« Fenêtre » (A lire avant le 20h)

(Piqué dans le journal « La Décroissance », décembre 2012-janvier 2013, numéro 95, p9)

« Y a toujours un crétin pour enrichir les discussions du poncif suivant :

Les médias sont une fenêtre sur le monde.

Les médias : une fenêtre sur le monde...des médias.La pluie sur la fenêtre 2 par Mikaela Dunn

Les médias : une fenêtre sur le monde…des médias.
La pluie sur la fenêtre 2 par Mikaela Dunn

Bon, admettons.  Si le principal média, c’est la télé, massivement regardée entre 20h00 et 22h00, alors qu’est-ce qu’on voit par la fenêtre ?

19h57 : consomme ! Du pâté pour chat, une bagnole, des tartinettes, c’que tu veux, mais consommes !(Des tartinettes de pubs)

20h00 : le journal : c’est la crise. Faut faire profil bas, ne pas moufter.

20h02 : un spécialiste explique qu’il va falloir faire des sacrifices-pour pouvoir concurrencer la chine et pour renouer avec la croissance.

20h03 : les riches sont malheureux car on les taxe trop.

20h04. reportage : il y a des pauvres qui trichent avec les Allocs.

20h05 : les bienfaits du gaz de schiste et d’un nouvel aéroport nantais.

Et jusqu’à 20h30 : la guerre. La délinquance, la drogue, l’immigration clandestine et l’Islam rampant dans nos banlieues.

20h31 : consomme !

20h32 : météo(il pleut)

20h33 : consomme !

20h35 : une bande-annonce pour un film avec un tueur psychopathe

20h36 : consomme !

21h00 : des séries. Au choix : des sociopathes séquestrent, violent et tuent à tour de bras. Des terroristes projettent des attentats sanglants et des bimbos des deux sexes, narcissiques et incultes, célèbrent leur soif de pognon et de pouvoir.

Le tout entrelardé de pages de « consomme ! »

On referme la fenêtre sur ce monde hideux. La vie est ailleurs.

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5 réflexions sur “« Fenêtre » (A lire avant le 20h)

  1. Réflexion sur la croix-sens (sourire) : Comme une des personnes qui débattent dans votre lien proposé ci-dessus, je n’aime pas trop le mot décroissance par opposition à croissance (économique). Je ne connais pas bien ce mouvement et ses valeurs fondatrices, mais le mot choisi me laisse à penser qu’on reste encore dans le même référentiel; on en diminuerait la cadence sans s’ affranchir de l’esprit de la croissance(économique).Toute en restant prudente, l’expression « vers la sobriété heureuse » de Pierre Rabhi me siérait mieux car elle me rappelle quelque peu le « sobre bon sens » que le chrétien est censé avoir reçu de l’Esprit de Dieu…

  2. Bonjour ! Je vous remercie de vos réflexions. Je constate que, décidemment, c’est ce sujet (amené par la parabole « fenêtre »)qui semble inspirer le plus de commentaires(voir les précédents).

    Je pense que l’on a raison de s’interroger sur ce terme, ainsi que sur les finalités de la croissance. Votre jeu de mots, pertinent, me rappelle que la Bible(les épîtres dans le NT, mais aussi les Proverbes dans l’AT) parle aussi de « croissance ». Mais dans un sens qui aide à grandir, à édifier, à mûrir et à devenir adulte. Dans un sens…porteur de sens, justement, qui libère. Cette croissance n’est d’ailleurs pas un but en soi, puisqu’elle a pour but « de nous transformer à la ressemblance de Christ », sachant que c’est « Dieu qui fait croître »(1 Cor.3v6, 7)

    Vous dites aussi préférer le terme de « sobriété heureuse », chère à Pierre Rabhi, puisqu’elle vous rappelle le « sobre bon sens »(ou « l’esprit de conseil ») du chrétien, cf 2 Tim.1v7. Justement, Alfred Kuen, dans son « Laissez-vous transformer » (Ed. Emmaüs »), précise que l’une des caractéristiques du chrétien mûr est…la sobriété. Et de donner le sens grec du mot : « inaccessible à toute influence qui grise, modéré par rapport à toute exaltation, toute ivresse de pensée ou d’imagination. »(op.cit. p34)
    A l’inverse, ce que l’on appelle « la croissance » nous est présentée comme une finalité et élevée au rang de dogme, voire d’une nouvelle forme d’idolâtrie. Elle se résume au « sans limite », caractéristique de l’idéologie que je qualifierai de « libérale-libertaire ».

    Concernant le mouvement « décroissant » lui-même, le journaliste animateur du blog explique d’ailleurs, répondant au théologien :
    « … la décroissance, c’est « un mouvement diffus, (…)une mobilisation de personnes qui convergent vers une même idée : à savoir que le mode de vie actuel basé sur le ‘toujours plus’ n’est pas juste. En ce sens le fondement de la décroissance est une prise de conscience morale, qui consiste à se sentir responsable (…)de l’avenir de l’humanité. »

    En réaction à cette discussion entre le journaliste et le théologien, un internaute estime que « cette pensée prend racine avant tout dans une réflexion et une contestation écologiques, anthropologiques, philosophiques, de notre société. C’est une critique globale et pluri-disciplinaire : suivant les goûts et domaines de prédilection de l’interlocuteur, on peut se lancer dans la philo, l’écologie, les maths (savez-vous à quoi correspond une croissance de 2% par an poursuivie indéfiniment ? Personne ne peut décemment soutenir cela !), la physique, etc. Les « portes d’entrées » sont nombreuses. Plutôt que d’opposer les courants ou les personnes, il convient de réfléchir à une dimension « politique », collective, ainsi qu’à un témoignage dans notre vie quotidienne de cette sobriété heureuse.
    Écrit par : PMalo / | 29/01/2013

    http://plunkett.hautetfort.com/archive/2013/01/29/christianisme-et-decroissance.html

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