussi d’autres analyses pertinentes et complémentaires :

http://www.alternatives-economiques.fr/margaret-thatcher-ou-la-dame-de-fer-et-du-laisser-faire_fr_art_834_42844.html

http://www.atlantico.fr/decryptage/pourquoi-heritage-politique-margaret-thatcher-est-tout-sauf-reductible-liberalisme-economique-pierre-francois-gouiffes-jacques-l-691895.html

http://lexpansion.lexpress.fr/economie/comment-margaret-thatcher-a-marque-l-angleterre_282964.html

http://www.courrierinternational.com/article/2013/04/09/margaret-thatcher-et-le-lait-renverse

On relèvera enfin, parmi les diverses réactions, celle « politiquement non correcte » du cinéaste Ken Loach, qui a sans doute décrit le mieux dans ses films les conséquences des « réformes » Thatcher sur la vie des ouvriers anglais :

« Margaret Thatcher fut le premier ministre le plus diviseur et destructeur des temps modernes : chômage de masse, fermeture d’usines, des communautés détruites, voilà son héritage(…)Comment lui rendre hommage ? En privatisant ses obsèques. Faisons jouer la concurrence et allons au moins offrant. C’est ce qu’elle aurait fait. »

http://lci.tf1.fr/cinema/news/ken-loach-sur-margareth-thatcher-privatisons-ses-obseques-7918337.html?google_editors_picks=true