Le nouveau pape François : « une synthèse réussie » entre la défense de la famille et la lutte contre la pauvreté ?

Je n’ai jamais écrit sur un pape.

Le présent billet constitue une exception, pour plusieurs raisons :
d’une part, du fait du caractère du nouveau pape et, d’autre part, par ses positions qui me paraissent constituer une synthèse intéressante(justice sociale, famille, place du Seigneur Jésus-Christ, vérité et souffle contre tradition…), de nature à inspirer les protestants évangéliques.

Il n’était pas le favori, mais François est le Premier pape latino-américain depuis hier soir : « il portera la voix du Sud », selon « La Croix », daté du 13/03/13.

Son portrait dressé par le quotidien catholique peut se résumer ainsi :

« Un ascète, qui a toujours fait

Pauvres par Lee WagL'election du nouveau pape : la promesse du rappel que la bonne nouvelle est annoncée aux pauvres ?

Pauvres par Lee Wag
L’élection du nouveau pape : la promesse du rappel que la bonne nouvelle est annoncée aux pauvres ?

du combat pour les pauvres sa priorité ». [comparer cette affirmation du Seigneur Jésus, comme quoi « la bonne nouvelle a été annoncée aux pauvres »,  en Luc 4v16-21 et 7v18-23]
« Un homme discret et très efficace, fidèle à l’Église »

« Un sens pastoral affirmé : L’homme est en effet connu pour parler peu mais écouter beaucoup(…), confessant régulièrement dans sa cathédrale « et faisant tout pour rester proche de ses prêtres pour lesquels il a ouvert une ligne téléphonique directe. On le voit d’ailleurs souvent déjeuner d’un sandwich dans un restaurant avec un de ses curés et il n’a pas hésité, en 2009, à venir loger dans un bidonville chez un de ses prêtres menacé de mort par des narcotrafiquants ».

« Pourfendeur du néolibéralisme et de la mondialisation : Ayant fait de la pauvreté un de ses combats – « une violation des droits de l’homme », affirmait-il en 2009 – ce pourfendeur du néolibéralisme et de la mondialisation est ainsi devenu une autorité morale incontestable en Argentine et au-delà. Au point où il apparaît aujourd’hui, dans un pays où l’opposition est quasi inexistante, la seule véritable force à s’opposer au couple Kirchner [Christina est l’actuelle présidente de l’Argentine depuis 2007, succédant à son mari Nestor, président, à sa mort en exercice] dont il ne cesse de dénoncer l’autoritarisme ».

Sur ce dernier point, sachant qu’ « un autre » François(le président français Hollande) avait déclaré au Bourget, en janvier 2012, que « la finance était l’ennemie », parce elle a « pris le contrôle de l’économie, de la société et même de nos vies », une « emprise qui est devenue un empire » et « s’est affranchie de toute règle » , la comparaison(et le contraste, entre les paroles et les actes) ne manque pas de sel.

Pour une église témoin du Christ et non d’une tradition….

Pour le journaliste catholique Patrice de Plunkett, « François met son pontificat sous le signe de la prière, de l’humilité, de la fraternité et d’une sainte liberté envers les usages[ou la tradition]…un programme de simplicité fraternelle, pour que le monde comprenne que l’Eglise n’est que l’outil du Christ».

Et de relever que « Le pape sud-américain prend le nom de François. Ce premier pape jésuite se place sous le patronage du Poverello[cad Saint François d’Assise-dont l’une des prières a été mise en musique par Noël Colombier : « Seigneur, fais de nous… » in JEM 1 numéro 199 ] : l’heure(…)d’une deuxième révolution franciscaine : A l’intérieur de l’Eglise qui va accueillir l’élan nouveau, capable de faire craquer les vieilles coutures. Et vers l’extérieur, pour faire connaître le contenu de la foi chrétienne : ce monde ne peut découvrir le Christ qu’à travers des témoins qui Lui sacrifieront leurs « traditions » et leur confort. «Le Christ s’est désigné comme la Vérité et non pas comme la coutume », disait Tertullien.

A Buenos-Aires, l’archevêque Bergoglio ne vivait pas à l’archevêché mais dans un simple appartement. Il n’avait ni domestique ni voiture, prenait le métro, lavait les pieds des sidéens dans un hôpital le Jeudi Saint. Cet habitué des bidonvilles mit fin au scandale de prêtres refusant la communion aux mères célibataires. Certes il s’est battu contre l’avortement et le mariage gay, mais loin de lui l’idée de réduire à ça la doctrine sociale de l’Eglise (et le tout n’est pas de faire des enfants : on doit aussi pouvoir les nourrir). Ce pape est l’homme de la justice sociale et de l’évangélisation, qui forment un tout indissociable ».

Bref, comme souligné précédemment, des positions qui me paraissent constituer une synthèse intéressante, de nature à inspirer les protestants évangéliques.

L’hebdomadaire protestant « Réforme », enfin, qualifie le nouveau pape d’«homme simple et pragmatique »  : « …récemment prononcé en faveur de la contraception et du baptême des enfants hors mariage. Mais en 2010 il s’était violemment opposé au mariage entre homosexuels voté en Argentine, défendant la famille. Il s’est engagé contre la mondialisation « sauvage » (…) Très engagé auprès des pauvres, il passe du temps avec les prêtres des quartiers défavorisés de Buenos Aires. Il se dit plutôt ouvert au dialogue œcuménique et interreligieux. L’avenir le dira ».

Publicités

4 réflexions sur “Le nouveau pape François : « une synthèse réussie » entre la défense de la famille et la lutte contre la pauvreté ?

  1. Bonjour Pep’s,

    Je suis très surprise de te lire dans cet article-ci qui va à l’encontre de bien d’autres de tes articles.

    Pour toi, est-ce la bible fait-elle autorité ou le magistère ?

    Est-ce que tu reconnais l’autorité de pape comme étant légitime ?
    Et déjà sa fonction …

    Sandra

    • La réponse à la question se trouve pourtant, outre ici(https://pepscafeleblogue.wordpress.com/qui-suis-je/ « à lire au premier degré), et dans l’article lui-même, dont une lecture attentive permet de discerner aisément l’angle, la raison d’être, et l’esprit :
      « Je n’ai jamais écrit sur un pape.
      Le présent billet constitue une exception, pour plusieurs raisons :
      d’une part, du fait du caractère du nouveau pape et, d’autre part, par ses positions qui me paraissent constituer une synthèse intéressante(justice sociale, famille, place du Seigneur Jésus-Christ, vérité et souffle contre tradition…), de nature à inspirer les protestants évangéliques », afin que ces derniers cherchent la réponse à la question suivante : qu’est-ce qu’être chrétien ? Qu’est-ce qu’un message « Christocentrique » et quels en sont les effets pratiques ?

      Ainsi, il devrait être magist(e)ralement évident qu' »être attaché au Cep » nous permet de produire du fruit(Jean 15). Du bon fruit. Le fruit de l’Esprit(Gal.5v22), qui est(notamment) « l’amour(qui « use de longanimité », qui « est plein de bonté », qui « n’impute pas le mal », etc…cf 1 Cor.13v4-7)la paix…la patience[à l’opposé de l’immédiateté et du tout tout de suite. Par ex, savoir attendre la réponse à une question posée seulement hier, avant de tirer des conclusions hâtives – relire les points 1 et 8 de cette charte https://pepscafeleblogue.wordpress.com/pertinence-ou-popularite-debat-ou-dialogue-merci-de-passer-par-ici-avant-de-poster-un-commentaire/ ], et la bienveillance ».
      Je vous laisse méditer sur les effets pratiques d’un message « Christocentrique ». Mais libre à vous de vous embarquer dans autres choses, au risque de perdre l’esprit et la finalité de l’article(et du présent blogue).

      Enfin, pour votre gouverne, les béréens étaient, non pas des interprètes, mais des lecteurs attentifs : le passage d’Actes 17v11 nous apprend, dans cet ordre, qu’ils étaient nobles(plus exactement, ils « avaient des sentiments plus nobles que ceux de Thessalonique » cf Actes 17v1-9 et avec un esprit autre que celui-ci, sans doute : Matt.22v15 et ss), ils recevaient « la parole avec beaucoup d’empressement, et ils examinaient chaque jour les[toutes] Écritures, pour voir si ce qu’on leur disait était exact. »(Actes 17v11)

      Mais puisque vous semblez apprécier décortiquer les choses, je vous laisse méditer sur cette énigme, tirée des Ecritures(ce sera l’énigme de l’été !) : dans Gen.18, accueillant ses trois visiteurs, « Abraham alla promptement dans sa tente vers Sara, et il dit : Vite, trois mesures de fleur de farine, pétris, et fais des gâteaux.
      Et Abraham courut à son troupeau, prit un veau tendre et bon, et le donna à un serviteur, qui se hâta de l’apprêter. Il prit encore de la crème et du lait, avec le veau qu’on avait apprêté, et il les mit devant eux. Il se tint lui-même à leurs côtés, sous l’arbre. Et ils mangèrent. »
      (v6-8)

      Question : Abraham apporte bien le veau apprêté à l’attention des visiteurs, avec de la crême et du lait, et il mit le tout devant eux. Mais où sont passés les gâteaux ?
      Bonne étude !

  2. Pingback: L’adversaire de François(homme de l’année 2013) a un nom : "la finance" | PEP'S CAFE !

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s