« Séparer » ou « distinguer » ?

« Vous serez saints, car moi, l’Éternel votre Dieu, je suis saint. »(Lévitique 19v2 et 1 Pie.1v15-16)

Dans notre désir d’être saint, comme Dieu nous y appelle,

notre façon de vivre nous isole-t-elle des autres, ou permet-elle que « l’on fasse la différence », ou que l’on distingue que nous appartenons bien à Dieu ?

Rebecca Pippert écrivait, dans La Saveur partagée (Ed. Farel) : « si notre conception de la spiritualité nous isole de nos semblables, il est à craindre que nous ressemblions aux pharisiens[qui, par ailleurs, ont rejeté et condamné Jésus].

Si nous avions la notion de sainteté qu’avait Jésus, alors nous ne nous isolerions pas des autres, mais en même temps nous ne serions pas confondus avec eux. »(op. ci., p 96)

« Etre saint », c’est être « mis à part »(pour Dieu)et être pur.

L'eau et les verres par George Hodan

L’eau et les verres par George Hodan

« Pur », c’est être « sans mélange ». Une attitude intérieure( cf Marc 7v14-23) sans aucune ambiguïté ou confusion(de personnes, de rôles ou de fonctions-par exemple : confusion croyants/incroyants, confusion des sexes-masculin, féminin…)

Ainsi, Dieu a créé les cieux, la Terre, la mer…et a distingué chacun de ces éléments. Il n’a pas attendu la fin du chaos pour créer mais a d’abord créé la lumière au milieu du chaos.(Gen.1v1-3)

Sa création est donc distincte du chaos, comme Lui-même est distinct(et au-dessus) de Sa création.

Que dit Lévitique 19-20 sur la façon d’être saint, questionne encore Rebecca Pipert ? « Honore tes parents, ne mens pas, ne vole pas, accorde le juste salaire, ne commets pas d’injustice, ne triche pas…Si nous sommes tentés de ne voir la sainteté qu’au ciel où est Dieu, nous constatons qu’elle doit nous accompagner sur les routes et dans nos maisons, là où se déroule notre vie. Nous qui concevons la sainteté en terme de séparation, nous constatons qu’elle se vit dans nos relations aux autres. Nous qui associons la sainteté à la divinité, nous découvrons qu’elle se démontre dans notre humanité, par la manière dont nous traitons notre prochain. »(Op. cit. pp 99-100)

A l’inverse, la conception de Jésus de la sainteté l’a conduit à une « identification totale » aux pécheurs qu’il est venu sauver, « dans une séparation radicale »(cf Hébr.4v15)

Lampe par bruna pires

Lampe par bruna pires

« Vous êtes la lumière du monde », dit Jésus de ceux qui lui appartiennent(Matt.5v13-16). Et « le fruit de la lumière consiste en toute sorte de bonté, de justice et de vérité. »(Eph.5v9)

De fait, le chrétien doit afficher sa différence :

-En ayant soif de justice(celle de Dieu-et en se conformant à cette justice), en procurant la paix et en ayant le coeur pur.

– Etre sel et lumière

-En rendant un culte sincère à Dieu, « en Esprit et en vérité »

-En cherchant d’abord la gloire de Dieu

-En servant les autres et non en les critiquant, jugeant, condamnant

-En obéissant à Christ comme Seigneur

(Rebecca Pippert, op. cit., pp 104-105)

« En Lui, nous avons le souffle…et nous vivons »

Neige et fleurs par George HodanLe miracle de la vie...

Neige et fleurs par George Hodan
Le miracle de la vie…

Depuis quelques temps (au moins depuis février de cette année), je suis particulièrement préoccupé par le « souffle ». Le souffle de Dieu, s’entend. Soit de la vie et de l’inspiration.
On se souvient que lorsque « l’Éternel Dieu forma l’homme, poussière du sol », Il « souffla dans ses narines une respiration de vie, et l’homme devint une âme vivante. »(Gen.2v7)
De fait, il est vital de maintenir une communion avec Celui qui, seul, donne la vie.
Dépendre de Lui seul nous donne la fraîcheur du pain du jour dont nous avons besoin.
Dépendre de Lui seul nous permet d’abattre nos idoles et nos traditions, qui ont peut-être une apparence de vie, mais ne sont pas la vie.
A ce sujet, je notais dernièrement dans mon carnet, le 21 février, qu’Ezéchias « fit ce qui est droit aux yeux de l’Eternel, selon tout ce qu’avait fait David, son père. Il ôta les hauts lieux, et brisa les statues, et coupa les ashères, et mit en pièces le serpent d’airain que Moïse avait fait, car jusqu’à ces jours-là les fils d’Israël lui brûlaient de l’encens; et il l’appela: Nehushtan. »(2 Rois 18v3-4 )
Le serpent (cf Nombres 21v8-9 et cf Jean 3v14), s’il est une préfiguration de Christ, représente le passé. L’erreur est d’en faire une idole, une tradition, qui prendrait la place du seul Dieu, vivant et vrai.
De même, si nous nous basons sur nos réserves au lieu de rechercher la fraîcheur du pain du jour (et donc de dépendre de Dieu), « ça pue », cf épisode de la manne dans Exode 16v19-20, alors que Dieu est le Dieu du présent et de l’avenir, le Dieu vivant et vrai, qui nous donne le souffle.

Traverser par Radu Pasca

Traverser par Radu Pasca

Jésus dit qu’il est « la résurrection et la vie »(Jean 11v25).
Du souffle, il en fallu au Seigneur, pour pousser un grand cri à la croix, avant d’expirer (Marc 15) : comment a-t-il eu ce souffle pour pousser un tel cri, quand on connaît la façon dont on meurt sur une croix ?
Du souffle (divin), il en faut pour courir la course (de fond, celle d’un marathonien)de la foi.

 

Girl blowing bubbles par Petr Kratochvil

Girl blowing bubbles par Petr Kratochvil

Il faut enfin du souffle, pour être la bonne odeur de Christ, une odeur de vie donnant la vie (2 Cor.2v14-16)

 
Du souffle, enfin, il en a fallu pour animer des corps qui, autrement, n’auraient eu qu’une apparence de vie, selon Ezéchiel 37v1-9 : « Et je vis, et voici, il vint sur eux des nerfs et de la chair, et de la peau les recouvrit par-dessus; mais il n’y avait pas de souffle en eux. Et il me dit: Prophétise au souffle, prophétise, fils d’homme, et dis au souffle: Ainsi dit le Seigneur, l’Éternel: Esprit, viens des quatre vents, et souffle sur ces tués, et qu’ils vivent. »

Le fait de nous entretenir sur le  souffle ne doit pas nous limiter à un nouveau billet pour ce blogue ou au stade d’une simple ou seule réflexion théorique. En effet,  il nous arrive normalement à tous de soupirer après un « second souffle » ou un « nouveau souffle ». Nous pouvons alors expérimenter que Dieu « souffle » de façon pratique sur notre âme et sur le quotidien de nos vies personnelles et de nos actions, tel un souffle qui vient de l’intérieur et qui souffle vers l’extérieur : « Le vent souffle où il veut, et tu en entends le son; mais tu ne sais pas d’où il vient, ni où il va: il en est ainsi de tout homme qui est né de l’Esprit » (Jean 3v8)

 
S’attendre à Lui avec foi nous permet d’expérimenter Proverbes 25v13 : « La fraîcheur de la neige au temps de la moisson, tel est le messager fidèle pour ceux qui l’envoient: il restaure l’âme de son maître. »
La neige avait surpris, à cette époque de l’année. Cependant, sa fraîcheur est une bénédiction en un temps de labeur. De même aussi, le souffle de Dieu, qui donne vie(parfois de façon inattendue) à ce que nous faisons pour Lui, et à tout ce qui se construit pour Lui.
Dieu est vivant, Dieu est bon et donne de bonnes choses à Ses enfants. Dieu répond à nos soupirs, en Son temps, mais Son temps est toujours convenable.