« Un scandale bien bourrin » : comment alimenter les bonnes questions ?

[Piqué dans la Décroissance d’avril 2013, numéro 98 – « Le bourrin productiviste », p 12]

Hachoir à viande par Sam Bourland

Hachoir à viande par Sam Bourland

Chacun a pris connaissance du récent scandale causé par la découverte de viande de cheval dans des lasagnes censées être « pur bœuf ». Néanmoins, il convient d’aller au-delà du simple buzz et de l’aspect racoleur d’un tel scoop, afin de percevoir tout l’enjeu sanitaire et alimentaire.

Arrêtons-nous un peu et essayons de poser les bonnes questions.

Et soudain, voilà-t-y pas qu’on découvre qu’il y a n’importe quoi dans les plats cuisinés que la grande distribution destine aux pauvres.

 

Cheval par Charles Rondeau

Cheval par Charles Rondeau

On fait des tests et on découvre donc du cheval dans les lasagnes, dans le hachis, la bolognaise, les raviolis que les grands groupes vendent en grande surface.

 (…)En Norvège, du porc dans le halal. En Islande, de la tarte à la viande sans viande. En Afrique du sud, de la girafe dans les lanières séchées d’Antilopes. Du cheval dans les raviolis au Portugal…

Rapidement, on va s’y habituer, à ce non-sens alimentaire et sanitaire

 On va à peine s’interroger sur ce modèle d’alimentation. Il y aurait pourtant de quoi :

 Pourquoi les Roumains passent-ils au hachoir tous leurs chevaux de trait ?

Pourquoi dans un pays de surproduction de bidoche n’y a-t-il pas de viande correcte pour tout le monde ?

Pourquoi est-il plus rentable d’importer de la viande de Roumanie et des desserts de Chine que des produits du coin ?

Pourquoi mange-t-on autant de bidoche ?

Et pourquoi, si c’est pas cher, la viande de cheval est plus chère que celle de bœuf dans mon supermarché ? Hein ?

On a même parlé dans certains médias de ce qu’était la base de tant de plats cuisinés : le « minerais ». C’est-à-dire les restes de bidoche, les chutes, charriées à la pelle dans des bennes.

En conclusion, les pouvoirs publics vont agir : ils vont contrôler que la bidoche pourrie soit traçable, labellisée. Qu’importe la qualité, la surproduction et le gâchis.

Moralité : vous croyez quoi ? Qu’on fait de la croissance à deux chiffres avec des principes et de l’éthique ?

Bon appétit !

http://www.presseurop.eu/fr/content/article/3400371-de-la-viande-de-cheval-pour-les-pauvres-d-europe

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Une réflexion sur “« Un scandale bien bourrin » : comment alimenter les bonnes questions ?

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