Dans le repas de la Pâque, il y a aussi des herbes amères…

[Le présent billet fait suite à cette première accroche, publiée ici : https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2013/03/19/six-jours-avant-la-paque-a-bethanie/
L’un et l’autre sont également à lire en parallèle avec cet autre billet, plus axé sur le souvenir : https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2013/02/05/souviens-toique-tu-es-un-homme-libre/ ]

« Pessah » (ou « Pâque » sans « s ») a déjà commencé pour les juifs, depuis le 25/03(jusqu’au 01/04), tandis que « Pâques »(avec « s », ce qui  ne veut rien dire) débutera le 31 mars pour les chrétiens qui suivent le calendrier liturgique.
Pour  le repas de la Pâque, il faut l’agneau, des pains sans levains, et des herbes amères (Exode 12v8) : ces trois éléments (auxquels les juifs en ont rajouté d’autres) constituent un véritable livre d’histoire, puisqu’il est destiné à commémorer la sortie d’Egypte du peuple d’Israël, racontée dans le livre de l’Exode.
De ce repas, on retient bien entendu ce qui nous paraît être l’essentiel, à savoir l’agneau pascal. Néanmoins, ai-je envie de rappeler,

Herbes par Petr Kratochvil

Herbes par Petr Kratochvil

dans le repas de la Pâque, il y a aussi des herbes amères.
Composées de laitues sauvages, raifort ou chicorée, les herbes amères figurent l’état de souffrance dans lequel Israël avait vécu pendant ses 400 ans d’esclavage en Egypte et dont il allait sortir (cf Exode 1v14 : « Ils leur rendirent, la vie amère »).
Sur ce sujet, une fort intéressante et pertinente parabole- Une tarte à la citrouille avec du raifort– est à lire ici.
Elle est, certes, en rapport avec la façon de célébrer Pessah, mais tout chrétien saura en faire une application personnelle :
Imaginez une famille américaine rassemblée autour d’une table le jour de l’action de grâces. Ils célèbrent la survie des pèlerins lors de leur premier hiver sur le sol du nouveau monde, le futur continent américain. Placé près de la dinde, se trouve un bol de neige, symbolisant le froid féroce que les pèlerins endurèrent. Juste à côté on a posé l’emblème d’un cimetière en souvenir des 45 personnes sur 102 qui moururent. Et la tarte à la citrouille (plat traditionnel de ce jour) est recouverte de raifort afin que personne n’oublie combien ils souffrirent
La question : « quel est le but de la souffrance » plane sur le Seder.
En réalité, aucun américain ne rendrait amère sa célébration de l’action de grâces avec des symboles de souffrance. Pourtant, c’est précisément ce que nous les juifs, faisons pendant le repas du seder de Pessah. Nous mettons du sel en souvenir des larmes que les hébreux versèrent, de la ‘harosset en souvenir du mortier utilisé pour les pénibles tâches de construction et des herbes amères afin d’expérimenter l’amertume que connurent nos ancêtres. Et même la galette de Pessah, la matsa, appelée pain de la liberté, est aussi appelée le pain de l’affliction, la pitance des esclaves. La Haggadah, histoire de la délivrance, contient de longs passages et de nombreux détails de la servitude et de la souffrance en Egypte. Est-ce une manière de célébrer notre rédemption?
En fait, le seder force à se poser la question qui est l’énigme de la célébration pascale: nous célébrons le fait que Dieu nous ait sortis d’Egypte, mais c’est bel et bien Lui qui nous y avait mis? Le rôle des plaies était de rappeler aux juifs, mais aussi aux égyptiens, que Dieu a un pouvoir absolu sur la nature et qu’Il la contrôle minutieusement. Il aurait pu stopper l’immense souffrance des hébreux bien avant. Pourquoi la souffrance? Cette question que le peuple juif se pose avec entêtement depuis l’époque de Moïse, plane sur le seder comme une mystérieuse présence.
Clairement, le seder traite de la connexion entre la souffrance et la délivrance. Il avance l’argument retentissant que la délivrance est le résultat de la souffrance. Cette dernière nous débarrasse de la superficialité et du superflu et nous amène à la vérité. Elle dévoile chez ceux qui souffrent des niveaux de don de soi et de transcendance qu’ils n’imaginaient pas posséder. Evidemment, l’être humain a le libre arbitre, on peut choisir de réagir à la souffrance avec amertume et ressentiment. Mais pour celui qui réagit différemment, il peut atteindre la véritable grandeur.
Les sages surnomment les années de torture en Egypte: le creuset de fer.

Le feu par Petr Kratochvil"Ma Parole n'est-elle pas comme un feu...?"

Le feu par Petr Kratochvil
« Ma Parole n’est-elle pas comme un feu…? »

Le creuset est l’instrument que les orfèvres utilisent pour raffiner l’argent. Il y a quelques années, des femmes étudiant le livre biblique de Malachie, furent frappées d’étonnement par le verset suivant: « Dieu s’assiéra comme un raffineur et un épurateur d’argent et Il épurera (le peuple d’Israël) » (Malachie 3:3). Curieuse de savoir en quoi le fait de faire fondre de l’argent s’appliquait au traitement de Dieu envers le peuple d’Israël, une des femmes partit regarder un orfèvre au travail.
Pendant qu’il passait une pièce d’argent au feu, l’artisan lui expliqua qu’il était obligé de la placer à l’endroit le plus chaud de la flamme afin d’enlever toutes les impuretés. La femme, en référence au verset, lui demanda s’il avait besoin de s’asseoir pendant le processus d’épuration. Il répondit que non seulement il devait rester assis pendant tout le processus mais aussi qu’il devait garder un œil vigilant sur la pièce, car si l’argent restait un moment de trop dans la flamme, il serait détruit.
« Comment savez-vous quand l’argent est entièrement raffiné? » demanda la femme.
« C’est facile, c’est lorsque j’y vois mon visage apparaître » répondit-il.
La métaphore du prophète Malachie était éclaircie: Dieu maintient le peuple d’Israël dans la partie la plus forte du feu des souffrances afin de complètement le purifier; mais Il reste avec lui pendant tout ce processus et ne le lâche jamais du regard, de même il ne le laissera pas être détruit. La purification sera complète seulement lorsque Dieu pourra voir Son image en nous.

 

Traverser par Radu Pasca

Traverser par Radu Pasca

De même, quelle la place de ces « herbes amères » (dans un sens spirituel, dans le Nouveau testament) dans le repas du souvenir de la mort du Seigneur (la Sainte cène, que j’ai envie d’appeler notre « plateau de seder ») ?
On le mangera avec des herbes amères, car :
Elles signifient les souffrances de Christ.
Elles signifient la crucifixion de notre chair (Gal 6.14)
Elles signifient la mise à mort du vieil homme (Rom 6.6)
Renoncer à notre Moi pécheur : chose amère pour la nature charnelle!
http://www.promesses.org/arts/74p6-8f.html

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Une réflexion sur “Dans le repas de la Pâque, il y a aussi des herbes amères…

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